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Un 83e Bol d’Or perturbé et perturbant… Suzuki tient le choc au Paul Ricard

Perturbé et perturbant, c’est le moins que l’on puisse dire du 83e Bol d’Or, qui donnait le coup d’envoi du Championnat du monde d’Endurance moto FIM-EWC au circuit Paul Ricard. Après bien des rebondissements, Suzuki a tenu le choc et y a décroché un 16e succès au terme de deux tours d’horloge copieusement arrosés, ventés et remuants. Au point que – à l’initiative du Jury de la Fédération Internationale – les concurrents ont occupé la piste de 5,673km pendant 12 heures seulement. YART-Yamaha, Yamaha-Wojcik Racing Team et FCC-TSR-Honda ont été les leaders successifs avant l’échappée du SERT-Suzuki. Le Suzuki Endurance Racing Team s’imposant devant une Yamaha privée et deux BMW dont l’une (initialement 3e) allait être disqualifiée pour réservoir de carburant non conforme. Une épopée immortalisée par l’équipage Raymond PapantiJean-Marie Farina, auteur d’un diaporama de 154 photos.

Au 83e Bol d’Or, les français Vincent Philippe, Etienne Masson et Gregg Black (Suzuki) ont signé au circuit Paul Ricard la 16e victoire de la marque japonaise dans cette course de légende réduite à 12 heures. Car l’épreuve inaugurale du Championnat du monde d’endurance (FIM-EWC) 2019-2020 qui devait durer 24 heures a été marquée par de nombreux événements météorologiques et incidents de course.

Après avoir laissé échapper le titre au Japon, à Suzuka, au profit de Kawasaki, le Suzuki Endurance Racing Team s’est refait une santé en Provence devant 62.000 spectateurs. Où les qualifications avaient été dominées par l’équipe YART-Yamaha détentrice de la pole, assortie d’un nouveau record du tour établi par le français Loris Baz à 180km/h de moyenne sur le Circuit Paul Ricard de 5,673km. Les plus rapides en vitesse de pointe dans les 1.800m de la grande ligne droite ayant été d’entrée de jeu BMW, à plus de 340km/h.

La course suspendue après moins de 3 heures

Reprise du 83e #BoldOr FIM Endurance World Championship EWC demain matin, à 6h au Circuit Paul Ricard, sous réserve de l…

Publiée par CBAdreani Full Throttle sur Samedi 21 septembre 2019

Jamais, depuis le retour du Bol d’Or sur le Circuit Paul Ricard – qui vient de renouveler son contrat avec Larivière Organisation jusqu’en 2023 – celui-ci n’avait été subi autant d’éléments perturbateurs.
La pluie pour commencer, d’inévitables chutes et des interventions des safety cars destinées à sécuriser la compétition, jusqu’à la suspension de la course après moins de trois heures de ronde pour une durée de 12 heures.

Deux Yamaha successivement en tête lors des deux premières heures, celle du YART autrichien puis, par le jeu des ravitaillements, du Wojcik Racing Team polonais, jusqu’à ce que des trombes d’eau n’incitent le Collège des Commissaires sportifs de la FIM à suspendre la course jusqu’à 6 heures du matin.

Publiée par CBAdreani Full Throttle sur Samedi 21 septembre 2019

Le moment choisi par les tenants du Bol, l’équipe FCC-TSR Honda France, pour s’installer aux commandes des opérations, jusqu’au milieu de la matinée…, quand le moteur de la CBR aux mains de Mike Di Meglio rendit l’âme et pulvérisa généreusement de l’huile entre la courbe de Signes et le virage Double droite du  Beausset.
Résultat : double chute d’Erwan Nigon (Kawasaki) et de Loris Baz (Yamaha)… incendie des deux motos. Et apparition d’un nouveau leader avec la Suzuki du SERT, qui attendait en embuscade.

Record : Vincent Philippe (Suzuki), la preuve par 9 victoires au Bol d’Or

Voilà aussi où et comment le Suzuki Endurance Racing Team construit ses succès !Agenda de l'automobile…

Publiée par CBAdreani Full Throttle sur Samedi 21 septembre 2019

Pour Vincent Philippe, c’est la 9e victoire au Bol d’Or – le record absolu de succès pour un pilote dans cette course -, et la 16e d’une Suzuki, marque 15 fois championne du monde d’endurance : « Je ne savais pas que j’allais effectuer le dernier relais, expliquait-il après l’arrivée. Et j’ai beaucoup apprécié que Damien Saulnier qui a succédé à Dominique Méliand aux commandes de la nouvelle équipe du SERT me demande de le faire. Tout le monde s’est montré à la hauteur et a bien progressé, maintenant il va nous falloir continuer le travail dans le championnat du monde. Et je mettrai un terme à ma carrière de pilote professionnel en fin de saison ».

Du côté de ses coéquipiers, Gregg Black précisait : « Je pense que la direction de course a pris la bonne décision de suspendre la course au moment de la tempête ».
Quant à Etienne Masson, il notait : « Les conditions de reprise de la course au petit matin étaient particulières pour une 24 heures… Nous sommes allés nous coucher à 21h et j’ai repris le guidon au lever du jour ».

Erwan Nigon (Kawasaki) : « J’ai cru que j’allais y rester »

Pour la gagne et la guigne, c’est en milieu de matinée, peu après 9h, que tout s’est joué sur le ruban d’asphalte, lorsque Mike Di Meglio subit la casse moteur de la Honda FCC-TSR Honda France : « J’ai perçu un bruit bizarre, et la roue arrière s’est bloquée à l’entrée du Beausset ».

Dans les secondes qui suivent arrive la Kawasaki championne du monde de l’équipe Webike-SRC-Kawasaki France alors pilotée par Erwan Nigon. Elle part en glisse sur la traînée d’huile : « Sur  su le coup, avoue-t-il, j’ai cru que j’allais y rester et brûler vif ! Avant ma chute, je venais de voir la Honda fumer un peu… Je suis tombé, j’ai glissé et percuté le mur… Ma seule pensée était de reprendre la piste. Je coupe le contact et je m’apprête à attendre dix secondes pour la redémarrer… Au bout de trois secondes Loris (Baz) chute aussi et sa moto me tape dans la jambe… puis surgit une boule de feu… J’ai de la chance d’être entier… Mais la moto est irrécupérable… »

Loris Baz (Yamaha) : « c’était un Bol dingue »

Loris Baz a eu, lui aussi, la peur de sa vie pour son compère : « Je suis surtout content  qu’Erwan (Nigon) soit vivant car l’impact a été énorme et il était entre les deux motos lorsque l’explosion a eu lieu…
« J’étais en train de doubler mon relais et ça se passait bien…  J’ai vu les drapeaux de changement d’adhérence… Mike (Di Meglio) a dû casser au bout de la ligne droite (celle du Mistral, 1,8km à fond absolu jusqu’à 340km/h) et il y avait de l’huile un peu partout mais il était difficile de voir les traces à cause de l’humidité encore présentes. J’ai vraiment cru que j’allais percuter Erwan de plein fouet… C’était un Bol d’Or de dingue ! »

Tous les podiums du 83e Bol d’Or

83e Bol d’Or : 1. Vincent Philippe, Etienne Masson et Gregg Black (Suzuki GSX -R 1000 – Suzuki Endurance Racing Team), 313 tours; 2. Gino Rea, Christoffer Bergman et Axel Maurin (Yamaha R1 – Wojcik Racing Team), à un tour; 3. Mathieu Gines, Julien Da Costa et Louis Rossi (BMW S1000 RR, ERC Endurance), à deux tours, et meilleur tour en course en 1’55’’142 à 177,3km/h… Déclassés par le Jury de la FIM pour non-conformité de la capacité de son réservoir d’essence, au profit de la BMW du Motorrad World Endurance Team, confiée à Ilya Mikhalchik, Julian Puffe et Kenny Foray.
16e Bol d’Argent : 1. Julien Michaud et Sébastien Lagier (MV Agusta B3), 80 tours en 3h02’02’’ ; 2. Pascal Paoli et Ludovic Hauser (Triumph Street RS), à 42’’ ; 3. Charles Lebon et Etienne Bergeron (Triump Street Triple), à un tour.
17e Bol Classic : 1. Thierry et Théo Eisen (Kawasaki 750 ZXR), 110 tours en 4h02’08’’; 2. Mickael Maindron et Jeremy Gonzalez (Suzuki GSXR), à deux tours; 3. Christian Haquin et Charles Artigue (Kawasaki ZXR-7), à deux tours.

Le jury a-t-il eu raison de suspendre la course pendant 12 heures ?

Charles-Bernard ADREANI
Photos Raymond PAPANTI et Jean-Marie FARINA

83e Bol d’Or : slideshow by Raymond PAPANTI & Jean-Marie FARINA

 

 

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