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Circuit Paul Ricard : technologie, performances et sécurité améliorées

Avant la longue semaine du coup d’envoi de l’ELMS, le circuit Paul Ricard a subi pendant une douzaine de jours et quelques nuits, de nécessaires travaux de rénovation de la piste destinés à améliorer sa technologie et ses performances. Sa sécurité aussi, en optimisant notamment l’évacuation des eaux de pluie qui ont souvent causé des problèmes aux pilotes auto et moto. Un masque de beauté de 50.000m2, réalisé par la Société Colas et le Studio Dromo pour le site qui est entré dans sa 51e année d’existence au mois d’avril.

Au circuit Paul Ricard, depuis plus d’un demi-siècle maintenant, on aime les chiffres : « 247 configurations de piste possibles et ses larges bandes bleues et rouges offrant des conditions de sécurité optimales, il reste leader en la matière,et a même vu son procédé se décliner sur d’autres tracés dans le monde.
« Les fameux run-off
– inventés par le regretté Philippe Gurdjian, qui fit entrer le Paul Ricard dans le XXIe Siècle en compagnie de Bernie Ecclestone – deviendront même, fin 2020, une exigence réglementaire pour la création de nouveaux circuits et l’aménagement de certains dégagements accidentogènes ».
A ce propos, la recherche de conditions de sécurité optimales ne signifie hélas pas risque zéro, et les incontournables murs et rails de protection dits de sécurité représentent toujours un réel danger.
Compte tenu des flots d’argent qui dégoulinent dans le monde des sports mécaniques, on se demande pourquoi des systèmes vétustes tels que les piles de pneumatiques disposées ici et là devant les redoutables murets en béton et glissières de métal pour amortir les chocs, mais pas sur l’ensemble des tracés, sont toujours utilisées au lieu de généraliser les barrières Tecpro homologuées par la FIA et la FIM ?

En 2020, les murs et les rails tuent et blessent toujours

Au circuit Paul Ricard comme sur les autres pistes de la planète, les murs et rails dits de sécurité tuent et blessent toujours en 2020 : c’est d’ailleurs dans la douleur, avec notamment le décès d’un pilote amateur de 38 ans, que s’était déroulé le week-end de réouverture du Moto Club du Circuit Paul Ricard les samedi 23 et dimanche 24 mai sur l’asphalte du Grand Prix de France F1, douze jours après la reprise des activités piste.
Dans le compte rendu du drame de ces journées de roulage et d’entraînement, survenu le samedi, notre confrère Var-Matin notait : « L’un des motards est décédé sur le coup après avoir percuté la barrière de protection. Le second a été grièvement blessé et transporté à l’hôpital de Sainte-Anne à Toulon. »
Et pas plus tard que mercredi dernier, lors de la séance d’essais officiels de l’European Le Mans Series, l’Oreca 07 LMP2 du Richard Mille Racing, pilotée par Katherine Legge, est sortie de piste au virage de Signes et a heurté les rails de sécurité. La britannique s’en est sortie avec plusieurs fractures.

Il est plus que jamais temps de se demander très sérieusement pourquoi les barrières Tecpro ne sont pas déjà imposées par la Fédération Internationale Automobile et la Fédération Internationale de Motocyclisme sur l’ensemble des pistes qui accueillent des championnats du monde auto et moto !

En partenariat avec Colas et le Studio Dromo

Au sujet de l’achèvement de ce chantier, le circuit Paul Ricard conclut : « L’amélioration continue se place également au centre des préoccupations des équipes techniques qui ont conclu un partenariat avec celles de Colas, leader mondial de la construction et de l’entretien des infrastructures de transport.
« A cette collaboration déjà fructueuse depuis quelques années, s’est ajouté un autre coéquipier, la société italienne Dromo qui a apporté une dimension supplémentaire à la synergie engagée autour du travail sur la piste.
« Après une analyse pointue avec un scanner laser 3D précis au millimètre, les ingénieurs de Studio Dromo ont modélisé numériquement les écoulements d’eau et créé un design facilitant leur évacuation.
« La phase analytique terminée, les équipes de Colas et du Circuit Paul Ricard ont procédé au rabotage de la piste sur une épaisseur de quatre centimètres.
« Grâce au positionnement GPS des raboteuses programmées par studio Dromo, les pentes qui le nécessitaient ont été ajustées.
« Les ingénieurs du studio de conception italien se sont également attelés aux vérifications du nivelage par un scan laser, puis la pose de l’enrobé a pu démarrer. L’amplitude thermique sur le plateau de Signes combinée au fort taux d’utilisation de la piste ont d’ailleurs nécessité l’élaboration d’une formulation secrète de cette matière. Leur travail s’est achevé par une nouvelle analyse afin de vérifier la conformité du résultat par rapport au cahier des charges. »

Jarno Zaffelli : « Plus de 3000 heures de travail dont 1500 sur site »

Jarno Zaffelli l’avoue : « Nous sommes ravis d’ajouter le Circuit Paul Ricard à liste de nos clients prestigieux. Notre mission consistait à superviser le travail relié au resurfaçage de ce circuit mythique. Cette tâche a nécessité de multiples visites, plus de 3000 heures de travail dont 1500 sur site. Dromo a appréhendé cette collaboration avec une vision à long terme. Pour les quatre prochaines années, les équipes de notre étude vont pouvoir améliorer leurs compétences et leurs technologies avec des tests directs sur l’un des circuits les plus innovants au monde. Nous avons vraiment apprécié notre coopération avec Colas ».
Basée à Reggio Emilia, à quelques coups d’accélérateur de Modène, Studio Dromo travaille dans la conception de circuits depuis 2000, et est spécialisé dans la sécurité. Basé sur les recherches de Jarno Zaffelli, Dromo a développé depuis 2008 le simulateur DroCAS™, le meilleur outil au monde en termes d’analyse de sécurité et d’évaluation des risques pour les pilotes et les véhicules en sport automobile.

Colas enthousiasmé par la synergie avec le Paul Ricard et Dromo

Pour Christophe Fontaine chef d’agence Colas, « Ce projet, mené en synergie avec les équipes du Circuit Paul Ricard et de Dromo nous a enthousiasmés !
« Il a représenté un défi technique, et nous a permis d’associer notre expertise à celles de deux autres acteurs à la pointe de l’innovation. Colas, qui compte de nombreuses références françaises et internationales de circuits automobiles, possède un savoir-faire reconnu sur ce type de chantier, avec notamment des progrès considérables en matière de revêtement, d’adhérence du pneu à la route et de sécurité routière ».

Charles-Bernard ADREANI
Photos : Studio Dromo

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