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S. Loeb: « Rouler dans les années à venir aux 24 heures du Mans »

Après sa sortie de route lors du rallye du Portugal, Sébastien Loeb s’est empressé cet après-midi de rejoindre son nouveau team SLR (Sebastien Loeb Racing) sur le circuit Paul Ricard à l’occasion des 6 heures du Castellet. L’homme aux huit titres de champion du monde ajoute une nouvelle corde à son arc en étant propriétaire d’une écurie avec son associé Dominique Heintz.

Sport-cars : « Sébastien Loeb, vous vous lancez dans une nouvelle aventure. Comment ce projet a vu le jour et comment vivez-vous les débuts de votre écurie dans ce rôle de patron? »

Sébastien Loeb :  « J’avais envie depuis longtemps de faire quelque chose avec Dominique (Heintz). C’est grâce à lui que j’ai commencé en rallye et que j’en suis arrivé là. Nous pensions tout d’abord à nous engager en Porsche Cup puis nous avons revu nos ambitions à la hausse avec une voiture engagée en LMP2. C’est une Oreca O3 Nissan. Je voulais connaître autre chose que le rallye. Mes 2 expériences chez Pescarolo en endurance m’ont bien plu donc on a décidé de se lancer dans cette aventure.

Je suis satisfait que nous puissions être présents aujourd’hui au Paul Ricard car l’auto a été terminée juste dans les temps. Toute l’équipe travaille bien nous avons pris des professionnels. C’est de nouvelles sensations car on est derrière les écrans et on ne peut rien faire pour le pilote. Je ne dis pas que ça ne me démange pas de prendre le volant. En voyant Stéphane (Sarrazin), j’avoue que je l’essaierais bien. »

SC : « Vous avez pu profiter du retrait de Peugeot pour récupérer deux pilotes confirmés le Marseillais Nicolas Minassian et l’Alèsien Stéphane Sarrazin. Un vrai plus pour vous? »

Sébastien Loeb : « Honnêtement quand l’idée a germé avec Dominique de nous engager sur l’ELMS nous ne pensions pas un instant de pouvoir compter sur des pilotes de cette envergure. Stéphane et Nicolas sont deux spécialistes de l’endurance et lorsque l’opportunité s’est présentée, on a relevé le challenge. C’est un vrai plus pour notre équipe, nous allons gagner du temps grâce à leur expérience. Nous pouvons nous appuyer également sur l’ancien ingénieur de Peugeot Léo Thomas.

SC : « Vous avez terminé 7e des qualifs avec Stéphane Sarrazin au volant. Quel objectif s’est fixé le team pour ces 6 heures du Castellet? »

Sébastien Loeb : « Il faut être réaliste nous sommes encore en rodage. La voiture vient juste d’être terminée, les pilotes n’ont pas pu encore rouler avec. C’est déjà une belle évolution d’être présent et nous serions satisfaits de terminer la course dimanche pour commencer. Ce serait même un bon résultat. Nous devons trouver une stabilité cette saison en ELMS avant de nous engager sur les 24 heures du Mans en 2013 et pourquoi pas le WEC. »

SC : « Allez-vous intervenir dans la stratégie de la course de demain? »

 Sébastien Loeb : « Nous avons fait appel à des pros et ils savent ce qu’ils ont à faire. C’est une équipe expérimentée. Toutefois je serai informé de tout ce qui va se décider et si je pense que je peux apporter ma contribution je n’hésiterai pas. Mais pendant la course, je laisserai l’ingénieur piste prendre les décision car en la matière je ne sais pas encore ce qu’il en est exactement. »

SC : « Comme Henri Pescarolo par le passé lorsqu’il a créé son team, le boss va-t-il prendre le volant de l’Oreca O3 Nissan? »

Sébastien Loeb : « En 2012? Je ne pense pas mais en 2013 entre deux manches de rallye il est fort possible que je roule. Et pourquoi pas rouler avec dans les années venir sur les 24 heures du Mans.« 

SC : « Vous bénéficiez d’un capital sympathie au niveau du public. Vous prenez un risque en engageant votre nom et votre image en devenant responsable d’un team? »

 Sébastien Loeb : « C’est pas parce que on est connu qu’on doit se retenir par peur de ternir son image si cela ne marche pas. Sinon on ne ferait plus rien. « 

SC : « Vous prenez ainsi un virage dans votre carrière. N’est-il pas difficile de piloter en WRC et d’être patron d’un team en endurance? »

Sébastien Loeb : « J’essaie de faire la part des choses. C’est aussi pour ça que je me suis associé avec Dominique. Quand je suis sur une spéciale je ne pense à rien d’autre. Il serait d’ailleurs dangereux d’avoir la tête ailleurs pendant la course!!!!Alors non, je ne me suis pas loupé au Portugal pour être présent à la première course de mon team. Perdre des points est loin de me faire plaisir!!! Il est certain qu’en montant cette structure je pense à mon avenir. Je voulais continuer à vivre dans l’univers de l’auto mais je ne compte pas rouler jusqu’à 60 ans.« 

ITW : Valérie Maurel.

Photos : Valérie Maurel, Raymond Papanti, Eric Damagnez