L'AGENDA DE L'AUTOMOBILE

F1 – Grand Prix de Belgique 2021: Remboursez !

Ce weekend a eu lieu le Grand Prix de F1 de Belgique, sur le magnifique circuit de Spa Francorchamps. Il est certainement celui qui a duré le plus longtemps entre le départ et l’arrêt de la course (3h25) et qui affiche la plus petite distance parcourue (4 tours sous safety car). 

La peur du risque ou l’amour du risque ?

Alain Prost (McLaren) et Ayrton Senna (Toleman) à Monaco en 1984… c’est le premier souvenir qui m’est revenu à l’esprit au moment des atermoiements de Michael Masi, le directeur de la course à Spa, qui a refusé de donner un vrai départ lors du GP de Belgique hier (le 29/08/2021).  

Faillait-il que Jacky Ickx soit complètement inconscient pour libérer des F1 aussi peu sûre, qui étaient à des années lumières de la sécurité affichée par leurs descendantes installées sur la grille de départ hier ? 

Ou alors, fallait-il les avoir bien accrochées pour accepter de prendre le risque, tels des gladiateurs des temps modernes, de dompter des moteurs « brutaux » en l’absence d’assistance au pilotage sur un circuit qui ne pardonne rien comme Monaco sous un tel déluge ?

Ou encore, fallait-il se dire que la plaisanterie avait assez durer pour stopper la course ? 

Pour ma part, je me situe dans la seconde catégorie. Pour l’amour du risque. Certes c’est facile à dire en étant assis sur son canapé. Mais le risque est dans l’ADN du sport automobile. C’est pour cela que j’ai une admiration dans faille pour les pilotes. Leur courage en font des héros. Sur ce point, ceux qui pilotent des motos sont à mes yeux un cran au-dessus. Encore plus depuis hier et encore plus depuis le dernier Grand Prix d’Autriche de Moto GP perturbé par une grosse averse à trois tours de la fin où le vainqueur, Brad Binder, a choisi de rester en pneus slicks ! 

Grand Prix de Belgique 2021 : Il faut assumer financièrement

Hier, la direction de course n’a pas voulu prendre de risque. Les F1 modernes, aussi sûres soient-elles, ne l’étaient pas assez pour donner le départ. Cette décision est plus que contestable. Si les pilotes avaient pris le départ, il y aurait sans doute eu des accrochages. Tout comme quand Verstaeppen finit dans le mur des pneus à très haute vitesse à Silverstone avec l’aide de son meilleur ennemi, Hamilton, sur le sec. On n’aurait pas du donner le départ car on sait que la tension était maximale entre eux.  

Mais dans ce cas, établissons une règle : si on ne peut ou ne veut prendre un risque pour des raisons extra-sportives, il faut assumer et rembourser les fans. il ne faut pas prendre les passionnés pour des idiots. Quand on voit les millions d’euros engagés par les constructeurs dans ce sport, les millions qu’il génère, on se doit d’assumer une telle décision.  

Au lendemain de la course, le promoteur du GP de F1 de Spa Francorchamps a publié le message suivant sur son site internet :  

« Spa Grand Prix SA exprime sa plus profonde déception face à l’issue de ce week-end qui devait être celui-des retrouvailles, la conclusion d’une année de travail acharné durant laquelle nous avons surmonté tous les obstacles. Il avait pourtant bien débuté, le spectacle était au rendez-vous, mais ces conditions météo n’étaient pas sous notre contrôle et la décision prise par la direction de course doit être respectée, la sécurité des pilotes devant rester la priorité. 

Nous partageons la déception de nos clients, lesquels se sont montrés exemplaires dans la manière dont ils ont subi cette journée dantesque mais également dans la manière dont l’évacuation s’est déroulée. Ceci souligne, encore une fois, la qualité et le parfait comportement de notre public de passionnés. 

Nous nous tournons dès maintenant vers demain, vers un ciel plus bleu et nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine. » 

« La sécurité des pilotes devant rester la priorité ». On est d’accord. Alors remboursez les billets des spectateurs.

Philippe HORTAIL  

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