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Rallye – Arnaud Gautier crée la surprise !

Animée est un qualificatif bien faible pour caractériser la dernière Finale de la Coupe de France des Rallyes. Engagés dans un duel marqué par les sept changements de leader qu’ils ont trustés à eux seuls, Sébastien Deraedt et Arnaud Gautier qui méritent d’être associés jusqu’au bout, ont fait de Dunkerque 2009 un rallye passionnant à vivre !

Alors que le Nordiste semblait avoir creusé un écart sensible à un chrono du but, sa Toyota Celica s’enflammait dans la dernière spéciale programmée… Arrêté par décision du Collège des Commissaires Sportifs après l’ES13 (la dernière spéciale disputée dans des conditions normales), le classement final voyait le nom du malheureux Sébastien Deraedt apparaitre en première ligne. Forcément dans l’incapacité de rallier le podium, le Gravelinois voyait ainsi Arnaud Gautier, son plus valeureux adversaire, remporter la Coupe de France des Rallyes 2009 !

Finale des rallyes

Finale de la Coupe de France 2009 : la règle du jeu

Principe de base depuis sa création en 1984 sous l’appellation Finale de la Coupe de France des Rallyes Régionaux, la Finale réunit les meilleurs représentants de chaque Comité Régional de Sport Automobile. Plus de 9000 pilotes et copilotes ont inscrit au moins un point durant l’année 2009.

Le classement final de la Coupe de France Pilotes et Copilotes 2009 est identique au classement scratch de la Finale. Autre classement majeur, le Challenge réservé aux Comités Régionaux prend en compte les résultats des trois premiers pilotes classés de chaque Comité.

Le plateau réuni

Bien qu’excentrée, avec ses 157 équipages engagés (sur 178 possibles) et finalement ses 154 au départ, la Finale dunkerquoise a drainé l’élite du rallye amateur français. La représentation des 19 Comités Régionaux français (Réunion comprise) a été assurée !

Les forfaits

Comme d’habitude, une place en Finale méritant d’être honorée, il y en eut peu. Trois exactement.

Le déroulement de la Finale 2009

Même s’il y eut un rallye à Dunkerque jusqu’à la fin des années 1990, le parcours de la Finale 2009 était totalement inédit et plutôt en décalage par r apport aux tracés habituels des épreuves nordistes. A l’exception de la spéciale baptisée ‘Pays des Géants’ (tracée à proximité de Zegerscapel), les trois autres ES proposées présentaient la particularité d’être étroites et très glissantes. Entamée sur un bitume lisse mais sec vendredi à la lueur des phares, la Finale s’est poursuivie sur un sol dans la même configuration le lendemain matin, puis sous une succession d’averses et d’éclaircies qui a globalement épargné les cinq premiers concurrents. La dernière boucle, toujours de quatre ES (amputé de la dernière), s’est déroulé sur un sol toujours aussi glissant mais sec.

La course

La bataille a fait rage tout au long de la Finale 2009. Souvent cité par les pronostiqueurs, Sébastien Deraedt a justifié son rang en se portant d’entrée en tête de l’épreuve. Mais le lendemain, déjà coriace la veille, le Normand Arnaud Gautier confirmait son excellente prestation nocturne en se portant au commandement à l’issue des ES4 et 5. Les deux hommes jouèrent ensuite au chat et à la souris jusqu’à l’ES8 où le pilote de la Toyota Celica endossa le rôle du félin… Une première bonne flèche fût tirée lors du troisième et avant dernier passage dans la spéciale des Flandres. Au terme des 9,73 km de l’ES10, l’homme à la Celica aux couleurs Gulf sema son rival, relégué à 9s2 dans le chrono et à 11s8 au général. Coup d’épée dans l’eau car Gautier repassait en tête une spéciale plus loin. Une ES plus tard, tout était remis en question, le pilote de la Toyota reprenant son bien. La treizième spéciale sembla sceller définitivement la situation, Deraedt signant un nouveau meilleur temps et prenant un pécule d’avance de 17 secondes sur son challenger. Erreur, l’ultime rebondissement intervenait dans l’ES14. Auto en flammes, Sébastien Deraedt sortait dans la foulée et voyait sa Finale, superbe, totalement ruinée ! In fine, le Collège décidait de ne pas comptabiliser les temps réalisés par les cinq pilotes ayant parcouru le dernier chrono et d’entériner le classement de la Finale 2009 à l’issue de l’ES13.

Affiché à grosse cote chez les ‘parieurs’, Arnaud Gautier, créait une sacrée surprise. A 25 ans et pour sa première participation à une Finale, le Caennais décroche le cocotier. Entouré par sa famille et ses proches (en particulier Pascal, son père ; Eric Brunson, son beau frère et Jean-Paul Pustelnick, son ‘gourou’), Arnaud Gautier pouvait savourer son succès : le deuxième de sa carrière après celui acquis au rallye régional de Neufchâtel en Bray cette année…

Constamment dans le sillage du duo de tête, Philippe Taffonneau et Gilles Nantet se sont livrés à leur propre match pour la médaille de bronze, devenue d’argent après le retrait de Deraedt. Le pilote de Druyes (37) est parvenu à ses fins dans les dernières encablures. Après avoir eu maille à partir avec sa boite de vitesses dès l’entame de la seconde étape, l’exploitant agricole a rétabli la situation à la faveur d’un bon choix de pneumatiques dans la dernière boucle. En délicatesse avec les réglages de sa Porsche sur un terrain aussi particulier, son adversaire savoyard a donné le meilleur de lui-même. Victime d’une rupture de barre stabilisatrice arrière de bon matin samedi, Yves Pezzutti a sans doute loupé le coche sur sa nouvelle Ford Escort Cosworth. Vainqueur du groupe N après s’être défait de la menace exercée par Hervé Paternot (Subaru Impreza) en début de rallye, Michel Bourgeois (Mitsubishi Lancer) a profité de sa régularité et aussi un peu des caprices du ciel, une averse s’étant abattue au passage de son challenger dans l’ES7 qu’il a pour sa part disputée sur le sec.

Brillant comme à l’accoutumée, Marc Amourette impose sa C2 à la tête du groupe R. Le Normand est tour à tour venu à bout des Renault Clio R3 d’Hinger et Lemaitre (tous les deux contraints à l’abandon), puis de Sylvain Fouteret.

Leader du groupe F2000 après la première spéciale, Romain Longé (Peugeot 306) a récupéré son bien après la sortie de route de Francis Michel (106 Maxi) qui lui avait succédé de la deuxième à la sixième spéciale…

Les performers

Deraedt (Toyota Celica), 7 – Gautier (Mitsubishi Lancer), 4 – Beaubelique (Peugeot 306 Maxi), 1 – Taffonneau (Toyota Celica), 1.

Les déclarations des trois premiers de la Coupe de France 2009

Arnaud Gautier (vainqueur, Mitsubishi Lancer) : « Ce fût une très belle course. Je me suis véritablement amusé. Pour ma première Finale, je suis forcément plus que satisfait ! Je remercie mon équipe, ma famille et mes proches. »

Philippe Tafonneau (2ème, Toyota Celica) : « Moi aussi, je pense avoir réalisé une belle course. J’ai notamment fait un très bon choix de pneus (slicks retaillés, ndlr) dans la dernière boucle. »

Gilles Nantet (3ème, Porsche 996) : « J’avais opté pour une voiture souple alors qu’il fallait au contraire la durcir… On a changé les réglages et cela a commencé à bien marcher mais c’était déjà l’avant dernier tour. Si le terrain avait été entièrement sec, cela aurait peut être pu changer la donne… »

Les déclarations des vainqueurs des groupes N, R et F2000

Michel Bourgeois (Mitsubishi Lancer, vainqueur du groupe N) : « Je suis content de cette victoire. Je remercie les potes qui m’ont prêté une boite de vitesses. »

Marc Amourette (Citroën C2 R2, vainqueur du groupe R) : « Cette Finale restera dans ma mémoire parce que les conditions, le terrain étaient très particuliers. Etre au bout, c’est déjà super ! »

Romain Longé (Peugeot 306, vainqueur du groupe F2000) : 26 ans, mécanicien, Comité Bretagne Pays de Loire. « C’est formidable. Au début, c’était très dur car j’avais de très mauvais souvenirs des Finales précédentes. On a fait une seule erreur. Cette fois, je suis passé à côté des embuches. Honnêtement, je bénéficie aussi des problèmes de mes adversaires. En six finales, je compte quatre abandons et une place d’avant-dernier… Cette année, la roue a tourné. »

Les principaux abandons

Pour ne citer que les principaux : Pruvot (Subaru Impreza), moteur sur trois cylindres ES1 – Forès (Peugeot 306 Maxi), pression d’huile après ES3 – Lemaitre (Renault Clio R3), train arrière endommagé après ES6 – Macherey (Peugeot 206 RC), décision personnelle après ES6 – Courtois (Renault Mégane Maxi), mécanique après ES7 – Hinger (Renault Clio R3), mécanique ES7 – Ronfort (Toyota Celica GT4), sortie de route – Michel (Peugeot 106 Maxi), sortie de route – Deraedt (Toyota Celica), incendie ES14.

Le Challenge des Comités Régionaux

Le tiercé final est le suivant : 1. Normandie grâce aux performances de Gautier, Bourgeois et Amourette – 2. Rhône Alpes (Nantet, Pezzutti, Damizet) – 3. Centre (Taffonneau, Jeandot – 14ème et Ricourt – 26ème).

La météo

Première étape (ES1 et 2) : temps sec

Deuxième étape : temps sec de l’ES3 à 6 – averses éparses de l’ES7 à 10 – temps sec de l’ES11 à 13.

La prochaine Finale

Comité Aquitaine à Anglet (rallye du Pays Basque) du 29 au 31 octobre 2010.

Classements

Classement scratch de la Finale et classement de la Finale de la Coupe de France 2009 (sous réserve) : voir www.ffsa.org

Finale de la Coupe de France des Rallyes 2009

30-31 octobre 2009

416,33 km dont 125,26 km d’ES (14 dont 4 différentes, 13 disputées) répartis en 2 étapes. Départ de Malo-les-Bains le vendredi 30 octobre à 18h30. Arrivée à Malo-les-Bains le samedi 31 octobre à 20h29. 157 engagés, 153 partants , 109 classés.

Leaders : ES 1 à 3 : Deraedt – ES4 à 5 : Gautier – ES6 : Deraedt – ES7 : Gautier – ES8 à 10 : Deraedt – ES11 : Gautier – ES12 et 13 : Deraedt – Arrivée : Gautier

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