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Ford Mustang Mach 1 : au volant de la plus sportive des Mustang

Ford lance pour la première fois en Europe la version délurée Mach 1 de sa Mustang. En route pour un galop d’essai.

« La Mach 1 originale offrait le nec plus ultra en matière de performances pour la Mustang de série, et a également démontré tout son talent en compétition. La nouvelle Mach 1 est la Mustang la plus performante jamais commercialisée en Europe, ses caractéristiques pensées pour le circuit et son style unique en font la digne héritière de ce nom légendaire. » 

C’est en ces mots prometteurs que Matthias Tonn, ingénieur en chef du programme Mustang Mach 1, exprime l’arrivée de sa dernière-née. Ford la présente comme une édition limitée, mais elle est en fait une série spéciale. Deux ans de production sont prévus, mais tous les exemplaires seront numérotés au fur et mesure de leur sortie de chaîne.

La première Mustang Mach 1 pour l’Europe

Pourtant, cette appellation n’est pas nouvelle. La Mach 1 est apparue pour la première fois en… août 1968, millésime 69. Doté d’un V8 revisité et de suspensions de compétition, Ford l’a même engagée dans un championnat de rallye américain, qu’elle remportera à deux reprises, en 1969 et 1970. Au fil des générations, le géant de Detroit a toujours lancé une déclinaison Mach 1, dont il a vendu 300 000 exemplaires. Jamais commercialisée en Europe, il était temps que la Mach 1 traverse l’Atlantique. En effet, la Mustang entrevoit la fin de sa carrière commerciale sur le Vieux Continent.

Une Mustang plus sportive

Cette Mustang a bénéficié d’un développement spécifique. D’abord avec un aérodynamisme retravaillé (avec un bas de spoiler et un diffuseur provenant de la Shelby GT500), mais aussi moteur poussé de 450 à 460 ch, comme sur la version Bullit. Ce V8 de cinq litres bénéficie d’un système de refroidissement optimisé, et il est accouplé à une boîte de vitesses Tremec à six rapports, qui provient de la Shelby GT350. L’engin est également proposé avec une boîte auto à 10 vitesses, mais la version BVM nous a semblée plus intéressante. La puissance maximum est délivrée à 7 500 tr/min, avec un couple de 529 Nm à 4 600 tr/min. Des chiffres qui perlent d’eux-mêmes… La Mach 1 est également équipée d’une technologie d’échappement actif qui permet d’ajuster le bruit de l’échappement en fonction du mode de conduite sélectionné. Evidemment nous préfèrons les modes les plus révélateurs du caractère de la voiture…

Une Mach 1 avec Rev-matching et suspensions MagneRide

On pourrait aussi ajouter un différentiel à glissement limité, qui favorise les accélérations en sortie de courbe. Mais la grosse évolution est aussi le nouveau calibrage de la suspension pilotée MagneRide, accompagnée de barres antiroulis renforcées. On notera aussi la présence d’un système Rev-matching, qui met à coup de gaz à chaque rétrogradage. Pas optimal, il amusera la galerie en conduite normale. Le système de direction assistée électrique a également été revu pour améliorer la précision, ce qui s’est vérifié sur route comme sur circuit. Toutes ces améliorations et spécificités viennent en plus des évolutions apportées depuis 2015, et qui font aujourd’hui de cette Mustang une sportive accomplie. Cette dernière est plus la précise et la plus rigoureuse jamais importée.

Au volant de la Mustang Mach 1

D’abord, on s’y installe facilement, bien plus que dans une Porsche 911, par exemple. Puis, quand on appuie sur le bouton Start et que le V8 se réveille, on a des frissons. Les borborygmes de ce bloc américain, c’est tout de même unique. En enfonçant l’accélérateur, on se voit déjà en train de cruiser sur une autoroute californienne. Pourtant, les premières accélérations, notamment dans les reprises, laissent une désagréable sensation de trou à bas régimes. Il convient de relativiser cette situation car la puissance revient au galop, mais ce moteur répond à d’autres lois que celui de la GT « normale ». Etant équipé d’une boîte à air élargie de 5 mm, il se veut plus étouffé tous en bas du compte-tours, pour être plus plein et explosif en approchant de la zone rouge. Un exercice assez effrayant sur route ouverte, et le bruit qui va avec. Ce qu’on remarque aussi, c’est le niveau de confort préservé, malgré la sportivité annoncée. On est bien à bord d’une voiture de sport, mais les suspensions pilotées font très bien le job. La commande de boîte est douce, mais les débattements courts du levier viennent en opposition avec la longueur des rapports. On atteint 175 km/h en troisième… De ce fait, la sixième ne sert à rien, sauf à faire tomber le régime moteur sur autoroute. 

Le circuit lui convient aussi

Sur le petit circuit de la Ferté-Gaucher (77), la Mustang Mach 1 s’en sort plutôt bien. Compte tenu de la configuration des lieux, on ne passe que maximum la quatrième si on est ambitieux, et la troisième si on privilégie les hauts régimes. En cherchant à aller vite, la commande de boîte demande un peu plus de doigté, voire un double débrayage. Celui-ci est généré automatiquement par le rétrogradage, mais il est parfois en retard et peut se déconnecter. On est encore capable de conduire et de faire un talon-pointe tout seul…  

La remise des gaz se solde toujours par une trajectoire saine, même si l’arrière cherche parfois à passer devant. Toutefois, rien d’insurmontable, et même une belle confiance générée par l’homogénéité de cette série spéciale. On s’amuse en toute quiétude, avec des freins à la hauteur, qui ont bien résisté pendant les 15 minutes de torture. Pour une voiture de série, c’est déjà une performance.

Au chapitre des remarques on parlera tout de même du poids de l’engin, qui finit par se faire ressentir en conduite sportive. Mais aussi du train avant perçu comme un peu paresseux par moment, et du fait que l’achat d’un tel bolide s’accompagne d’un malus de 30 000 € en France. Un chiffre effrayant, à comparer avec… rien en Allemagne, ou 3 000 € en Belgique. Quand on sait que le bolide coûte 62 400 €, on comprend alors que sa carrière hexagonale est déjà terminée ou presque. C’est bien dommage, car c’est une sacrée machine !

Bilan de l’essai

Pour 12 500 € de plus que la GT « normale », Ford met à la route une version qu’il conviendrait de collectionner. La Mach 1 se distingue réellement des autres Mustang, utilise des pièces et des réglages de Shelby plus radicales, et restera rare en France compte tenu du malus actuel. Dans quelques années, elle apparaitra comme une curiosité qui aura certainement pris de la valeur, le plaisir de conduite en plus.

FICHE TECHNIQUE 

Moteur

Type : 8 cylindres en V

Position : longitudinale

Distribution : 4 soupapes par cylindre

Injection : directe

Cylindrée :  5 163 cm3

Puissance : 460 ch à 7 250 trs/mn

Couple : 529 Nm à 4 900 trs/mn

Régime maxi : 7 500 trs/mn

Transmission

Mode : 2 roues motrices (propulsion) 

Boîte de vitesses : manuelle, 6 rapports

Châssis 

Type : acier 

Freinage AV : disques ventilés

Freinage AR : disques ventiles

Suspensions AV : jambe de suspension MacPherson à double rotule et barre stabilisatrice, amortisseurs pilotés MagneRide

Suspensions AR : indépendantes avec ressorts hélicoïdaux, amortisseurs pilotés MagneRide

Direction : assistée électroniquement, trois modes

Dimensions 

Long / Larg / Haut (mm) : 4,79/1,92/1,40

Empattement (mm) : 2,72 m

Voies AV/AR (mm) : 1 582/1 655

Pneumatiques : 255x40R19 (AV) ; 275x40R19 (AR)

Réservoir (litres) : 61

Volume du coffre : 408 litres

Performances 

Vitesse de pointe (km/h) : 267

0 à 100 km/h (s) : 4,8

Conso mixte (litres/100 km) : 12,4

Rejets de CO2 (g/km) : 284

Poids

A vide (kg) : 1 851

Prix (€) : 62 400

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