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Pourquoi le pneu quatre saisons cartonne ?

pneu quatre saisons

Quand on parle de quatre saisons, on pense d’abord à une pizza… Mais c’est dans le domaine du pneu que la mode du « quatre saisons » (ou « all seasons ») est en train de s’installer.

Le pneu, c’est une histoire de compromis. Une enveloppe qui excelle sur le sec ne sera jamais aussi performante sur le mouillé, et inversement. C’est d’ailleurs pour cela qu’en sport automobile les pilotes rentrent échanger leurs slicks contre des pneus à la bande de roulement entaillée lorsque tombent les premières gouttes de pluie. Les rainures ont pour mission d’évacuer l’eau avant qu’elle ne forme une fine pellicule sous le pneu, transformant le bolide en barque. C’est le phénomène redouté d’aquaplaning, qui nous surprend nous aussi parfois lorsque la route n’a pas réussi à boire assez vite les précipitations.

Pour la neige et l’hiver les choses sont un peu plus subtiles, car il s’agit d’un côté d’une réaction de la gomme à la température, et d’un autre de la forme des pavés de la bande de roulement. Sur les pneus hiver, ils sont découpés en lamelles et produisent un phénomène de succion sur la chaussée. En outre, les composants de la gomme sont modifiés, et on parle alors de « thermo-gomme », autrement dit un mélange qui reste élastique par température négative. D’ailleurs, la démonstration de performance sur sol à adhérence précaire entre un pneu été et un autre hiver est tout à fait probante.

Deux voitures arrêtées sur une pente enneigée permettent de comprendre l’intérêt d’un pneu hiver au premier coup d’oeil. Seulement voilà, non seulement ces pneus de haute technologie sont assez coûteux –généralement 20 % de plus que les pneus été– demandent une immobilisation de capital (on économise certes ses pneus été quand on roule ses pneus hiver mais il faut soit deux jeux de jantes soit payer l’échange des pneus), sans compter le fait qu’il faille stocker les roues non utilisées, un service parfois payant chez un professionnel. Par ailleurs, même si les pneus hiver apportent quelque chose dès que le thermomètre passe en-dessous de 7°C, leur justification à 100 % n’est pas toujours évidente, selon son lieu d’habitation et ses habitudes de déplacement. Pour pallier cette situation, les manufacturiers ont alors mis au point un pneu hybride, appelé toutes saisons, qui sera un peu moins bon sur le sec par temps chaud qu’un vrai pneu été, également un peu moins performant qu’un vrai pneu hiver entre novembre et mars, mais qui permettra de sortir avec brio de l’ensemble des situations. Par exemple, avec de tels pneus, la neige qui tombe parfois par surprise en région parisienne n’empêcherait pas les automobilistes de regagner leur domicile, les obligeant à passer la nuit dans leur voiture sur la désormais célèbre N118…

Pneu quatre saisons : des performances suffisantes dans la majeure partie des cas

En matière de pneumatique le jeu, pour tous les manufacturiers, est de repousser des performances a priori antinomiques. Mais les études menées sur les carcasses, les mélanges de gomme, ainsi que les simulations faites en termes de contrainte, souvent pendant des mois sur ordinateur avant de passer aux tests physiques, permettent de faire progresser de concert plusieurs critères d’un même pneu. Ce fut d’ailleurs l’objet de la grande campagne marketing « Michelin Total Performance », au milieu des années 2010, quand il a fallu communiquer à la fois sur la baisse de la résistance au roulement, responsable à 25 % de la consommation de carburant d’une voiture, mais aussi sur l’augmentation simultanée des performances « tous temps » de pneus au profil nouveau.

Alors que l’automne va bientôt pointer le bout de son nez, les publicités et la communication autour des pneus quatre saisons et hiver vont démarrer. Si vous montez une fois par an à la montagne, ou que vous vivez dans le sud de la France, les enveloppes toutes saisons comme le Dunlop Sport All Season, Goodyear Vector 4 Seasons 2, le Nokian Seasonproof ou le Michelin CrossClimate+ peuvent largement suffire. En outre, elles sont homologuées comme des pneus hiver (elles portent la petite montagne et un flocon sur leur flanc) et autorisent à prendre la route des stations de ski. En revanche, si vous vivez dans une région où la température extérieure est souvent négative et que les routes sont régulièrement enneigées, le pneu hiver (que l’on appelle souvent à tort « neige ») s’impose à vous. Tous les grands constructeurs en proposent. Pour savoir quand les monter, c’est très simple : heure d’hiver = pneu hiver, et heure d’été = pneu été.

Grâce aux derniers progrès réalisés, le pneu quatre saisons n’est pas un concept marketing, ni un produit moyen. C’est un vrai allié pour l’hiver, sans vraiment vous priver des performances clés de votre voiture lorsque la chaussée est sèche et que l’on est en plein été. Bien entendu, si vous pilotez une voiture de sport et que vous souhaitez pouvoir l’exploiter à son maximum, notamment sur circuit, le pneu quatre saisons n’est pas fait pour vous. Mais dans tous les autres cas, ils peuvent être utiles et sauver des vies. Les pneumatiques représentent le seul contact physique entre votre voiture et la route. La tenue de route de votre voiture, et donc votre sécurité, repose sur la superficie moyenne d’une carte postale par roue. Un espace de quelques centimètres carrés qu’il convient de ne pas négliger.

Didier LAURENT

Photos : Nokian / Dunlop

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