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Rencontre : Bernard Cristiano, l’homme de la pétition « Un virage Jules Bianchi à Monaco »

Jules Bianchi allait avoir 26 ans lundi prochain, 3 août. Mais il s’en est allé au soir du 17 juillet, sans être sorti du coma dans lequel le pilote Marussia était entré voici plus de neuf mois, lors du terrible accident dont il avait été victime le dimanche 5 octobre au Grand Prix du Japon.

Au printemps, le 25 mai, il avait marqué à Monaco ses premiers points en Grand Prix F1 et ceux de l’écurie Marussia en championnat du monde.  Pour lui rendre hommage, une pétition a été lancée voici une semaine afin qu’un virage du circuit de la Principauté soit rebaptisé Jules Bianchi. Celle-ci enflamme les réseaux sociaux. Mais qui l’a lancée ?

Bien qu’il ait tout fait pour rester dans l’ombre, nous avons trouvé l’initiateur de cette pétition et nous l’avons rencontré ce matin sur le circuit de kart Brignoles, là où tout a commencé pour Jules à l’âge de l’école communale. Son nom, Bernard Cristiano, son métier, mécanicien free-lance en sport automobile.

Yannick Iglesias et Bernard Cristiano, hier matin au circuit de kart de Brigoles, là où tout a commencé pour Jules Bianchi à l'âge de l'Ecole communale

Yannick Iglesias et Bernard Cristiano, ce matin au circuit de kart de Brigoles, là où tout a commencé pour Jules Bianchi à l’âge de l’Ecole communale

Bernard Cristiano, qui êtes-vous exactement ?

B.C. : « Je suis Toulonnais, j’ai 47 ans et j’ai deux enfants. Professionnellement, après avoir fait mes premières armes en sport automobile chez Oreca en 1988, en F3 avec Erick Comas et Philippe Gache, je suis devenu mécanicien free-lance (indépendant).  J’ai travaillé pour plusieurs équipes avec lesquelles j’ai notamment participé aux 24 Heures du Mans sur  la Mazda-Speed préparée et engagée par Oreca puis sur la Chrysler Viper-Oreca, ensuite aux 24 Heures de Daytona sur la Dodge Viper-Oreca lauréate, puis au Paris-Dakar de l’époque africaine sur les Lada de Jacky Ickx, d’Hubert Auriol et de Patrick Tambay, ainsi qu’au Trophée Andros sur les BMW d’Yvan Muller.  Cette année j’ai commencé le WEC (Championnat du monde d’endurance), et je rentre juste de Spa-Francochamps où j’ai travaillé pour le Sébastien Loeb Racing en Porsche Carrera Cup. »

Qu’avez-vous ressenti le 5 octobre dernier lors de l’accident de Jules Bianchi au Grand Prix du Japon ?

B.C. :« En voyant le dramatique accident de Jules Bianchi j’ai immédiatement ressenti un sentiment de déchirement et de tristesse. Dans le milieu, on parle souvent de la famille du sport automobile car nous y partageons nos joies et nos peines. C’est comme si l’accident était arrivé à l’un des miens… »

Pourquoi avez-vous lancé cette pétition à la mémoire de Jules Bianchi ?

B.C. : « Lorsque j’ai appris le décès de Jules Bianchi, le 18 juillet au matin, à peine réveillé en regardant les infos à la télé, j’ai pensé à sa famille et à ses amis. Disons que j’ai réagi comme tous les parents qui rêvent de voir grandir leurs enfants. A peine avais-je allumé mon smartphone j’ai vu défiler les messages d’hommage à Jules Bianchi. Et dans l’après-midi j’ai créé la page pour soutenir la famille, mais aussi pour permettre aux fans du monde entier de s’exprimer. »

Pourquoi avez-vous eu l’idée d’un virage au nom de Jules Bianchi à Monaco ?

B.C. :« Tout d’abord pour laisser une trace indélébile du passage de Jules Bianchi en F1. Et pourquoi à Monaco ? Parce qu’il n’y a plus de grand prix de France et afin que les pilotes de Grand Prix se sentent concernés. De plus Jules était né à Nice, donc juste à côté de la Principauté. Le Grand Prix de Monaco est un lieu doublé d’un événement exceptionnel, et Jules Bianchi était aussi un être exceptionnel. Je n’ai jamais eu la chance de le rencontrer, mais il suffit, pour s’en convaincre, de lire les témoignages qui émanent de tous les continents à son égard. Ce qu’a fait Sebastian Vettel dimanche à l’issue de sa victoire au volant de la Ferrari au Grand Prix de Hongrie est un hommage poignant ! Je remercie tous les signataires, et j’apprécie aussi grandement que de nombreux Commissaires de l’ACM (Automobile Club de Monaco) soient favorables au fait qu’un virage du circuit du Grand Prix de Monaco F1 soit rebaptisé Jules Bianchi !»

Ce matin, Yannick Iglesias – qui gère le circuit de kart de Brignoles, et a succédé à Jean Montagny et à Philippe Bianchi – a longuement évoqué le souvenir de Jules Bianchi avec Bernard Cristiano. Il est vrai que le fondateur de Kart In Pro Compétition connaissait Jules depuis ses premiers tours de roues au volant d’un kart. De la pétition, Yannick dit simplement : « C’est une initiative qu’il faut absolument mener à son terme, car au cours de sa vie Jules a tout mené en gagneur sans jamais rien lâcher. C’était un battant ! »

Lien vers la pétition

Texte et Photos : Charles-Bernard Adréani

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