L'AGENDA DE L'AUTOMOBILE

Stage Pilotage Moto : indispensable

Septembre 1995 : votre serviteur obtient son permis de conduire une moto. Face au refus catégorique de mes parents de financer l’achat d’un deux roues, j’ai patienté jusqu’en 2005 pour enfin en acheter un. Un Scarver 650 CS de chez BMW, moto idéale pour débuter avec son mono cylindre poussif, son poids réduit et sa maniabilité. Rapidement, un R1100 RS est venu compléter le garage. Une F800S a ensuite pris le relais des deux motos ci-dessus nommées. Il fut lui-même remplacé par un K1200R… Là, cela devenait sérieux. Enfin, en ce moment, c’est un 600 Hornet ABS qui démarre chaque jour pour accompagner mes déplacements. Bref, 5 motos en 7 ans.

Oui mais voilà : passer son permis de conduire et piloter une moto en toute sécurité, c’est comme dire que  l’on sait diriger un bateau car on a regardé la croisière s’amuse. Un mise à niveau au Paul Ricard et chez Philippe Monneret s’imposait.

Stage Monneret

Il existe deux types de stages au sein de Easy Monneret. Celui pour les débutants, avec explication de la position de conduite, apprentissage du freinage et de la trajectoire etc. Et celui pour les « Joe Bar Team » avec accès à la piste après un tour de reconnaissance à un rythme déjà soutenu sur la fin… Suite à une erreur d’aiguillage, je me suis retrouvé, un beau matin du mois de juin, avec mon joli cuir Bering tout neuf, mes sliders et gants Segura dans le même état (c’est à ça qu’on voit que vous êtes un débutant…) dans ce dernier stage. Gloups…

Bon ben, en piste…

Première bonne nouvelle, on ne vous lâche pas comme cela tout seul sur la piste. Un premier exercice consiste à appréhender le petit circuit école qui est déjà sympa car à la fois rapide avec deux belles accélérations, une partie lente et technique et deux gros freinages. N’ayant jamais roulé sur une piste avec une moto, ce fut le baptême du feu en direct ! Histoire de faire bonne figure, j’ai pu compter sur l’ABS de mon 600 hornet pour planter les freins sans peur pour recoller au groupe qui passe plus fort en virage…

Le debreifing suite à ce premier exercice est un peu trop rapide à mon goût, j’aurais aimé qu’on me dise ce qui n’allait pas. Mais peut-être que, à moi seul, il aurait fallu prendre trop de temps pour corriger tous les défauts : pas de déhanchement, raide comme un piquet, freinage en appui jusqu’à la corde (héritage du pilotage de voitures…) etc. Bon, va falloir sérieusement se remettre en question après seulement deux heures de pratique.

Le second exercice nous mène sur la deuxième partie du Paul Ricard, sur la piste qui passe devant les stands et emprunte une moitié de la ligne droite du mistral, la (fameuse) courbe de Signes et le double droite du Beausset. Là, fini de rire, car les sportives en version libre ont vite fait de déposer le Hornet qui jusqu’alors m’avait donné l’impression d’avancer avec beaucoup d’envies… (Petit coup au moral en passant).

Après une « lutte » avec un GSR 600 qui envoyait aussi bien que le Hornet, il est temps de rentrer aux stands et de se désaltérer avec un litre d’eau, de regarder l’état des pneus (des Michelin) et de retirer la combinaison dans laquelle il ne fait pas trop chaud contrairement à ce que je craignais alors que le soleil du Var brule la piste. Une discussion avec Hervé Moineau me permet alors de répondre à beaucoup de questions sur le freinage, la position de conduite, la maitrise de la moto etc.

Après midi free.

Après un bon déjeuner au restaurant du circuit, nous voici dans la cours de récréation… Il est temps d’emprunter le grand circuit du Paul Ricard et de tenter d’approcher les limites du Hornet ( en photo ci-contre, deuxième moto en partant de la gauche) sans pour autant les dépasser si possible…

En dehors du fait que je me suis fais déposer par des sportives qui m’ont doublé à environ 300 km/h pour les meilleures (contre 235 km/h pour ma monture), j’ai pris un pied incroyable à aller chercher petit à petit un peu plus d’angle mais aussi et surtout à décoller mon « popotin » de la selle et à le mettre partiellement dans le vide pendant que le genou allait faire une petite caresse à la piste.

Plus on le fait, plus on se rend compte que l’on est loin des limites de la machine mais que l’on s’en rapproche. Le risque, c’est de trop prendre confiance car c’est là que l’on se retrouve par terre. Au final, le passage dans Signes se soldera par un petit 155 km/h compteur à la corde. Sans pas de quoi impressionner qui que ce soit, mais suffisant pour éprouver les premières sensations du pilotage.

Le retour

La journée finie, on repart et on met en application ce que l’on a appris sur la piste. Non pas pour rouler plus vite, mais pour ce rendre compte que le virage que l’on prenait raide comme un piquet passe beaucoup mieux et plus sereinement en sortant un peu les épaules et en se positionnant mieux sur la moto. On se sent plus en sécurité.

Pour en savoir plus : www.easymonneret.com

Texte et photos : Philippe HORTAIL