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24 Heures de Daytona : une première pour le français François Hériau

Engage en LM P2 depuis deux ans, François Hériau s’est lancé le défi fou de participer aux 24 Heures de Daytona. Il est au départ de la 60ème édition, qui ouvre ce week-end la saison 2022 de l’IMSA SportsCar Championship.

En août dernier, alors qu’il est sur le point de participer à ses premières 24 Heures du Mans avec Association SRT41, François Hériau se fracture la clavicule lors d’une chute à vélo. Contraint de céder sa place à son ami Matthieu Lahaye, le Rennais doit également faire l’impasse sur le restant de la saison ELMS, même s’il n’a pu s’empêcher de faire le voyage en spectateur à Portimao (Portugal), pour assister à la finale.

« Pour mon retour à la compétition, j’hésitais entre l’Asian Le Mans Series et les 24 Heures de Daytona, nous a-t-il confié. Je voulais, avant le début de la saison WEC 2022, m’assurer que tout allait bien. Et à Portimao, j’ai fait la connaissance du G-Drive Racing, qui m’a parlé de son souhait de disputer les 24 Heures de Daytona. Le courant est bien passé et nous voilà en Floride. » Mais était-ce un souhait de longue date ? « C’est une course que je suis depuis plusieurs années, nous a-t-il répondu. Nous avions d’ailleurs parlé de la faire ensemble, avec les frères Lahaye (ses équipiers depuis de nombreuses années chez Ultimate, en ELMS. Ndlr), mais les plans ont changé. »

Hériau impressionné par Daytona

Après deux jours d’essai à Estoril avec G-Drive Racing, François Hériau est annoncé sur l’Oreca 07 n°68 du G-Drive Racing by APR, aux côtés de pilotes professionnels ou aspirants professionnels, à savoir le protégé d’Audi René Rast, le pilote d’IndyCar Ed Jones et le jeune Oliver Rasmussen, qui sort d’une saison en FIA F3. Et depuis son arrivée à Daytona, il vit un rêve éveillé. « L’enceinte, en plus d’être mythique, est vraiment impressionnante, avoue-t-il. Les tribunes ont l’air aussi hautes que celles du Stade de France. Et quand nous avons fait le track walk (tour du circuit à pieds. Ndlr), j’ai été impressionné par la pente du banking, qui est quand même à 31°. Au volant, je peux vous dire que ça fait drôle. Si vos yeux comprennent que vous êtes de travers, vous avez l’impression que le corps ne suit pas, qu’il est droit, de par les G qu’il encaisse. Sincèrement, j’ai eu le vertige, il m’a fallu quelques tours pour m’y habituer. Et puis l’infield (circuit routier tracé au milieu de l’ovale. Ndlr), c’est vraiment un circuit à l’ancienne, sans dégagement. En Europe, nous n’avons plus l’habitude… »

La maitrise des pneus pour la performance

François a finalement rapidement compris les subtilités de cette piste atypique. Mais qu’en est-il des pneus ? Habitué aux gommes Goodyear en ELMS, il a dû apprivoiser les Michelin, manufacturier pneumatique unique de la série d’Endurance américaine. « En fait, j’ai eu la possibilité de rouler en Michelin par le passé, en essais, avant que Goodyear ne prenne le monopole en ELMS, avoue-t-il. J’ai retrouvé des gommes à la philosophie similaire. L’adaptation n’a donc pas été compliquée. La difficulté vient du fait qu’en IMSA, nous ne pouvons préchauffer les pneus. Il faut donc se montrer prudent en début de relais, de manière à bien les faire monter en température. Mais sinon, je les trouve peut-être plus facile d’utilisation que les Goodyear. »

Le départ des 24 Heures de Daytona 2022

Daytona en ligne de mire

Finalement, c’est un pilote plein d’ambition qui s’est confié à nous… malgré les caprices de la météo, qui ont grandement perturbé les plans des concurrents engagés. « L’équipe a de réelles ambitions, et ça se passe super bien entre nous quatre, conclut l’intéressé. Mes trois équipiers sont aussi véloces que sympas. » De quoi le retrouver sur la plus haute marche du podium LM P2 dimanche ? Voilà qui serait idéal pour lancer une saison 2022 qui le verra débuter en WEC… et donc aux 24 Heures du Mans.