L'AGENDA DE L'AUTOMOBILE

Bref, j’ai acheté une voiture en Italie.

Acheter une voiture d’occasion en Italie car elle est moins chère qu’en France est une démarche de plus en plus fréquente. Mais comment cela se passe-t-il ? Quels sont les risques ? Pour vous, chers lecteurs, j’ai franchi le cap et voici le récit de mon aventure.

Trouver…

Sans doute allez-vous penser que c’est la chose la plus simple que de trouver la bonne voiture. Et bien détrompez-vous !

Pour les sites, les plus connus sont subito.it, autoscout24.fr (avec la mise en place d’une veille), http://www.secondamano.it/ ou Automobile.it. Vous pouvez aussi vous connecter sur Mitula.it qui recherche sur plusieurs sites en même temps et assure une veille ou bien utiliser Google et taper « BMW M3 usate » par exemple.

Une fois les annonces repérées, sachez que nos amis transalpins ne sont pas les plus assidus en matière de gestion de leurs petites annonces ! Il arrive fréquemment que la voiture soit vendue depuis longtemps ! A titre d’exemple, à l’heure où est publié cet article, ma voiture est toujours à vendre sur Subito.it alors que je suis allé début octobre en prendre livraison.

Ensuite, si vous ne faites pas l’effort d’écrire en italien ou d’appeler, vous n’aurez pas beaucoup de réponses à vos questions. Je me rappelle d’un très beau Clubman Cooper S à vendre sur deux annonces différentes, à des prix différents, par des vendeurs différents, tous les deux professionnels… Une fois le contact pris, j’ai reçu des photos puis silence radio… jusqu’à ce qu’on finisse par apprendre que la voiture était vendue. Ou encore un autre modèle bien placé en prix mais vendu depuis 6 mois.

Attention aux achats dans le sud : les voitures sont souvent très bien placées en prix mais il faut redoubler de vigilance sur le professionnalisme du vendeur !

Se faire aider

Je ne saurai trop vous conseiller de vous faire accompagner par une société spécialisée dans ce type de transaction qui m’a accompagné dans mes démarches. La société s’est chargée de contacter les vendeurs et, après un rapide tour d’horizon du véhicule fait par une personne basée en Italie, elle vous dit si le vendeur est sérieux et si la voiture dispose d’un carnet d’entretien ou pas, si elle est en bon état ou pas.

Mais l’intervention ne s’arrête pas là et elle vous accompagne dans l’organisation de votre voyage (train, avion…), demande au vendeur de venir vous récupérer et surtout, une fois sur place, vous assiste en cas de litige en négociant pour vous, par téléphone, le cas échéant, une remise.

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Paiement

Ca y est, vous l’avez trouvée ? C’est ELLE ? Ok. On ne s’emballe pas ! Avant de faire un virement, demandez la copie de la carte grise italienne et des photos en haute définition des jantes, capots, sièges, coffre, moteur etc. Un professionnel est censé faire cela. Ensuite, préparez le paiement en deux temps. Un acompte de 10% fera l’affaire pour bloquer l’auto. Cela vous laisse le temps de réfléchir encore un peu. Mieux vaut batailler pour récupérer 10% que 100… Ensuite, on paye tout. Cela fait toujours bizarre d’envoyer une jolie somme d’argent à quelqu’un qu’on ne connait pas… Personnellement, cela ne m’a pas empêché de dormir mais on y pense toujours avec un peu d’appréhension.

Plaques provisoires

Si vous achetez une voiture en Italie, sachez qu’elle doit être « désimmatriculée » pour pouvoir quitter le pays. N’espérez pas trop un deal du style « je rentre en France, je roule en plaques italiennes et je vous les renvoie » ! Si vous prenez le risque d’un W garage, attention à ne pas vous trouver immobilisé par la police locale avec saisie de la voiture. L’idéal est de disposer de plaques provisoires (comptez 250 euros) que la société qui vous accompagne se chargera de faire établir et tenir à votre disposition chez le vendeur. Elles sont plastifiées, à mettre sur les pare-brise avant et arrière et comportent un document qui précise votre trajet. Et veillez à ne pas trop vous en écarter. Ces plaques ne sont pas conformes aux normes européennes et un policier français pointilleux qui n’aura rien de mieux à faire (arrêter un voleur de voiture ?) pourra vous verbaliser pour plaques non conforme.

Parfait état ?

Une fois sur place, l’empathie et la sympathie de nos amis italiens ne doit surtout pas vous endormir… Il faut TOUT vérifier. TOUT. C’est simple non ? Vous prenez votre temps pour vous glisser sous la voiture, vous testez tous les systèmes (phares, rétro, clim, ordinateur de bord….) et observez bien la carrosserie. Un phare neuf ? alerte… Une peinture avec de tous petits défauts ressemblant à des poussières ? Alerte à nouveau… ll vaut mieux repartir sans l’auto et demander le remboursement des sommes payées que de rentrer avec une belle saucisse. Ou alors il faut négocier une remise sur place.

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Direction les impôts et le contrôle technique

Une fois de retour en France, il faut très vite commencer la procédure d’immatriculation. Demandez au vendeur s’il dispose du certificat de conformité européen. Si c’est le cas, vous venez d’économiser entre 80 et 120 euros. Sinon, faites chauffer la carte bleue tout en tapant « certificat de conformité européen » sur Google. Pour ma part, je suis passé par www.eurococ.eu avant même le voyage en Italie pour ne pas perdre 15 jours. L’envoi fut rapide (une semaine) mais c’est hors de prix pour un simple bout de papier…

Ensuite, passage au centre des impôts dont vous dépendez pour obtenir le quitus fiscal : prenez la facture d’achat, une copie de la carte d’identité, un justif de domicile et revenez car il manque toujours une pièce !

Pour ma voiture, il m’a fallu passer un contrôle technique (voiture de plus de 4 ans).

Et vive la préfecture.

Une fois cela fait, prenez les originaux et une copie d’un justificatif de domicile, d’une carte d’identité (recto/verso), un chèque en blanc à l’ordre du « Régisseur de recettes de la préfecture de xxxx » (ils sont incapables de vous dire combien vous allez payer à Marseille…) et déposez le tout au bon service. Et croisez les doigts. Et revenez car il manque toujours une pièce (bis). En effet, selon la liste que vous trouverez en suivant ce lien, vous constaterez qu’on ne parle pas d’une enveloppe timbrée à votre adresse pour vous adresser le certificat provisoire.

Restez vigilant jusqu’à la dernière seconde car à mon second passage, la dame m’a indiqué qu’il fallait le tampon du vendeur sur la facture… « Ha bon, mais hier, la dame qui était assise à votre place ne me l’a pas demandé et nulle par il est question de produire la facture sur votre site… » « je vais voir ma chef » répond cette préposée qui finalement conclura « que ça ira ». VICTOIRE !!!!

[nextpage title= »Au final. »]

Budget :

Acheter cette voiture en Italie a nécessité le budget suivant :

Prix d’achat +

Plaques provisoires : 250 euros

Certificat européen : 120 euros

Contrôle technique (payé par le vendeur en France, par l’acquéreur dans le cas présent) : 68 euros

Assistance à l’achat : 900 euros.

Total : 1338 euros.

Beaucoup de temps et de patience…

Il faut ajouter des billets de train Marseille – Turin : 160 euros et des frais de retour : 70 euros de carburant / péage que vous auriez aussi pour un achat en France.

Au final

L’opération est rentable si vous achetez des voitures chères. Moins pour de petits budgets. Attention, une dame de la préfecture m’a confié qu’à partir d’un certain nombre de voitures achetées dans l’année, un signalement était fait aux impôts car on considère que vous en faites un commerce…. elle n’a pas souhaité me préciser ce nombre.