L'AGENDA DE L'AUTOMOBILE

Coronavirus et confinement : les ventes de carburant chutent

Les mesures restrictives de circulation mettent à mal les ventes de carburant. En France, on enregistre une baisse de 80% environ par rapport à la normale.

On ne sort plus, on ne bouge plus. Par conséquent, notre véhicule non plus, et c’est notre budget essence qui est préservé, même s’il ne faut pas oublier d’entretenir sa voiture lorsqu’elle est immobilisée. Les pompistes voient moins leurs clients, avec une baisse des ventes au niveau national comprise entre 70 et 85% par rapport à une situation normale.

Cette baisse de la demande de carburant entraîne, de facto, une baisse du prix : c’est la loi de l’offre et de la demande qui s’illustre ici. Les capacités de stockage étant au bord de la saturation, les groupes pétroliers baissent leurs prix pour tenter de se débarrasser de leur or noir. Du côté de l’approvisionnement, le cours du pétrole a baissé de 62% pour arriver à un niveau jamais atteint depuis 17 ans. En bref, cette chute spectaculaire des volumes de vente se répercute petit à petit en station, mais il ne faudra pas s’attendre à des miracles : on continue tout de même à payer 60% de taxes. En moyenne, le litre de gasoil est actuellement affiché, à 1,184 € et 1,239 € pour le Sans Plomb 98.

E85 : les agriculteurs inquiets

Si les pays producteurs de pétrole font la tête et tentent de trouver un compromis pour ne pas stopper leur production, les agriculteurs français s’occupant de produire le biocarburant E85 sont également impactés par la baisse de la demande. Car il faut réussir à entreposer tout ce qui est produit, mais le manque de structures de stockage de ce carburant vert se fait sentir. La France, premier producteur européen de bioéthanol, perçoit du mauvais œil la possibilité de voir arriver sur ses terres le surplus d’E85 produit par les Etats-Unis et le Brésil, eux aussi touchés par la crise et la baisse des déplacements.

Que faire de tout ce pétrole et de tout ce biotéthanol excédant ? Hors de question de les brûler au fond d’un bois, à l’abri des regards indiscrets. On se rend alors compte qu’il est difficile de tout stopper du jour au lendemain sans craindre des conséquences sur diverses filières dépendant directement du rythme de la société. Espérons qu’une solution soit trouvée et qu’elle soit respectueuse de tous les acteurs, mais également de l’environnement.

Photos : Eric PHILIPPE – AMAM

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