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Essai Cupra Ateca : à vos souhaits !

Le label sportif de Seat est devenu une marque à part entière et le premier modèle ainsi logoté est un SUV… ou comment prendre à contre-pied une logique qui veut que les voitures de sport soient plutôt basses.

Cupra, origine sportive depuis 1998

Voilà 20 ans que le sigle Cupra symbolise les versions les plus délurées des Seat. L’Ibiza a été la première à le recevoir, en 1998, puis la Leon lui a emboîté le pas quelques années plus tard. Toutes deux partageaient la même culture de la recherche de performances, qui passait par une motorisation musclée, parfois une transmission intégrale et moteur V6 (notamment pour la Leon). S’y ajoutait également l’abaissement du châssis et l’adoption de jantes plus grandes.

C’est aussi le cas de cet Ateca, qui reçoit 4 roues motrices et des jantes de 19 pouces, et qui abaisse son centre de gravité de quelques millimètres. Mais il reste bien haut (1,61 m) pour une voiture à connotation sportive. Sous le capot, la démonstration de force continue avec un 2.0 Turbo qui développe 300 ch, pour un 0 à 100 km/h annoncé en à peine plus de 5 secondes. L’engin est alléchant sur le plan technique, mais pose des questions d’un point de vue du comportement, car même s’il était fermement amorti et suspendu (ce qui pourrait nuire au confort si la notion de sportivité est trop poussée), sa hauteur le pénaliserait en termes de transferts de masse (car la voiture est lourde) et serait synonyme de prise de roulis. Autant d’intrigue méritait bien un essai un peu poussé.

Une présentation intérieure triste

En s’installant au volant, on constate que la présentation intérieure est assez triste, à dominance noire. Seul le sigle Cupra, bronze (la couleur de la marque), détonne dans un univers austère. Passé ce sentiment, on remarque que le volant sport est agréable au toucher, alors que le pédalier en aluminium renvoie une image de sportivité. Mais en poussant le bouton Start, on découvre un compteur digital assez moderne qui égaie l’habitacle, alors que le moteur offre une sonorité quelque peu évocatrice sans verser dans le véritablement sportif. Et c’est tout le sujet de cette nouvelle marque, qui veut se… démarquer, en mettant sur la route des voitures à connotation dynamique certes, mais un peu moins communicatives que des sportives pures et dures, en n’allant pas trop loin dans le traitement global ou le durcissement des suspensions.

Car c’était notre crainte : que ce SUV caricature ses suspensions pour virer parfaitement à plat en virage.  Mais nous avons été rassurés dès les premiers tours de roue. Le Cupra Ateca n’est pas une voiture de sport habillée en SUV, et ses suspensions, certes pilotées, restent prévenantes à petite vitesse. A noter qu’une molette permet d’ajuster les paramètres moteur et l’amortissement, au gré de plusieurs modes dont un « Cupra », qui se veut le plus sportif (le bruit moteur aussi) mais qui reste moins radical qu’à bord, par exemple, d’une Leon Cupra. Dans ces conditions, le choix d’un SUV comme premier modèle pour une jeune marque peut se concevoir, même si on se demande toujours à quoi peut bien servir un tel engin, qui n’est de toute évidence pas fait pour mettre une roue sur une circuit bien que son moteur soit assez communicatif.

Des options sportives… et du poids

Toutefois Seat, enfin Cupra, a prévu des options pour les clients intrépides, comme par exemple des freins Brembo (2 185 €, quand même), qui retarderont l’évanouissement de la puissance de ralentissement en conduite sportive. Car avec près de 1 700 kg conducteur compris, il faut des gros freins… Le poids excessif du modèle s’explique par un équipement très complet et la présence de quelques options, mais aussi par le fait que Cupra veut faire des voitures sportives, assez chics et bien équipées, ce qui va une nouvelle fois à l’encontre de la philosophie d’une voiture de sport.

Il convient de reconnaître qu’en conduite rapide, le Cupra Ateca s’en sort plutôt bien : il emmène ses passagers à bon rythme avec talent, grâce à une boîte de vitesses robotisée à 7 rapports très bien gérée. Dommage, en mode manuel, que les palettes situées sur les côtés du volant soient si petites.

Un comportement agréable

Côté comportement, le bilan est donc plutôt positif : le Cupra Ateca vire à plat –mais pas trop-, est bien ferme –mais pas de façon exagérée– et il est suffisamment communicatif pour s’amuser. La direction ne souffre pas d’effets de couple trop nombreux, mais il convient néanmoins de noter que la bête se veut un peu paresseuse en entrée de virage, avant de sortir de façon plus dynamique grâce à une transmission intégrale qui fait bien le boulot. En résumé, les pères de famille qui aiment la conduite sportive raisonnable et qui opteront pour ce SUV en auront pour leur argent, notamment parce qu’il offre tous les avantages (coffre, modularité, conduite en hauteur, aspects pratiques) d’une grande voiture, et se montre en outre capable de s’aventurer hors des sentiers battus grâce à une garde sol de 18 cm. Sur ce dernier point, les « vraies » voitures de sport ne peuvent pas lutter. Mais est-ce que ce sera suffisant pour achever de convaincre ?

Bilan

Le Cupra Ateca est une voiture de 300 ch avec 4 roues motrices, une boîte robotisée et un niveau d’équipement élevé pour moins de 50 000 € (49 275 € pour notre modèle d’essai dont près 7 000 € d’options, soit un prix d’entrée de gamme à 42 500 €). Ce n’est pas si cher pour une voiture capable de telles performances, mais onéreux pour un SUV qui semble tout droit sortir d’une compétition de tuning, alors que le malus vient alourdir l’addition de plus de 3 000 €. Mais qui achètera ce genre de véhicule dans le contexte automobile actuel ? Réponse dans quelques mois, à la lecture des statistiques des immatriculations.

Ses points forts

– Sa polyvalence
– Son plaisir de conduite
– Sa sportivité relative

Ses points faibles

– L’austérité apparente de sa planche de bord
– Sa sportivité relative (qui est aussi un point fort)
– Son manque de notoriété

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Texte : Didier LAURENT

Photos : DR

Galerie photos Seat ATECA

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