Dodge Charger : le monstre américain de retour en Europe
Dodge ouvre officiellement le chapitre le plus audacieux de son histoire en commercialisant la toute nouvelle Charger sur le Vieux Continent avec au choix, la version thermique ou électrique.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Stellantis
La Charger joue double jeu mécanique sous le capot
En bref :
- Importation exclusive : La reine des muscle cars arrive en Europe uniquement via l’importateur officiel spécialisé KW Automotive.
- Architecture Stellantis : Elle repose sur la plateforme STLA Large, qui devance la future stratégie globale FaSTLAne 2030 du groupe.
- Guerre des moteurs : Au menu, des blocs essence six-cylindres « Sixpack » et des versions électriques nommées « Daytona ».
- Foudre électrique : La déclinaison Daytona Scat Pack culmine à 670 ch et abat le 0 à 100 km/h en seulement 3,3 secondes.
- Échappement virtuel : Pour ne rien perdre du mythe, l’électrique triche avec un système de haut-parleurs imitant le fracas d’un V8 Hellcat.
Après plus d’un an de carrière exclusive sur ses terres natales, la nouvelle Dodge Charger traverse enfin l’Atlantique. Pour séduire une Europe en pleine transition, la firme de Détroit réalise un grand écart technologique en proposant deux typologies d’énergie bien distinctes. Le ticket d’entrée thermique abandonne le traditionnel V8 au profit du bloc 3,0 litres biturbo à six cylindres en ligne baptisé « Sixpack ». En version R/T, il développe déjà 420 ch, ce qui en fait la dotation de série la plus généreuse du segment tandis que la radicale variante Scat Pack pousse le curseur à 550 ch.
Mais c’est du côté des versions électriques Daytona que la Charger sort le grand jeu. Oubliez la carte de l’éco-conduite : la version R/T à double moteur électrique revendique 536 ch. Tout en haut de la chaîne, la Daytona Scat Pack libère 670 ch capable de balayer le traditionnel 400 mètres départ arrêté en 11,5 secondes chrono. C’est plus rapide qu’une ancienne Hellcat Redeye thermique de 808 ch.
Pour digérer une telle décharge, Dodge a implanté une batterie gigantesque de 100,5 kWh capable d’encaisser un taux de décharge maximal de 550 kW afin de saturer les moteurs en énergie lors des accélérations frénétiques. L’autonomie culmine à 495 km sur la version R/T, tandis que la gourmande Scat Pack déclare forfait après 387 km. Côté recharge, l’architecture 400 volts permet de passer de 20 à 80 % en 27 minutes. Pour les éternels insatisfaits, une version ultime baptisée SRT Banshee dotée d’un système en 800 volts viendra prêter main-forte ultérieurement.


Le look de Bullitt et les feux de l’enfer
Visuellement, le constructeur a magistralement fusionné l’héritage des années glorieuses avec le futur de la marque. La silhouette s’inspire directement de la légendaire Charger de deuxième génération (célèbre pour son rôle de méchante dans le film Bullitt) mais réinterprétée à la lumière du concept-car Daytona SRT de 2022. La calandre intègre sur la version électrique le fameux « R-Wing », une immense aile avant profilée destinée à canaliser l’air pour maximiser l’appui aérodynamique.
Les puristes remarqueront sur la proue le retour du « Fratzog », un logo triangulaire utilisé par Dodge entre 1962 et 1975, désormais réservé à la nouvelle garde de la marque. À l’arrière, le bandeau lumineux à LED dessine un anneau de feu rectangulaire du plus bel effet. Afin de rationaliser sa gamme, Dodge propose l’auto en silhouette coupé 2 portes et berline 4 portes, dotées d’un hayon bien plus pratique qu’une malle classique, complété à l’avant par un petit coffre (frunk) de 42 litres sur les versions électriques.



À l’intérieur, le cockpit opère une profonde révolution numérique mais conserve son orientation vers le pilote. Face au conducteur trône un combiné d’instrumentation digital variant de 10,25 à 16 pouces selon la finition, flanqué d’un écran central tactile de 12,3 pouces légèrement incliné. Les designers ont eu la bonne idée de conserver une version moderne du célèbre levier de vitesses en forme de « poignée de pistolet » (pistol-grip), tandis que le volant à trois branches accueille des palettes permettant de moduler l’intensité du freinage régénératif.


La grande force de cette Charger Daytona réside toutefois dans sa capacité à faire du bruit. Pour briser le silence inhérent aux véhicules électriques, Dodge a breveté un système d’échappement artificiel baptisé « Fratzonic Chambered Exhaust ». Grâce à deux haut-parleurs extérieurs à haute fidélité, la voiture génère une signature sonore dont l’intensité égale les décibels d’un bloc V8 Hellcat thermique. Une bande-son indispensable pour accompagner les modes de conduite hautement récréatifs « Donut » et « Drift », qui s’ajoutent aux traditionnels réglages « Track » et « Drag ». Reste à savoir si cette débauche de décibels virtuels saura charmer les forces de l’ordre européennes.







