L'AGENDA DE L'AUTOMOBILE

Essai : Alfa Romeo Giulia GTAm, la plus sportive de toutes !

Développée sur la plateforme Giorgio qui disparaitra bientôt, l’Alfa Romeo Giulia se décline dans une ultime version GTAm dédiée à la piste. Nous avons profité d’une invitation au Paul Ricard pour faire connaissance.

Alfa Romeo surfe une fois de plus sur sa formidable histoire. Le constructeur italien remet l’appellation « GTA » (Gran Turismo Alleggerita », autrement dit Grand Tourisme Allégé) à l’honneur avec l’Alfa Romeo Giulia GTAm. La première du genre est apparue en 1965 sur une Giulia Sprint GT produit par Autodelta. Le département course d’Alfa Romeo exploitait alors plusieurs voitures dans plusieurs compétitions, dont la Formule 1. Aujourd’hui la marque au Biscione utilise le terme GTA selon deux applications. Une Giulia GTA « familiale », à cinq places, qui fait passer le V6 2,9 litres biturbo de la version Quadriflglio de 510 ch à 540 ch, et une GTAm (m pour « modificata »), à deux places avec un demi-arceau pour fixer des harnais à six points. Cette dernière développe la même puissance mais se veut un peu plus légère.

L’Alfa Romeo Giulia GTAm pousse le curseur de la sportivité

La GTAm est une livrée totalement dédiée au sport, allégée autant que possible, et qui témoigne de nombreuses évolutions issues du monde de la compétition. Elle se dote ainsi de jantes de 20 pouces à écrou central, de voies élargies (25 mm à l’avant et 50 mm à l’arrière), d’une ligne d’échappement à sorties centrales en titane (de marque Akrapovic), d’un système de refroidissement plus gros et d’une cartographie moteur spécifique. Elle est aussi livrée en série avec des freins carbone-céramique, des boucliers, un toit et des éléments aérodynamiques en fibre de carbone, et des vitres (arrière) en polycarbonate. A noter que les éléments aérodynamiques ont été développés par Sauber, et sont réglables mécaniquement. Si on en veut plus, il faut passer à la voiture de course.

La Giulia GTAm aime la route, mais adore le circuit

Sur route, à rythme normal, on ne peut pas dire que l’engin soit inconfortable. Les suspensions font même très bien le job. Bien entendu, cette berline à deux places ne passe pas inaperçue avec son design très provocateur. Mais dans l’enceinte du circuit Paul Ricard elle fait plutôt lever les pouces. Sur le stand Alfa Romeo, elle est même une véritable curiosité. Deux cessions de 30 minutes nous sont réservées. D’abord pour quelques tours avec la Quadrifoglio « de base ». Il s’agit de se remémorer la piste, d’autant que celle-ci avait été modifiée pour le Bol d’Or, qui vient de se terminer. Une bonne opportunité pour se rappeler que cette voiture est puissante mais facile, qu’elle donne la priorité au confort mais sait aussi être efficace.

Changement de monture

Avec la GTAm on change d’univers. D’abord avec le splitter avant plus large et réglable mécaniquement, lequel a été étiré de quatre centimètres supplémentaires pour le circuit. Pour la route, cette position est interdite car elle briserait des chevilles en cas de contact avec un piéton. Et puis il y a cet aileron arrière réglable selon quatre positions, qui est franchement impressionnant. Nous l’avons réglé sur sa position la plus inclinée afin de profiter d’un maximum d’appui aérodynamique. A l’intérieur, les sièges baquets et harnais, la suppressions des contres-portes et de la banquette, et le remplacement de la poignée de porte par une lanière nous plonge dans une ambiance particulière. C’est un peu du marketing, mais c’est amusant.

Plaisir garanti en conduite sportive

Sur le circuit Paul Ricard, mis en configuration « 1CV2 » de 5,8 km, autrement dit comme le Grand Prix de Formule 1, nous sommes pour le moment dans la ligne droite des stands. Il y a beaucoup de monde en cette journée ouverte à tous, et nous sommes entourés d’un grand nombre de Porsche, de Mc Laren et de quelques BMW, Ferrari et Lamborghini. Une fois lancés, nous nous plaçons dans la meute, et constatons qu’on ne sera pas largués par les autres à l’accélération. En revanche le mode Confort et même Dynamic empêchent de jouer. Ils déclenchent l’ESP très tôt et privent de puissance en sortie de virage. Nous passerons en mode Race au bout d’un demi-tour, et là on change de voiture ! Le bruit est différent, libéré par les clapets de l’échappement. Le direction reste assez légère mais se veut plus consistante. Dans la partie la plus lente du circuit, on sent que la voiture offre un très bon grip, va bien chercher la corde, mais rouler sur un faux rythme n’est pas une bonne idée. Pour bien profiter de toutes ces capacités, il faut muscler son jeu, freiner plus tard, attaquer la pédale, placer la voiture au frein puis à l’accélérateur. Un travail qui est davantage du ressort d’un pilote que d’un conducteur.

Plus pour un pilote que pour un conducteur

Plus on repousse les limites, et plus on découvre des qualités. La GTAm adore les freinages violents, à tel point qu’ils sont parfois difficiles à doser. En revanche, si le train avant chasse bien la corde, elle ne supporte pas une remise des gaz trop tôt ou une fin de trajectoire un peu brouillonne et puni le conducteur d’un sous-virage assez marqué. C’est une voiture qui se conduit avec détermination et doigté, qui demande de l’engagement. Tout n’est pas parfait, on aurait par exemple aimé une boîte un peu plus réactive, notamment au rétrograde. Mais l’engin est tout de même exceptionnel. Quelques tours effectués en fin de cession avec un vrai pilote nous ont permis de découvrir d’autres limites, et regretté d’avoir été un peu timide par endroit. Ce sera peut-être pour la prochaine fois

Bilan de l’essai Alfa Romeo Giulia GTAm

Proposée à un prix indécent -près de 210 000 € avec le malus, hors option- la GTAm a néanmoins connu un grand succès. Tous les exemplaires disponibles sont réservés. On la retrouvera certainement dans quelques années sur le marché de l’occasion ou au travers de ventes aux enchères. Elle n’est pas la sportive parfaite, mais elle possède une âme qui risque de disparaître avec l’électrique. Rien que pour cela, elle est déjà collector.

TECHNIQUE 

Moteur

Type : V6 biturbo

Position : transversale avant

Distribution : 4 soupapes par cylindre

Injection : directe 

Cylindrée :  2 891 cm3

Puissance : 540 ch à 6 500 trs/mn

Couple : 600 Nm à 2 500 trs/mn

Transmission

Mode : propulsion

Boîte de vitesses : BVA (double embrayage), 8 rapports

Châssis 

Type : acier 

Freinage AV : disques ventilés 

Freinage AR : disques ventilés

Suspensions AV/AR : pilotées

Direction : à assistance électromécanique

Dimensions 

Long / Larg / Haut (mm) : 4,67/1,92/1,40

Empattement (mm) : 2,92 m

Voies AV/AR (mm) : 1 574/ 1 640

Pneumatiques : 265x30R20 (AV)/285x30R20 (AR)

Réservoir (litres) : 58

Performances 

Vitesse de pointe (km/h) : 300

0 à 100 km/h (s) : 3,8

Conso mixte (l/100 km) : 10,8

Poids

A vide (kg) : 1 580

Prix : 176 400 €

Malus : 30 000 €

Inscrivez-vous à la newsletter