Essai Mustang Mach-E sur glace !

Est-il possible de s’amuser sur une piste de glace avec une voiture électrique ? C’est à cette question que Ford nous a proposé de répondre en prenant le volant d’une Mustang Mach-E GT sur le circuit de Flaine (Haute Savoie).

Petit rappel Ford Mustang électrique

Ford change et arrête la production des Fiesta, Mondeo, C-Max, S-Max… Un grand chambardement qui mène la marque à se repositioner sur 4 grandes familles :

  • Ultimate Outdoor (4X4)
  • Urban Escape (véhicules urbains)
  • Aventure active (SUV)
  • Wild Performance (voitures de sport)

C’est dans cette dernière catégorie que se trouve la Mustang. Cette Ford que nous connaissons depuis 1964 sous la forme d’un coupé ou d’un cabriolet est essentiellement appréciée avec un bon gros moteur V8 sous le capot comme sur la Mach 1 ou encore la GT 500. Mais le monde change et les enjeux écologiques imposent de réduire les émissions de CO2. Du coup, la mustang c’est aussi un SUV électrique… Notre monture était une Mustang électrique Mach-E GT équipée de série d’une transmission intégrale et d’une batterie à autonomie étendue pour une puissance de 487 ch, un couple de 860 Nm et une accélération de 0 à 100 km/h en 3,7 secondes sur le sec.

Sur le circuit de Flaine

Le circuit de Flaine est composé de deux pistes. L’ancienne, vallonée et qui sert toujours, s’est vue complétée en contre-bas par une version plus grande et plate. C’est sur cette dernière que nous avons évolué, avec des pneus clous disponibles dans le commerce. Deux parcours étaient prévus : la piste pour un roulage classique et un atelier de glisse. 

Afin d’économiser la batterie qui allait être fortement sollicitée et pénalisée par la température extérieure autour de zéro degré, l’essai a eu lieu sans chauffage mais avec les sièges, le volant et le pare brise chauffants en fonction. Ce qui était suffisant pour ne pas avoir froid, le reste de la chaleur étant généré par le conducteur qui s’est pris pour un pilote. 

Accompagné par un moniteur qui n’était pas là pour brider les ardeurs mais pour conseiller, tout à commencé par deux tours de découverte. C’est plus prudent pour tout le monde surtout grâce aux aides à la conduite. L’occasion de se rendre compte que sur la glace il faut être patient au moment de prendre un virage. Il faut aussi anticiper. Le transfert de masse sur la mustang ne m’est pas apparu aussi sensible par exemple qu’avec une BMW xDrive. 

Mode d’emploi

Piloter une voiture électrique sur la glace est nettement plus simple qu’une thermique. Avec cette dernière, surtout avec une boîte mécanique, il faut gérer le rétrogradage idéalement avec une talon pointe pendant la phase de freinage. Sauf à vouloir inscrire la voiture en glisse avec un blocage de boîte sur une propulsion et remettre les gaz pour gérer la sortie de la courbe par les portières. 

La Mustang Mach E propose trois modes de conduite « Whisper », « Active » et « Untamed ». C’est ce dernier qui s’est montré le plus efficace car il ajuste la direction mais surtout améliore le temps de réponse de l’accélérateur. Toutes les aides à la conduite sont alors déconnectées.

Durant la première étape, en phase de freinage, on s’occupe de rien ou presque. On gère cette phase et on inscrit la voiture à la corde. 

La deuxième étape consiste à provoquer la glisse. Grâce au couple phénoménal et à sa disponibilité dès les premiers millimètres de la course de la pédale d’accélérateur, on provoque une glisse bien aidée par la transmission intégrale qui privilégie les roues arrière. A partir de là, il convient d’être patient. 

La troisième étape est la plus « fun » car il s’agit de gérer la glisse ! Ce sont le pied droit et le volant qui vont vous permettre d’entretenir une belle glisse en sortie de courbe. 

Sur l’enchaînement droite/gauche/droite qui suit l’épingle, on arrive à tout faire « par les portières ».  Le volant peut aller jusqu’à la butée de braquage et il suffit de relâcher l’accélérateur pour repartir dans l’autre sens. 

La mustang se révèle, malgré son poids de près de 2 300 kilos, très équilibrée et très saine. 

Je pensais que le manque de bruit du moteur, qui sert aussi de repère, serait un problème mais ce n’est pas vraiment le cas pour le pilotage. Par contre pour le plaisir…

Notre séance passait aussi par une session sur la piste de glisse, en mode « donut » et autres « appel / contre appel ». La transmission nous a un peu surpris en passant en propulsion sans prévenir. Tête à queue assuré ! Une prise en défaut due à l’usage extrême que nous en faisions à ce moment là. 

Conclusion 

Piloter sur glace une mustang électrique est un exercice amusant. C’est aussi nettement plus simple qu’une voiture thermique. Reste l’absence de bruit moteur… Je vais avoir beaucoup de mal à m’y faire.

Texte : P HORTAIL

Photos : Ford France