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Formula E : Jean-Eric Vergne victorieux à Rome

Le double champion de la discipline s’est imposé à l’occasion du premier des deux E-Prix de Rome. La seconde course a été plus difficile (11ème) mais le pilote tricolore a montré de belles choses.

Le départ derrière la voiture de sécurité pour les deux courses, c’était vraiment nécessaire ?

Oui, c’était indispensable. Entre le sol détrempé et l’étroitesse de la piste, c’était clairement trop risqué. On est là pour faire la course et délivrer un spectacle, pas pour tout casser au premier virage. En essais ou en course, j’ai d’ailleurs manqué à plusieurs reprises de me mettre dans le mur. C’était extrêmement piégeux. Ce circuit urbain comprend des parties de goudrons différentes, des plaques d’égout ou des peintures de signalisation routière en pleine trajectoire…

Jean-Eric Vergne, sur sa DS E-Tense FE21, devance Lucas Di Grassi (Audi Sport ABT Schaeffler) et Andre Lotterer (Tag Heuer Porsche)

Vous vous êtes retrouvé aux prises avec quatre poursuivants qui avaient activé leur mode Attack, et qui profitaient donc de plus de puissance que vous. Comme gérez-vous ces moments ?

Ma stratégie, c’était de passer devant Lucas (Di Grassi, Ndlr), et je pensais qu’en prenant mon mode Attack avant lui j’aurais plus de chance de le faire. Ensuite, c’est un effet domino. Une fois que le premier active son mode Attack, tout le monde suit. Comme cela ne dure que quelques minutes (4, Ndlr), il faut ensuite résister quand on moins de puissance et que les autres poussent.

Dans la voiture, êtes-vous informé de qui roule à puissance normale ou majorée (deux fois quatre minutes à 225 kW au lieu de 200 kW) ?

Oui, bien sûr. Cela fait partie des informations qui permettent d’affiner nos décisions. Pendant un E-Prix, chaque pilote est en relation permanente avec son ingénieur, la stratégie peut alors évoluer en fonction des faits de course ou des positions. 

Lors des deux courses, aucun pilote du groupe de qualification numéro 1 n’est arrivé en super pole position. Sortir du premier groupe, c’est impossible ?

Pas toujours, mais en tous cas ce week-end, avec la pluie, il est certain que c’était injouable. Les premiers sèchent un peu la trajectoire pour les autres, qui profitent d’une piste avec plus de grip.

Vous préférez les week-ends avec une ou deux courses ?

Je déteste les week-end avec deux courses. Je trouve que c’est trop compliqué pour les fans, il n’y pas de grand vainqueur du week-end. Pour les constructeurs, ce n’est pas lisible non plus. Personne ne gagne vraiment. Actuellement, c’est le Covid qui nous poussent à faire ça, mais quand ce sera fini il faudra absolument éviter cela. Evidemment, si vous demandez à celui qui a la meilleure voiture à ce moment-là, il va dire que c’est bien… Mais j’essaie d’être neutre, et je trouve que deux courses qui se suivent ne représentent pas ce qu’est la Formule E. La Formule E c’est une journée, des essais, des qualifs et une course.

Le côté pneu « tous temps », les Michelin Pilot sport EV, est-ce que ça vous plait ?

Le gros avantage c’est qu’on n’a pas besoin de changer de pneus, de passer en gomme pluie. Moi ce pilotage me plait, ces pneus sont très bons. Je dois dire que je suis déçu que Michelin parte à la fin de la saison prochaine (fin 2022, Ndlr)

Comment allez-vous préparer les prochaines courses ?

On va se réunir avec les ingénieurs, on va faire comme si on n’avait pas gagné. Cela permet de tout remettre à plat, de garder la tête froide. Quand tu gagnes, les autres ont faim, toi un peu moins, et c’est là où tu te fais avoir. Donc, par principe, je préfère être dans cet esprit. C’est bon pour fédérer une équipe.

Vous avez inauguré le nouveau groupe motopropulseur, est-ce que cela a changé quelque chose pour vous ?

Non, rien du tout. Je ne m’attendais pas à une révolution et c’est normal. On a progressé sur des petits détails, et la pluie nous a empêché de montrer nos véritables performances. Mais ce qui est sûr, c’est que cette voiture est bien née, notre victoire lors de la première course l’a démontré.

Qu’est-ce que vous retiendrez de ce week-end à Rome ?

La victoire, même si j’aurais préféré gagner la seconde course que la première, afin de finir sur une note plus positive. D’un autre côté, la seconde course, médiocre pour moi, nous laisse sur notre faim et va nous obliger à travailler dur pour les deux E-Prix de Valence, dans deux semaines.

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