Genesis GV90 : pour redéfinir les codes du luxe

Avec son nouveau vaisseau amiral GV90, Genesis compte bien séduire les magnats de l’or noir et l’aristocratie grâce à un SUV délirant qui redéfinit les codes du luxe.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Genesis

GV90, Genesis veut battre Maybach sur le très haut de gamme

En bref :

  • Un gabarit colossal décliné en version longue « Neolun » avec portes antagonistes spectaculaires.
  • Une architecture électrique sur mesure offrant 500 km d’autonomie et une charge ultra-rapide.
  • Un habitacle digne d’un spa coréen, doté d’un plancher chauffant en bois et d’un écran géant rétractable.

Genesis, la marque premium du constructeur Hyundai, vient de lever le voile sur son GV90, un vaisseau amiral qui pourrait enfin offrir à la marque coréenne la lumière qu’elle convoite tant depuis son arrivée sur le marché en Europe en 2021. Ce colosse débarquera sur le Vieux Continent après un premier lancement sur son marché national en 2027, avec un tarif qui pulvérisera sans l’ombre d’un doute la barre des 100 000 € et probablement avec une belle marge.

Plantons le décor : le Genesis GV90 trônera au sommet de la gamme aux côtés de la limousine G90, et se déclinera en deux longueurs, à l’instar d’un Range Rover ou d’une Mercedes Classe S. Ne vous fiez d’ailleurs pas à l’appellation « châssis court » du modèle de base : ce mastodonte de 5,2 m surpasse déjà de 30 mm un Range Rover à empattement rallongé, tout en conservant des portières classiques et en proposant des configurations à deux ou trois rangées de sièges.

Cependant, le véritable clou du spectacle sera la variante allongée baptisée « Neolun ». Si sa longueur totale reste encore nimbée de mystère, elle troque ses ouvrants classiques contre des portes arrière antagonistes, comme sur le modèle d’un Rolls-Royce Cullinan. Mais à la différence de la prestigieuse anglaise (et de la quasi-totalité des véhicules dotés de ces portières dites « suicide »), le pilier B est directement intégré à la porte. Résultat : une ouverture béante et spectaculaire lorsque les portes avant et arrière sont déployées.

Une architecture sur mesure pour un géant survolté

Le constructeur coréen assure avoir réussi ce tour de force sans sacrifier la rigidité de la structure. En intégrant le pilier B à la portière elle-même, les ingénieurs ont renforcé l’ensemble du châssis environnant pour compenser. Les deux déclinaisons reposent d’ailleurs sur la Mobility Prime (eMP), une toute nouvelle plateforme électrique conçue sur mesure, exclusivement réservée au GV90 pour le moment. Loin de se contenter de supporter la carcasse gargantuesque et le pack batteries du SUV, elle a été taillée pour accueillir un arsenal technologique inédit chez Genesis, à l’image d’une suspension pneumatique multichambre et de roues arrière directrices.

Côté fiche technique, le GV90 embarquera une batterie monstre de 123,5 kWh, capable d’encaisser des pics de charge de 350 kW pour passer de 10 à 80 % en seulement 22 minutes. L’autonomie est estimée à environ 500 km : ce n’est certes pas une révolution, mais le futur Range Rover électrique ne fera guère mieux. Toutes les déclinaisons du GV90 seront propulsées par une architecture à double moteur, délivrant une puissance combinée de 656 ch et 800 Nm de couple. Chaque bloc électrique est épaulé par son propre différentiel à glissement limité sous contrôle électronique, un renfort de poids au sens propre comme au figuré, pour mouvoir sans ciller les 3 tonnes de la bête.

Un écrin de céramique à l’élégance foudroyante

Le sel du GV90 ne réside pas tant dans l’expérience au volant que dans celle de l’admirer mais de s’y faire conduire. Sur le plan stylistique, le SUV pousse le langage visuel de Genesis encore un peu plus loin. Ses lignes pures et galbées s’inspirent des délicates poteries traditionnelles coréennes, rehaussées de détails aussi élégants que séduisants.

Les phares en sont la parfaite illustration : ils s’étirent harmonieusement sur toute la face avant pour épouser la calandre Genesis. Mais approchez-vous, et vous constaterez qu’il est presque impossible de discerner les modules d’éclairage, habilement dissimulés derrière un fond scintillant. Ces lignes lumineuses filent jusqu’aux flancs du véhicule, se muant en clignotants une fois activées. La poupe hérite de cette même signature à double trait et, comme à l’avant, les feux arrière se fondent littéralement dans la carrosserie.

Un large éventail de jantes et de coloris sera proposé au catalogue, incluant des livrées bicolores pour les versions Neolun. La monte pneumatique débutera à 22 pouces, mais la majorité des modèles chaussera d’imposantes jantes de 24 pouces, livrées de série sur le Neolun. Outre sa longueur majorée et ses portes antagonistes, cette déclinaison s’illustre par des finitions en acier inoxydable sur le pilier B, sa seule véritable distinction visuelle.

Spa coréen et cinéma numérique embarqué

À l’intérieur, les designers ont fait table rase du passé pour inaugurer une toute nouvelle philosophie. L’habitacle s’articule autour d’une interface numérique singulière qui lui confère une véritable identité face à ses concurrents. La planche de bord à plusieurs niveaux est quasiment vierge de toute commande physique, à l’exception de quelques boutons de raccourcis flanquant la molette de volume centrale. La console centrale conserve tout de même une molette de défilement classique et quelques commandes supplémentaires, notamment pour actionner les portes motorisées.

La pièce maîtresse de cet habitacle reste son écran. Il n’y en a qu’un, certes, mais il affiche une diagonale généreuse de 23,6 pouces. Trônant au centre de la planche de bord, il centralise les fonctions vitales du véhicule tout en servant de combiné d’instrumentation. Une fois à l’arrêt, la dalle peut s’élever de 90 mm pour dévoiler une surface totale de 24,6 pouces : idéal pour se faire une toile le temps d’une recharge.

Ce système fonctionne de concert avec un nouvel affichage tête haute de 25 pouces qui fera véritablement office de tableau de bord principal pour le conducteur, en projetant la vitesse, les indications GPS et bien plus encore. L’ensemble de l’info-divertissement s’appuie sur la dernière plateforme logicielle de Hyundai (déjà croisée sur ses modèles récents), mais avec une interface graphique et une arborescence des menus propres à Genesis.

Le summum du raffinement pour couronner la gamme

L’opulence se poursuit avec un système audio Bang & Olufsen de 25 haut-parleurs, de tentaculaires jeux de lumière d’ambiance et un toit vitré électrochrome panoramique. Mais grimpez à bord du Neolun Executive Suite, et l’expérience bascule dans la démesure. À l’instar d’un Rolls-Royce Cullinan, cette configuration fait l’impasse sur la troisième rangée. La banquette arrière cède sa place à deux fauteuils « capitaine » séparés par une imposante console centrale abritant un réfrigérateur. Autre raffinement exquis : le plancher se pare d’un véritable placage en bois doté d’un chauffage au sol. Une ambiance bien plus proche d’un spa coréen que de l’épaisse moquette en laine de la britannique.

Dans cette finition ultra-luxueuse, le coffre est hermétiquement séparé de l’habitacle par une cloison en verre. Quant au cuir, il enveloppe absolument tout, des sièges aux accoudoirs en passant par les contre-portes, et presque chaque élément est chauffant. Dernière trouvaille astucieuse de cet inventaire : le sélecteur de vitesses se place en position verticale derrière le volant lorsque la voiture est stationnée, afin de ne pas obstruer la vue des passagers profitant de l’écran géant.

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