Le gouvernement britannique au secours de Jaguar Land Rover
Jaguar Land Rover, victime d’une cyberattaque mettant à l’arrêt sa production, reçoit l’aide du gouvernement britannique prêt à verser près d’un milliard sept cent mille euros.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Jaguar Land Rover
Le gouvernement britannique offre une garantie de 2 milliards à JLR
Après un mois de paralysie causée par une cyberattaque qui a stoppé net les usines du constructeur automobile britannique, JLR retrouve un semblant d’espoir. Les chaînes de production de Jaguar Land Rover (JLR) devraient redémarrer cette semaine, mais le retour à la normale reste incertain. Vendredi, le gouvernement britannique a annoncé une garantie pour un prêt de 1,5 milliard de livres (environ 1,7 milliard de d’euros au taux de change actuel), contracté auprès d’une banque privée, selon Bloomberg. Ce soutien permettra à JLR de maintenir à flot sa chaîne d’approvisionnement et de préserver des emplois qualifiés, comme l’a souligné Peter Kyle, secrétaire d’État au Commerce et à l’Industrie. Le prêt, que JLR devra rembourser sur cinq ans, vise à stabiliser un secteur crucial pour l’économie britannique.
En effet, au-delà de la sauvegarde des marques emblématiques Jaguar et Land Rover, le gouvernement cherche à protéger un écosystème économique vital. JLR, plus grand constructeur automobile britannique, emploie directement plus de 30 000 personnes et soutient indirectement environ 120 000 emplois dans sa chaîne d’approvisionnement au Royaume-Uni, selon Bloomberg. Ces fournisseurs, essentiels à de nombreux autres petits constructeurs britanniques, dépendent largement de la santé financière de JLR.
Une aide insuffisante pour sortir de l’impasse ?
Cependant, cette aide pourrait ne pas suffire. Selon Automotive News, JLR chercherait à lever 2 milliards de livres supplémentaires (environ 2,3 milliards de d’euros) auprès de banques privées pour compenser les perturbations causées par l’attaque. Dans un communiqué publié le 29 septembre, relayé par Autocar, JLR a confirmé que certaines sections de ses usines redémarreront dans les prochains jours, de manière « contrôlée » et « progressive ». Cette annonce intervient quatre jours après que l’entreprise a réussi à réactiver partiellement ses systèmes informatiques, mis hors service depuis la détection de la cyberattaque le 31 août. Ces systèmes permettront notamment de reprendre les paiements aux fournisseurs et d’acheminer des pièces vers les centres de réparation à l’arrêt.
Malgré ces avancées, les défis financiers restent colossaux. David Bailey, économiste à l’université de Birmingham, a estimé dans le Financial Times que JLR pourrait perdre plus de 4,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en raison de cette crise. Un coup dur aggravé par l’absence d’assurance cybernétique au moment de l’attaque, comme l’a relevé le journal. Pour compenser, JLR pourrait multiplier les variantes haut de gamme de ses Range Rover, à forte marge, dans les mois à venir. Un retour à la normale s’annonce donc laborieux pour ce fleuron de l’industrie britannique.


