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Essai Renault Arkana E-Tech : au volant du SUV hybride

Le Losange décline sa technologie hybride sous le capot du Renault Arkana E-Tech. Une version utile pour ceux qui naviguent principalement en zone urbaine. Car en dehors des villes l’agrément n’est pas toujours au rendez-vous.

D’une manière générale, les motorisations hybrides démontrent leur potentiel en ville. Le Renault Arkana E-Tech ne déroge pas à la règle. Reprenant la technologie de la Clio, ce SUV coupé -le premier du genre chez un constructeur généraliste- a de quoi séduire, tout au moins sur le papier. Il affiche une consommation basse, promet un agrément de conduite tout en souplesse, et un niveau de puissance suffisant.

L’Arkana E-Tech hybride est un concentré de technologies, parfois issues de la Formule 1, comme se plait à le rappeler Renault. Animé par un moteur atmosphérique 1.6 de 94 ch associé à deux petits blocs électriques de 36 kW (50 ch) et de 15 kW (20 ch), le modèle revendique une puissance cumulée de 143 ch. Le boîte de vitesses, automatique, répond quant à elle à des lois particulières, et se veut agile (15 lois de fonctionnement) selon les situations. Elle est censée répondre à toutes les sollicitations, mais aussi s’adapter à la puissance autorisée par l’énergie restant dans la batterie du système hybride, dont la capacité maximale est de 1,2 kWh. A noter que certains rapports de boîte sont aussi directement connectés à l’un des deux moteurs électriques, ce qui permet de faire descendre la consommation de carburant.

Le Renault Arkana E-Tech est un modèle soigné

Extérieurement, la robe de cette version RS Line, la finition qui correspond le mieux à l’esprit du modèle, lui donne fière allure. Cette livrée n’est pas donnée (36 100 €) mais elle se situe dans la même veine tarifaire que par exemple le nouveau Kia Niro, moins spectaculaire en design. A l’intérieur, c’est l’ambiance sportive qui domine avec des inserts imitation carbone et aluminium, des sièges façon alcantara agrémentés de liserés rouges. Il ne s’agit pas de sièges sport, mais ils augmentent le maintien latéral. La finition est d’assez bon niveau, avec des matériaux agréables à l’oeil qui respirent parfois un peu trop l’économie lorsqu’on les touche. L’ambiance lumineuse peut s’ajuster selon 8 couleurs, et l’écran tactile de 9,3 pouces (un peu lent à l’utilisation) est ici livré en série. En clair, l’Arkana RS Line fait tout pour se rendre agréable et il parvient presque.

La finition du Renault Arkana RS Line est assez spectaculaire. La qualité des matériaux est variable selon les endroits.

L’Arkana E-Tech préfère la ville

C’est le propre des motorisations hybrides, mais l’Arkana pousse le trait. Il lui faut non seulement de l’urbain pour que l’électrique prenne le relais le plus souvent possible, mais aussi un terrain plat. En effet, les pentes à forte déclivité se soldent par une montée en régime injustifiée de la mécanique, et une grande peine à passer le rapport supérieur. Nous l’avons constaté à plusieurs reprises dans différentes configurations, lors de notre essai réalisé dans les Ardennes. En ville ou en zone péri-urbaine l’Arkana utilise volontiers sa technologie hybride. Les démarrages sont toujours en électrique, et on peut même parcourir quelques centaines de mètres sans utiliser de sans-plomb. Le démarrage du moteur 1.6 est assez discret et apporte juste ce qu’il faut en termes de puissance. Dans ces conditions, et sans dépasser 70 km/h, on peut même espérer une consommation moyenne d’environ 5l/100 km.

Les longs trajets se vivent différemment

Sorti de la ville, l’Arkana hybride devient une voiture assez molle à l’accélération, car elle manque de panache mécanique. A vitesse stabilisée tout va bien, mais les accélérations, parfois un peu saccadées et bruyantes, ne la mettent pas en valeur. Les passagers se consoleront avec un espace habitable de bon niveau (coffre de 480 litres plutôt pratique), et un confort qui s’apprécie aussi en conduite rapide. L’Arkana bénéficie du savoir-faire Renault en matière de tenue de route. Le châssis est affûté, et dynamise ce SUV aux lignes acérées. A petite vitesse, les jantes de 18 pouces génèrent des petites trépidations mais le caractère directe de la direction et le comportement routier donnent le sourire. Reste la sensation médiocre de la pédale d’accélérateur, notamment en début de freinage, lorsque la régénération de la batterie du système hybride est à son maximum.

Bilan de l’essai Renault Arkana E-Tech

En voulant faire différent, Renault ne fait pas mieux que les autres en termes d’agrément de conduite. L’hybridation, qui passe par l’adoption d’une transmission automatique autre que conventionnelle pose des problèmes. Chez Toyota, c’est le caractère glissant de la boîte CVT (le moteur hurle à l’accélération), chez Renault, c’est une technologie complexe qui peine à convaincre même si à basse vitesse l’agrément est là. La consommation est bien maitrisée en conditions urbaines, ce qui fait de l’Arcane E-Tech le premier SUV coupé généraliste, mais aussi le premier SUV coupé urbain, même si ses dimensions laissent à penser qu’il est plus polyvalent.

Fiche technique Renault Arkana E-Tech

Moteur

Type :  1.6

Position : longitudinale avant

Puissance (ch) : 94 + 69 (machine électrique synchrone à aimant permanent), 145 en cumulé

Couple cumulé (Nm) : 280

Transmission

Mode : aux roues avant

Boîte de vitesses : automatique, multimodes

Système hybride

Batterie : Lithium ion polymère

Puissance (kWh) : 1,2

Châssis 

Type : monocoque acier

Freinage AV : disques ventilés

Freinage AR : disques ventilés

Suspensions AV/AR : pseudo Mc Pherson/essieu semi-rigide

Direction : électrique

Dimensions 

Long / Larg / Haut (m) : 4,57/1,82/1,57

Empattement (m) : 2,72

Pneumatiques : 215X55R18

Volume du coffre (l) : 480 à 1 263

Performances 

Vitesse de pointe (km/h) : 172

0 à 100 km/h (s) : 10,8

Conso mixte (WLTP, l/100 km) : 5,2

Rejets de CO2 (g/km) : 112

Poids

A vide (kg) : 1 435

Prix (€) : à partir de 36 100 € en RS Line

Malus (€) : 0