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Motul et les 24 Heures du Mans : mets de l’huile !

Les plus grands équipementiers sont au chevet des écuries à l’occasion de la 90ème édition des 24 Heures du Mans. Les ingénieurs de Motul et leur laboratoire mobile travaillent en collaboration avec les ingénieurs motoristes. Ils leur apportent conseils et enseignements grâce à de curieuses machines capables d’analyser la qualité de l’huile en quelques secondes.

Sur le circuit des 24 Heures, comme souvent lors des grandes compétitions, chaque écurie dispose de techniciens chevronnés. Mais ils ont également du soutien de leurs partenaires techniques extérieurs. Les ingénieurs de Motul sont de ceux-là. Au même titre que ceux de TotalEnergies pour le carburant, ou de Michelin et Goodyear pour les pneus, ils agissent au plus près des écuries pour les aider à déployer leur stratégie de course.

Dans les entrailles mécaniques des voitures de 24 Heures du Mans, on trouve de la Motul 300V Compétition. Cette huile, que l’on peut acheter dans le commerce, a d’abord fait ses débuts en course. Motul, comme beaucoup, utilise le sport automobile comme un laboratoire de développement. Actuellement, c’est le MotoGP qui lui sert de cobaye, car les sollicitations mécaniques y sont extrêmes.

Une longue histoire avec la compétition

Partenaire de l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) depuis 1954 et fournisseur de lubrifiant officiel du WEC depuis 2016, Motul intensifie sa présence aux 24 Heures du Mans. Aujourd’hui, l’industriel du graissage vit sur chaque course d’Endurance au plus près des écuries qu’il équipe. L’ACO lui en est reconnaissant puisque le Virage du Raccordement a été rebaptisé pour cette 99ème édition des 24 Heures le « Virage du Raccordement Motul ». A noter que l’entreprise française est déjà présente ailleurs dans le monde de l’Endurance, puisque la course américaine de Petit Le Mans, sur le circuit de Road Atlanta (Georgie) en clôture du championnat IMSA s’appelle « Motul Petit Le Mans ».

L’huile, c’est le sang du moteur

Et c’est précisément pour cette raison qu’elle doit être analysée. Car son bilan est riche d’enseignements. Non seulement en ce qui concerne le taux d’usure et les éventuelles souillures que le lubrifiant aurait pu recevoir, mais aussi sur une éventuelle anomalie mécanique. Par exemple, le laboratoire mobile de Motul peut permettre de déceler la faiblesse d’une pièce mécanique, comme par exemple une pompe à eau ou un piston. L’huile peut aussi alerter sur la présence de poussière. Il parait que le circuit du Mans est assez poussiéreux…Mais pour détecter cela, il faut pouvoir faire des analyses d’huile partout et rapidement. Et c’est ce que sait faire Motul sur n’importe quel circuit, en quelques minutes seulement.

Des outils de diagnostique nomades

Au Mans, le laboratoire se résume à un caisson en métal posé à la sortie du paddock. A l’intérieur, la machine la plus importante pour l’analyse de l’huile, mais aussi la plus spectaculaire lorsqu’elle est en fonctionnement (elle génère un arc électrique qui passe à travers de l’huile), c’est le spectromètre. Il s’agit d’un appareil de mesure permettant de décomposer une quantité de « matière » de manière à comprendre son comportement. Les ingénieurs disposent également d’un viscosimètre, qui mesure la viscosité, et d’un appareil qui analyse le taux d’oxydation. Toutes ces opérations, qui relèvent de la chimie, sont ensuite retranscrites et interprétées de manière mécanique.  Chaque analyse est consignée dans un rapport, puis archivée. Elle permettra de suivre les différentes évolutions au fil du temps.

Chaque écurie a ses habitudes

Si nous faisons la vidange de notre voiture tous les 15 000 km à 30 000 km, dans le monde de la course cela peut arriver tous les jours, après seulement quelques heures de roulage. Dans le pire des cas, comme par exemple aux 24 heures du Mans, cela ne peut se faire qu’au bout de 5 000 km. C’est donc sur ce genre de courses qu’il est important de multiplier les analyses avant le jour du départ, afin de connaître au préalable l’évolution de la vie de l’huile. En Endurance, chaque écurie a ses habitudes. Celles qui ont un doute suite à une analyse multiplie les recherches, et les autres ne font que des prélèvements de contrôle, plus éloignés.

Huile sur-mesure

Motul est peu présent en première monte, car ses capacités de production ne sont pas démesurées : 75 000 tonnes par an, soit environ 70 millions de litres. Il est un peu plus actif en deux-roues, car les volumes de carter plus faibles. Hormis la vente classique, l’entreprise française préfère alors se concentrer sur des huiles spécifiques, et accentuer sa présence en compétition. Elle officie aujourd’hui également en IMSA (championnat nord-américain), et au Dakar, où cette fois le laboratoire d’analyse se situe dans un camion.

Motul truck during the Dakar 2019, Stage 6, Arequipa – San Juan de Marcona, peru, on january 13 – Photo Antonin Vincent / DPPI