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Petit Le Mans : dans les coulisses de la course

Il y a des endroits où le Covid ne semble jamais avoir existé. C’est le sentiment que nous a laissé la course de Petit Le Mans, en clôture du championnat d’Endurance Nord-Américain IMSA.

Petit Le Mans, c’est une course qui réunit généralement entre 60 000 et 80 000 spectateurs sur le Michelin Raceway Road Atlanta chaque mois d’octobre. L’an dernier, la jauge de 5 000 à 10 000 spectateurs avait transfiguré les lieux, et surtout modifié l’ADN de la course US, avec d’un côté les spectateurs, et d’un autres les gens qui travaillent sur la course, chacun dans sa bulle. Cette année, pour des raisons de pandémie, le calendrier a été bouleversé mais c’était reculer pour mieux sauter : une fois les barrières sanitaires relevées, le circuit a pu accueillir comme chaque année normale des dizaines de milliers de fans en trois jours d’activités.

Road Atlanta est un lieu de fête

Animations pour petits et grands, expositions de voitures, réunions de clubs, l’enceinte du circuit a été conçue pour accueillir tous genres d’activités support. Mais les américains se débrouillent déjà très bien seuls pour amener leurs camping-cars géants, leurs bières et leur barbecue dans  » l’infield « , autrement dit l’espace disponible à l’intérieur du tracé du circuit. Il y règne une ambiance tout à fait conviviale, où les spectateurs viennent bien souvent pour plus d’une journée. Cette année, comme il y a deux ans et les années précédentes, en configuration normale, les espaces étaient pleins. Signe que les américains n’ont pas peur du virus et que, plus que tout, ils ont envie de vivre et de faire des activités.

Revoir des pilotes à Petit Le Mans

C’est le propre des courses aux Etats-Unis : aller à sa guise auprès des voitures, rencontrer les pilotes, bref être au coeur de l’action. Depuis le Covid, ce n’était plus possible. Les spectateurs étaient dans une bulle, et les acteurs du championnat dans l’autre. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre , à tel qu’on pensait jamais revoir ce joyeux bazar ambiant avec du monde partout. « Ce changement est récent », indique Tony Ménard, directeur de Michelin Motorsport North America. « Les états ont leurs propres règles, et si la Californie est plus stricte, ici en Georgie c’est assez relâché. Du coup, nous avons pu inviter des personnes de Clermont-Ferrand, 200 employés américains et leur famille, mais aussi plus de 70 de nos plus gros clients. L’IMSA est pour nous une plateforme très valable en matière de communication et aussi de business. » Il convient de souligner que Michelin a fortement investi sur ce circuit, qui porte désormais son nom.

Des pilotes disponibles

Contrairement à ce qu’on peut voir en Europe, aux Etats-Unis les pilotes sont visibles et abordables. Il faut dire qu’ils ne sont pas mis sur un piédestal, mais aussi contraire réputés comme étant au service du public. « Je suis ici depuis plus de 15 ans, et je n’ai jamais eu de problème », indique Sébastien Bourdais, quatre fois champion de Champcar et multiple vainqueur en Indycar et en IMSA. « Comme on est disponibles, on ne génère pas de frustration. En Europe, et plus particulièrement au Mans en ce qui me concerne, c’était très difficile lorsque j’étais en Formule 1, puis lors des 24 Heures avec Peugeot. A ce moment-là, il n’était pas facile d’aller au restaurant tranquillement. »

Lors de la course de Petit Le Mans, depuis le personnel du circuit jusqu’aux spectateurs en passant les écuries, tout le monde a été sincèrement charmant. Sûrement parce que ça fait partie du jeu, et aussi parce que la sympathie et la bienveillance font partie des règles à respecter en sport automobile outre-Atlantique. Voilà qui change de certains circuits européens où le moindre agent de sécurité vous fait comprendre que vous n’êtres pas le bienvenu, et qu’ici vous êtes « chez lui »…

Sur la grille ou près du podium, il y a toujours du monde en ISMA et à Petit Le Mans

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