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Petit Le Mans : Michelin investit à Road Atlanta

Michelin a enfin pu profiter de ses nouvelles installations à Road Atlanta durant Petit Le Mans. Même si le nombre de spectateurs autorisés était réduit à 5 000, la course a bien pu avoir lieu.

Inaugurée il y a tout juste un an, la Michelin Tower a pour la première fois accueilli les invités du manufacturier français sur le circuit de Road Atlanta (Georgie) à l’occasion de la course de Petit Le Mans. Cet édifice fait écho à la « Tour de classement Michelin » que le manufacturier clermontois a érigé en 2013 à la sortie de la ligne droite des stands du circuit des 24 Heures du Mans, mais il est plus grand (5 000 M2) et peut accueillir plusieurs centaines de personnes. Sur quatre étages, on trouve la direction de course, une salle de presse, des salons et des espaces de réception avec un rooftop équipé d’un BBQ. L’Amérique, quoi…

Le montant de l’investissement n’a pas été dévoilé, mais la nouvelle « Michelin Tower » a de quoi impressionner. Détail amusant, les accès aux étages se font par deux ascenseurs opérés par des liftiers, comme dans les grands magasins parisiens pendant les années 60. Seul le nombre de personnes admises a changé, règles sanitaires obligent.

Cette tour, décorée d’un Bibendum géant sur ses côtés aura des usages multiples. Entre les courses, les nombreuses sorties organisées par les clubs et les essais privés des constructeurs, le circuit du regretté Don Panoz (décédé en septembre 2018), reçoit environ 350 000 personnes par an, hors période de pandémie. Cette année, avec 5 000 personnes par course pour les gens travaillant sur les événements, ce sera plutôt dans les 35 000…

Le business avant tout

Mais si Michelin a investi dans cet état du sud des Etats-Unis, c’est d’abord pour des raisons commerciales. « Les études marketing que nous réalisons montrent que les spectateurs qui fréquentent des circuits renommés comme Daytona, Sebring ou Road Atlanta (avec Petit Le Mans) sont ceux qui qui sont le plus à même d’acheter nos pneus, indique Tony Ménard, directeur de Michelin Motorsport pour l’Amérique du Nord. En outre, la compétition et plus particulièrement le championnat IMSA, où nous équipons jusqu’à 120 voitures, nous permet d’engager des discussions avec plusieurs constructeurs ».

Depuis plus de deux ans, date d’annonce du début des travaux de la tour, le circuit a également été renommé « Michelin Raceway Road Atlanta » et l’intégralité du site a été mis aux couleurs du manufacturier tricolore. De quoi permettre aux nombreux ingénieurs de Michelin North America venus depuis Greenville (Caroline du Sud), à moins d’une heure de route du circuit, de se sentir un peu comme à la maison.

Michelin est une marque qui plaît

La partie non visible de l’iceberg, c’est ce que peut rapporter ce genre d’investissement. Aux Etats-Unis, la course automobile est un business énorme, avec des retombées bien plus importantes qu’en Europe. Les américains sont sensibles aux marques qui investissent chez eux, et ils le leur rende bien. « Lorsque nous avons dévoilé nos plans pour le Michelin Raceway road Atlanta, d’autres circuits nous ont contactés », continue Tony Ménard. Ils étaient enthousiastes à l’idée de nous rencontrer pour nous proposer d’autres partenariats, car Michelin est une marque qui plait. Depuis que nous équipons toutes les voitures du championnat IMSA, et que nous avons sponsorisé le circuit, nous ventes ont augmenté. Un outil de communication comme la Michelin Tower, c’est fantastique car nous pouvons y inviter nos distributeurs et, malgré le contexte, nouer des relations privilégiées avec eux. »

L’IMSA plutôt que la Nascar

Avec 60 000 à 80 000 spectateurs par course en temps normal, l’Endurance fait moins recette que la Nascar, qui flirte souvent avec les 200 000 passionnés. Mais l’IMSA (par ailleurs propriété de la Nascar) reste le plan numéro 1 de Michelin. « En Nascar, c’est le show, des crashs sur un ovale, et un profil de spectateur différent, termine Tony Ménard. Les américains qui s’intéressent à l’Endurance, qui aura bientôt une catégorie hybride, correspondent davantage à notre cible. En outre, alors qu’il n’y a que 3 constructeurs en Nascar, il y en a 16 en IMSA. C’est le championnat qu’il nous faut, et le dimensionnement marketing parfait pour augmenter nos ventes sur le territoire américain, où notre marque est de plus en plus appréciée. »

L’édition 2020 de la course de Petit Le Mans a été remportée par la Cadillac n°10 du trio Van der Zande-Briscoe-Dixon. Le meilleur français est Simon Pagenaud, qui termine en 3ème position à bord de l’Acura N°6 partagée avec Cameron et Montoya. Cocorico en catégorie GTLM avec la victoire de Fred Makowiecki, à bord de la Porsche 911 n°…911, dont il partageait le volant avec Matt Campbell et Nick Tandy. A noter, enfin, que la seule voiture 100 % tricolore, confiée à Sébastien Bourdais, Tristan Vautier et Loïc Duval, une Cadillac du Mustang Sampling Racing, termine au pied du podium (4ème) de la catégorie reine (DPi).

La prochaine et dernière manche du championnat IMSA 2020 se déroulera début novembre à Laguna Seca (Californie), avant la grande finale à Sebring (Floride), 15 jours plus tard.

Didier LAURENT

Photos : ©Michelin North America

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