Salon de l’automobile de Bruxelles : un retour en grâce inattendu
Pour la première fois depuis de nombreuses années, le Salon de l’automobile de Bruxelles a retrouvé un véritable rayonnement international. Grands patrons de l’industrie automobile, premières mondiales et plus de 1 000 journalistes accrédités étaient présents. Un succès qui ne doit rien au hasard et qui marque peut-être un tournant pour les salons automobiles européens.
Fondé en 1902, le salon de Bruxelles a connu des fortunes diverses. Important rendez-vous automobile dans les années 1920, il disparaît pendant la Seconde Guerre mondiale avant de renaître dans les années 1950. Progressivement, l’événement perd toutefois de son influence internationale, jusqu’à devenir davantage une foire commerciale qu’un grand salon automobile mondial.

Au début des années 2000, Bruxelles se spécialise dans un autre registre : celui du salon des bonnes affaires. Remises attractives, et offres de financement avantageuses permettent au salon de concentrer jusqu’à 30 % des commandes de voitures neuves en Belgique. Un modèle efficace, mais fragile, qui sera fortement impacté par la crise sanitaire de 2019.
La fin des grands salons traditionnels, une opportunité pour Bruxelles
Depuis la fin des années 2010, les constructeurs automobiles ont progressivement déserté les grands salons internationaux. Les coûts de participation extrêmement élevés, le retour sur investissement difficile à mesurer et la montée en puissance des réseaux sociaux ont profondément remis en cause le modèle traditionnel.
La disparition des salons de Francfort et de Genève a rebattu les cartes. Les constructeurs ont également redécouvert une réalité simple : les clients aiment voir, comparer et découvrir de nombreuses voitures au même endroit. Encore fallait-il proposer un salon plus accessible financièrement, et positionné à une date intelligente, dans le premier semestre de l’année.
Bruxelles, un salon automobile devenu providentiel
En conservant son ADN de salon de vente tout en modernisant son format, le salon de Bruxelles s’est imposé comme un rendez-vous stratégique en début d’année. Plusieurs constructeurs présents lors des éditions 2025 et 2026 soulignent déjà la pertinence du concept.

Sur place, le constat est clair : des stands sobres, des espaces permettant de réellement découvrir les véhicules et une circulation fluide entre les différents halls. Le salon répond aux attentes du public dans un contexte automobile complexe.
Surtout, l’événement est redevenu attractif pour la presse. La présence de nombreux dirigeants de premier plan ainsi que plusieurs premières mondiales et européennes témoignent d’un regain d’intérêt.
Quel avenir pour le salon de l’automobile de Bruxelles ?
Pour s’inscrire durablement dans le paysage automobile européen, le salon de Bruxelles devra poursuivre sa transformation. L’objectif est de maintenir une fréquentation supérieure à 300 000 visiteurs, accueillir plus de 50 marques automobiles et améliorer encore les infrastructures d’accueil.
Dans les allées du salon, le prix moyen d’un stand était évoqué autour d’un million d’euros, prestations comprises. Un chiffre jugé réaliste par des représentants du groupe Stellantis, tout en précisant qu’il s’agit d’un plafond variable selon les marques. L’effet groupe permet par ailleurs de contenir les dépenses, ce qui explique aussi pourquoi des salons comme Paris ou Munich affichent des coûts bien plus élevés.
Conclusion
En trouvant le bon équilibre entre coûts maîtrisés, attractivité médiatique et intérêt pour le public, le salon de l’automobile de Bruxelles pourrait bien s’imposer comme l’un des nouveaux piliers du calendrier automobile européen.


