Aston Martin doit tailler dans le vif pour survivre !

Aston Martin Lagonda ampute ses effectifs de 20 % alors que les droits de douane américains frappent de plein fouet. La firme de Gaydon cherche à survivre.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Aston Martin Lagonda

Aston Martin : Le fleuron britannique face à l’onde de choc américaine

Aston Martin, l’illustre blason de l’automobile britannique, s’apprête à se séparer de près d’un cinquième de ses forces vives. Mercredi, la marque a annoncé une coupe sombre pouvant atteindre 20 % de ses effectifs, cherchant désespérément à panser ses plaies après l’impact brutal des tarifs douaniers américains et une demande chinoise devenue atone. Sur un total de 3 000 employés, ces licenciements visent une économie annuelle de 40 millions de livres (environ 54 millions de dollars). Si le calendrier exact reste flou, le constructeur espère en récolter les fruits dès cette année.

Dans cette course contre la montre, Aston Martin a également réduit la voilure de ses investissements : son plan quinquennal passe de 2 milliards à 1,7 milliard de livres, sacrifiant temporairement l’autel de la technologie électrique. En bourse, après neuf séances de descente aux enfers, l’action a repris quelques couleurs avec une hausse de 5 %.

Une soif de liquidités et un fardeau de dettes

Célèbre pour être la monture favorite de James Bond, la firme peine pourtant à faire couler l’argent dans ses caisses et à dompter une dette colossale de 1,38 milliard de livres, malgré les perfusions de capitaux injectées par son président, le milliardaire Lawrence Stroll. Le constructeur qualifie les taxes américaines d’« extrêmement perturbatrices » et la demande en Chine — premier marché mondial — de « particulièrement anémique ».

Si de nouvelles sorties de fonds sont à prévoir en 2026, la marque anticipe toutefois une « amélioration matérielle » de ses finances. Elle mise pour cela sur la livraison de 500 exemplaires de sa nouvelle supercar hybride, la Valhalla. L’an passé, le constructeur a accusé une perte d’exploitation de 259,2 millions de livres. Pour écoper l’eau du navire, Aston Martin a vendu, la semaine dernière, les droits perpétuels d’image de son écurie de Formule 1 pour 50 millions de livres.

Le trône de la F1 sacrifié pour survivre

C’est un choix de raison face au chaos : vendre le droit d’utiliser son nom en F1 pour renflouer les coffres après une année de tourmente. Face aux pressions douanières et à la frilosité des marchés nord-américains et chinois, la marque a averti vendredi que ses pertes annuelles seraient plus lourdes que prévu, provoquant une chute de son titre de plus de 4 %.

Cet accord avec AMR GP Holdings, qui gère l’écurie de course, doit permettre de « solidifier la position de liquidité du groupe ». Tout au long de l’année, Aston Martin a multiplié les bouées de sauvetage, entre l’injection de 162 millions de dollars par Lawrence Stroll et la cession de ses parts dans l’écurie en mars dernier. En octobre, face à une consommation chinoise « éteinte », le constructeur avait déjà réduit ses dépenses en recherche et développement.

La transaction sur les droits de marque devra recevoir l’aval des actionnaires, s’agissant d’une opération entre parties liées impliquant Lawrence Stroll. Cependant, les principaux piliers de l’entreprise (Yew Tree, Geely et Mercedes-Benz), représentant 54 % du capital, se sont déjà engagés à voter en faveur de cette vente. Aston Martin a confessé une baisse de 10 % de ses livraisons cette année. L’espoir réside désormais dans l’horizon 2026 : le rugissement de l’Hypercar Valhalla et une cure d’austérité drastique devront permettre à la marque de retrouver sa superbe.

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