Bosch supprime 13 000 emplois dû au marché automobile en crise
Le géant allemand Bosch, premier équipementier mondial, va supprimer 13 000 postes d’ici 2030. L’annonce traduit la pression qui pèse sur l’industrie automobile.
Texte : Gaël Angleviel / Images : DR
Bosch licencie en masse face à un gros déficit
Le marché du secteur automobile, confronté à une demande en berne, à des coûts élevés et à une concurrence accrue mettant le groupe dans une situation délicate et un déficit annuel évalué à 2,5 milliards d’euros. Dans un communiqué, Bosch précise vouloir réduire ses charges « le plus rapidement possible ». Outre les suppressions d’emplois, le plan prévoit une baisse des coûts de production et de logistique, une limitation des investissements dans les infrastructures ainsi qu’une optimisation de la chaîne d’approvisionnement.
Les coupes toucheront principalement les sites allemands, dans l’administration, la vente, le développement et la production. Stefan Grosch, membre du directoire et directeur des relations sociales, reconnaît la dureté de la décision : « C’est très douloureux pour nous, mais il n’y a malheureusement pas d’alternative. » Le PDG Stefan Hartung avait déjà évoqué ce mois-ci des « ajustements structurels ». Il prévoit néanmoins une légère progression du chiffre d’affaires, estimée à +2 % en 2025, après 90,5 milliards d’euros réalisés l’an dernier. Bosch emploie aujourd’hui environ 418 000 personnes dans le monde.
Le site de Feuerbach perdra 3 500 emplois, dont 1 500 à l’usine Power Solutions, pénalisée par la chute du diesel et la faible demande en hydrogène. À Schwieberdingen, 1 750 postes disparaîtront dans la vente, les achats, l’administration et le développement. À Waiblingen, la production de connecteurs fermera d’ici 2028, affectant 560 salariés. Les filiales locales ne sont pas concernées. Le site de Bühl/Bühlertal supprimera environ 1 550 emplois, tandis qu’à Homburg, 1 250 postes seront éliminés avec une réorganisation des activités.
Les droits de douanes US ont aggravé la situation
Dans ce contexte, l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis apporte un souffle limité. Depuis le 1er août, les droits de douane sur les voitures et pièces européennes importées outre-Atlantique sont abaissés à 15 %. Mais pour l’association allemande de l’industrie automobile (VDA), de nombreux obstacles persistent. « Les évolutions géopolitiques et les barrières commerciales créent une incertitude considérable. La concurrence va encore s’intensifier », estime Markus Heyn, responsable de la division mobilité du groupe. Bosch se prépare ainsi à une décennie de rationalisation pour rester compétitif dans une industrie en pleine mutation.


