Valse des PDG dans l’industrie auto en une année

La grande valse des PDG

Toyota a confié ses rênes le 1er avril 2026 à Kenta Kon, ancien directeur financier, en remplacement de Koji Sato. C’est la première fois depuis 2009 que le groupe mise sur un profil financier plutôt qu’un homme de l’ingénierie, signe d’une volonté de rigueur économique face à un marché mondial en recomposition.

BMW passe le relais le 14 mai 2026 : Oliver Zipse laisse sa place à Milan Nedeljković, ancien directeur de la production. Ce profil opérationnel et industriel répond à l’impératif de maîtrise des coûts dans la course à l’électrification.

Chez Nissan, Makoto Uchida (qui avait redressé le constructeur après le choc de l’affaire Carlos Ghosn) cède sa place le 1er avril 2025 à Ivan Espinosa, ex-chief planning officer. Sa mission : refonder la stratégie produit et clarifier le rôle de Nissan au sein de l’Alliance avec Renault et Mitsubishi.

Le départ le plus brutal est celui de Carlos Tavares chez Stellantis, qui démissionne brusquement le 1er décembre 2024 après des désaccords profonds avec son conseil d’administration. Antonio Filosa lui succède le 28 mai 2025, avec pour mission de renouer avec la rentabilité et de réconcilier des marques fragilisées par une politique de réduction des coûts jugée trop agressive.

Volvo Cars offre le cas le plus insolite : Jim Rowan quitte ses fonctions le 1er avril 2025 et le conseil d’administration rappelle Håkan Samuelsson, qui avait déjà dirigé la marque entre 2012 et 2022. Ce retour inattendu est présenté comme un mandat de transition de deux ans, le temps de trouver un successeur permanent.

Chez Renault, Luca de Meo quitte le losange pour rejoindre le groupe de luxe Kering, avec le sentiment du devoir accompli. François Provost, ancien directeur des achats et des partenariats, prend sa succession le 31 juillet 2025, avec la mission de pérenniser les réformes engagées et de gérer les relations au sein de l’Alliance.

Chez JLR (Jaguar Land Rover), Adrian Mardell part à la retraite en novembre 2025 après 35 ans de maison. P.B. Balaji, ancien directeur financier de Tata Motors, lui succède, devenant ainsi le premier ressortissant indien à diriger le constructeur britannique depuis son rachat par Tata en 2008.

Hyundai réalise un geste historique en nommant José Muñoz à sa tête au 1er janvier 2025 : c’est la première fois qu’un non-Coréen dirige le constructeur, succédant à Jaehoon Chang, promu vice-président du groupe. Cette nomination illustre les ambitions mondiales de Hyundai et sa volonté de s’ancrer davantage sur les marchés occidentaux.

Enfin, chez Porsche, Oliver Blume (qui cumulait depuis 2022 la présidence du constructeur de Stuttgart et celle du groupe Volkswagen) renonce à son double rôle au 1er janvier 2026 pour se consacrer pleinement à la tête de VW. Michael Leiters, ancien PDG de McLaren et ex-directeur technique de Ferrari, reprend le flambeau avec un profil d’exception, à l’heure où Porsche doit définir sa place dans la course à l’électrification.

Les nouvelles têtes

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