Chrysler n’est pas morte, un crossover arrive en 2026
L’avenir de Chrysler se dessine en filigrane : un dirigeant de Stellantis laisse entrevoir de nouveaux modèles en approche dans la gamme, comme un crossover plutôt qu’une berline.
Texte : Gaël Angleviel / Images : IA à la Une, Groupe Stellantis
Une nouvelle berline Chrysler à venir, mais pas sous la même forme
Sur le vieux continent, la firme Chrysler ne vend plus rien… et sur ses terres natales, c’est tout aussi confidentiel. Chrysler n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut, accrochée à son unique bouée de sauvetage : le monospace Pacifica. Et pourtant, les rumeurs persistantes d’une nouvelle berline gagnent en consistance, depuis que le directeur du design de Stellantis Amérique du Nord a affirmé que la marque est « bien vivante et en pleine forme », une feuille de route majeure devant être dévoilée lors d’une présentation aux investisseurs en mai prochain.
Cela dit, ceux qui rêvent encore d’une résurrection de la Chrysler 300C à moteur Hemi feraient bien de tempérer leurs ardeurs. Le prochain modèle Chrysler s’apprête à prendre une tout autre direction, loin des temples de la muscle car. Scott Krugger, qui supervise le design des marques Chrysler, Dodge, Jeep et Ram, a laissé entendre que les futurs produits Stellantis pourraient « brouiller les frontières » entre berlines et SUV, en chassant ce qu’il appelle des « opportunités d’espace blanc ». Autrement dit : n’attendez pas une quatre-portes classique. Attendez quelque chose de bien plus ambigu, un hybride de genres, une créature sans étiquette.
S’exprimant devant Auto News, Krugger a indiqué que Stellantis pourrait introduire davantage de berlines en Amérique du Nord au-delà de la Dodge Charger. Il a ajouté que Chrysler avait besoin de « plus de clarté » dans son positionnement au sein du portefeuille Stellantis, la marque étant désormais centrée sur la « simplicité moderne » et la « praticité innovante ». Krugger a précisé sa pensée : « Chrysler a toujours été très innovante, très réfléchie, très accessible et pratique dans le bon sens du terme. Mais aussi d’une grande beauté dans le design. »
Ces déclarations, prises dans leur ensemble, dessinent un glissement de priorités. Plutôt que de courir après la performance pure, la technologie lourde ou les codes du luxe traditionnel, Chrysler semble parier sur l’efficience et l’intelligence de l’habitacle. Le résultat probable ? Quelque chose qui se rapprocherait d’un fastback crossover, une silhouette basse et élancée que l’on peut déjà contempler en Europe sous les traits d’une Peugeot 408. Cette future berline serait rehaussée d’une garde au sol surélevée et d’une polyvalence que les acheteurs d’aujourd’hui considèrent comme acquise.
Une future « 300C » imitant les cousines Stellantis ?
Cette formule est déjà à l’œuvre dans la gamme européenne de Stellantis. On la reconnaît dans la Peugeot 408, la Citroën C5 X, la DS N°8 et la prochaine Lancia Gamma. Même la future Alfa Romeo Giulia se murmure en rupture avec le livre de bord de la berline traditionnelle, au profit d’une posture plus élancée, presque crossover. À ce stade, c’est moins une coïncidence qu’une direction assumée et revendiquée par l’ensemble du groupe Stellantis. Le crossover fut déjà évoqué par Chrysler en 2022, lorsqu’ils avaient dévoilé le concept Airflow, reprenant le patronyme du break familial des années 30.



Le défi qui attend la marque, selon le dirigeant, est de trouver l’équilibre entre le coût et l’attrait. L’objectif : concevoir « des modèles abordables tout en conservant les attributs qui les rendent désirables », l’équation la plus délicate de l’industrie automobile. En citant Dodge et Jeep, Krugger a souligné que les acheteurs y viennent pour des raisons bien précises : la performance d’un côté, la capacité tout-terrain de l’autre. Ce qui laisse une marge pour alléger les lignes, élaguer le superflu et contenir les prix. Appliquez cette logique à Chrysler, et le tableau se dessine avec netteté : attendez-vous à un style épuré et à des solutions pratiques, en phase avec la nouvelle identité de la marque.
Chrysler possède bien un avenir
Alors que le groupe Stellantis possède de nombreuses marques, quelques-unes sont en difficultés sur leur volume de ventes (Chrysler, Dodge, Abarth, Lancia, DS, Alfa Romeo…) avec des gammes faméliques, la tendance était à la suppression d’une (ou plusieurs) marque du groupe. Mais Krugger a été on ne peut plus clair : Chrysler n’est pas en hibernation. « Il se passe beaucoup de choses dans le studio », a-t-il dit, ajoutant que l’intérêt pour la marque remonte jusqu’aux plus hautes sphères de l’entreprise. « Nous savons qu’il y a une place pour Chrysler. »



La dernière initiative véritablement marquante de Chrysler remonte au début 2024, avec le dévoilement du concept Halcyon, une berline électrique racée et basse sur pattes, censée signaler la direction prise par le design de la marque, en préfiguration de futurs modèles électriques qui, depuis, ont été relégués en coulisses dans le sillage d’un recalibrage stratégique au sein de Stellantis. Plus de clarté devrait surgir en mai, lorsque le groupe est attendu pour exposer son dernier plan de marche pour Chrysler et peut-être enfin répondre à la question que tout le monde se pose : à quoi ressemblera la renaissance de cette icône américaine ?


