Comment BYD va doubler sa présence en Europe en 2026

Le géant chinois BYD s’apprête à changer de braquet pour s’implanter en Europe dès l’année prochaine, avec l’ouverture de son usine en Hongrie.

Texte : Gaël Angleviel / Images : BYD

BYD va accélérer sa croissance en Europe

L’expansion européenne de BYD s’apprête à changer d’échelle. Le géant chinois ouvrira bientôt son usine hongroise, un outil stratégique qui doit accélérer sa percée sur le Vieux Continent. Il y a encore quelques années, apercevoir une BYD en Europe relevait de l’exception. Depuis, le constructeur a connu une ascension fulgurante, multipliant les implantations à un rythme inédit. Et dès l’an prochain, ses modèles devraient s’imposer bien davantage sur les routes européennes.

Malgré l’impact des nouveaux droits de douane imposés aux véhicules chinois, BYD ne compte pas lever le pied. Le groupe considère l’Europe comme un marché clé et prévoit de terminer l’année avec environ 1 000 points de vente sur le continent. Un objectif important, mais présenté comme une simple étape avant un basculement majeur attendu en 2026. Lors d’un récent événement à Francfort, Maria Grazia Davino, directrice régionale de BYD en Europe, a détaillé les ambitions de la marque.

Elle a confirmé que BYD doublera sa présence sur le marché européen l’année prochaine, une expansion jugée indispensable pour convaincre dans un environnement ultra-concurrentiel. « Comme nos concurrents les plus performants, nous devons être proches des clients européens et gagner leur confiance », a déclaré Davino, citée par Reuters.

Rien ne freinera le géant chinois

Dans une récente étude, nous avions appris que les modèles BYD étaient vendus à un très bas prix en Chine. C’est en raison de la très forte concurrence locale, car on y dénombre pas moins de 130 constructeurs différents. Évidemment, ils ne boxent pas tous dans les mêmes segments, et certains ont même une santé très fragile. Sur la dernière décennie, il y a 5 constructeurs qui ont définitivement baissé le rideau. Mais BYD est un géant, qui maîtrise toutes les étapes de fabrication d’une voiture. Et si les modèles se vendent deux fois plus chers qu’en Chine, cela veut dire que le constructeur a une marge opérationnelle pour les vendre ponctuellement encore moins chers chez nous. Un luxe que n’ont pas ses concurrents européens.

Déjà présent dans 29 marchés européens, BYD mise désormais sur une stratégie de localisation renforcée : produire davantage de véhicules directement en Europe pour réduire la dépendance aux importations et s’ancrer dans les économies locales. Cette logique s’appuie sur un élément central : la nouvelle usine de Hongrie, dont l’ouverture est imminente. Les ventes du constructeur ont d’ailleurs explosé cette année : plus de 80 800 véhicules écoulés en Europe sur les neuf premiers mois, soit plus du triple par rapport à 2023.

Et la Hongrie ne sera peut-être qu’un début. BYD étudie également la possibilité d’une implantation industrielle en Turquie, ainsi qu’un projet d’usine en Espagne. « S’implanter dans une région mature comme l’Europe est un chantier majeur, qui nécessite expertise, engagement et investissements à tous les niveaux », a conclu Davino.

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