Ford prépare sa révolution industrielle à l’image du Model T

Ford prépare une petite révolution industrielle et elle pourrait bien rappeler l’esprit du Model T, mais version 21ème siècle.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Ford Motor Company

Une production plus rapide, moins chère, du Model T à l’ère moderne

Avec son nouveau Universal Production System, le constructeur veut bouleverser la manière de fabriquer une voiture… quitte à retirer certaines tâches aux robots pour les redonner aux humains. C’est l’un des nombreux secrets que Jim Farley, le patron de Ford, a dévoilés dans une récente interview, où il a aussi expliqué comment la F1 nourrit les voitures de série, et pourquoi il ne veut plus jamais produire de voitures « ennuyeuses ».

« L’opérateur n’a plus besoin de machines pour installer la planche de bord ou les sièges : il est littéralement à l’intérieur du véhicule. » La phrase vient directement de Jim Farley, interrogé par TopGear sur l’avenir de Ford. Selon lui, le futur système de production des véhicules électriques abordables sera 40 % plus rapide que les méthodes actuelles. Ford veut assembler ses voitures en trois modules distincts, ce qui simplifie tout le processus. « C’est 30 % plus efficace », assure Farley. L’usine peut être plus compacte, les coûts chutent, et les gros éléments (comme le tableau de bord) n’ont plus besoin d’être insérés par la porte via des machines coûteuses : ils glissent simplement dans une section ouverte du véhicule.

« On retire des quantités massives d’emboutissage et de soudure du système », poursuit Farley. « On utilise la batterie comme plancher structurel, et ce seront des batteries LFP. Il faut attacher l’avant du véhicule d’une manière que personne n’a jamais utilisée. Personne n’a jamais construit une voiture en grande série comme ça… une voiture toutes les 50 secondes. » Le premier modèle issu de cette méthode est toujours prévu pour 2027, à 30 000 dollars, avec en prime une conduite autonome « yeux fermés » sur autoroute. Farley insiste : ce ne sera pas une « voiture générique, abordable, faite pour satisfaire le gouvernement », mais un produit désirable.

Pourquoi Ford doit absolument réduire ses coûts

Ford s’est imposé il y a plus d’un siècle en construisant une voiture que tout le monde pouvait acheter. Aujourd’hui, la réalité est tout autre. Le Maverick, pourtant le modèle le moins cher de la gamme, démarre à 30 000 dollars, un prix déjà hors de portée pour beaucoup. Et c’est un pick‑up, donc pas un véhicule universel.

Quant au F‑150, pilier de Ford depuis des décennies, il n’a jamais été aussi cher. Les données de CarBuzz montrent clairement le problème : les acheteurs s’endettent jusqu’à la corde (parfois au‑delà) pour s’offrir ce qui est devenu la voiture familiale « standard ». Même constat pour l’Explorer, qui débute à 40 000 dollars et grimpe très vite. C’est pourtant le SUV trois rangées le plus accessible de la marque. Les prix s’envolent, et Ford le sait.

2025 Ford Maverick

La F1, un laboratoire plus utile que jamais

Farley a aussi évoqué le programme F1 mené avec Red Bull Powertrains. « Je dois dire que ce moteur, c’est l’une des choses les plus difficiles que nous ayons jamais faites », confie‑t‑il. Rien à voir avec la dernière participation de Ford en F1. Le constructeur compte 176 victoires et 13 titres pilotes, mais le dernier remonte à 1994. Sa dernière apparition date de 2004, via Jaguar et Cosworth, à l’époque des V10. Ironie du sort : l’équipe est devenue… Red Bull Racing.

« On veut résoudre l’un des plus grands défis du transport moderne », explique Farley. « On est dans une autre réalité : batteries à forte décharge, aérodynamique, logiciels prédictifs, contrôle logiciel des hybrides… voilà les transferts technologiques d’aujourd’hui. Des choses qu’on ne pensait pas pouvoir faire mieux que la F1. » Autrement dit : tout ce savoir‑faire finira dans les voitures de série.

© Alastair Staley/LAT Images) // Getty Images / Red Bull Content Pool

« Plus jamais de voitures ennuyeuses »

Farley l’a déjà dit : Ford sort du « business des voitures ennuyeuses ». Cette fois, il nuance : « plus de véhicules génériques ». Il précise que les gens adoraient les Focus et Fiesta parce qu’elles étaient « abordables et dotées d’un excellent comportement routier ». Il parle bien sûr des versions européennes, Farley a dirigé Ford Europe pendant une bonne partie des années 2010. En Europe, Ford prépare une vague d’EV basés sur des plateformes d’autres marques. Malgré ce partage technique, Farley promet qu’ils auront « une identité propre, pas du milieu de gamme », et « un style bien à Ford Europe ».

Pour conclure, Farley rappelle que Ford est « résolument américain » et qu’« on aime les moteurs bruyants ». Il ajoute que le constructeur a déjà choisi sa prochaine supercar. Il laisse entendre qu’il pourrait s’inspirer d’un Dakar T1+, mais n’en dira pas plus.

Oh bonjour 👋
Ravi de vous rencontrer.

Inscrivez-vous pour recevoir une fois par semaine du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !