France et Espagne défendent la fin du moteur thermique pour 2035

Alors que les dirigeants européens se préparent à se retrouver à Bruxelles cette semaine pour débattre de l’avenir climatique du continent, Paris et Madrid unissent leurs voix pour rappeler à l’Union européenne son engagement envers la fin des moteurs à combustion dès 2035.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Seat S.A.

France et Espagne veulent maintenir l’interdiction pour 2035

Une position ferme, en opposition frontale avec celle du chancelier allemand Friedrich Merz, qui plaide pour un report afin de soutenir une industrie automobile allemande en perte de vitesse. Dans un document confidentiel présenté mardi aux ministres de l’Environnement à Luxembourg et consulté par Bloomberg, les deux pays insistent : « La révision en cours ne doit en aucun cas remettre en cause l’objectif de zéro émission à l’échappement d’ici 2035. Nous espérons qu’elle préservera le cap fixé ainsi que l’ambition environnementale qui le sous-tend. »

Derrière cette déclaration se joue un bras de fer symbolique entre écologie et économie, entre la transition verte voulue par Bruxelles et les intérêts d’un secteur automobile européen traversé par de profondes disparités. Certains constructeurs ont pris de l’avance sur l’électrification, d’autres peinent encore à sortir du tout thermique, tandis que la concurrence chinoise intensifie la pression.

Un bras de fer industriel et économique

L’exécutif européen, engagé dans une réévaluation de ses règles sur les émissions de CO₂, tente de ménager la chèvre et le chou : maintenir ses objectifs climatiques sans sacrifier la compétitivité industrielle du Vieux Continent. De leur côté, la France et l’Espagne se montrent ouvertes à des ajustements pour accompagner la mutation. Elles évoquent notamment l’idée de “super crédits” destinés aux constructeurs produisant en Europe. Ce système permettrait de mieux valoriser les véhicules assemblés localement, jugés moins carbonés que ceux fabriqués dans des pays tiers.

« Cette flexibilité vise à renforcer la réduction des émissions liée à la production européenne, comparée aux processus plus polluants observés ailleurs », précise le texte. Mais pour Paris et Madrid, pas question de diluer le message : 2035 doit rester une ligne rouge. Car au-delà d’un simple calendrier, c’est l’âme de la politique climatique européenne qui se joue, celle d’un continent décidé à rouler, coûte que coûte, vers la neutralité carbone.

Les constructeurs allemands, comme Mercedes, ont déjà dénoncé cette date utopique de 2035. Son PDG, Ola Källenius, dénonçait que la politique actuelle menée les envoyait dans le mur. Du côté des consommateurs Français, une récente étude faisait état que 60 % d’entre eux étaient opposés à l’interdiction de la voiture thermique dès 2035.

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