Citroën va ressusciter le C4 Picasso sous forme de monospace cubique

Citroën s’apprête à reconquérir son territoire de prédilection en réinventant le mythique C4 Picasso sous les traits d’un monospace cubique. Un concept pratique au quotidien, résolument tourné vers l’avenir et s’inspirant directement du concept-car ELO.

Texte : Gaël Angleviel / Images : fabriquée par IA Microsoft Copilot

Citroën entrevoit le retour du monospace

En bref :

  • Retour aux sources : La marque aux chevrons relance le concept du monospace avec un design audacieux et cubique.
  • Inspiration ELO : Le futur modèle de série découlera du concept ELO présenté cette année au Salon de Bruxelles.
  • Adieu Picasso : Le modèle abandonnera définitivement le nom du peintre pour endosser le badge SpaceTourer.
  • Technologie raisonnée : À rebours de la tendance actuelle, l’habitacle refusera la surenchère d’écrans tactiles superflus.
  • Énergie à la carte : Grâce à sa plateforme multi-énergies, il proposera du thermique, de l’hybride et du 100 % électrique.

Citroën s’apprête à faire ce qu’elle a toujours fait de mieux : bousculer les codes des voitures familiales. Le célèbre et très populaire C4 Picasso s’apprête à renaître de ses cendres sous la forme d’un monospace spacieux et stylé. Le grand patron de Citroën, Xavier Chardon, a lui-même vendu la mèche en confiant que ses équipes « travaillent activement sur l’avenir du monospace » et que le concept ELO, qui a fait sensation au Salon de l’Auto de Bruxelles cette année, sert de « magnifique source d’inspiration » pour ce projet d’envergure.

Évidemment, le passage du laboratoire de style à la chaîne de montage imposera quelques compromis pragmatiques. La spectaculaire position de conduite centrale du concept ELO, calquée sur celle d’une McLaren F1 avec ses deux sièges passagers décalés, sera sagement troquée contre une architecture de planche de bord traditionnelle, déclinée en versions 5 et 7 places. Si Citroën compte bien prolonger ses expérimentations audacieuses en matière de textures et de matériaux colorés à bord, l’immense écran d’infodivertissement qui barrait toute la largeur du concept cédera sa place à une dalle centrale plus conventionnelle, épaulée par un affichage tête haute.

« Je reste persuadé que tous les clients ne réclament pas une débauche de technologie », tempère Xavier Chardon. « C’est précisément pour cette raison que vous ne verrez pas une prolifération d’écrans partout dans nos Citroën actuelles et futures. Ce n’est tout simplement pas notre philosophie. »

Le roi de l’ergonomie, le monospace mieux que le SUV

Derrière cette première rangée de sièges se cachera une banquette arrière escamotable à plat, gage d’une modularité à toute épreuve. Pour les familles les plus nombreuses, Citroën prévoit déjà de proposer deux carrosseries distinctes, dont une version « Grand » à empattement rallongé capable d’accueillir deux assises supplémentaires dans le coffre. Pierre LeClercq, le chef du design de la marque depuis 2018, martèle que « le design intérieur, l’ergonomie et la fonctionnalité sont absolument primordiaux ».

« Le client doit être le centre de gravité de notre réflexion. Si nous dessinons une fonction qui s’avère inutilisable au quotidien, autant ne pas la faire. Nous nous concentrons sur ce que nous savons faire de mieux », insiste-t-il, refusant que l’esthétique ne sacrifie l’aspect pratique. « Où posez-vous votre téléphone ? Comment lisez-vous les informations de conduite ? Que vous soyez grand ou petit, chaque centimètre carré de l’habitacle doit être exploité à la perfection. »

Sur le plan visuel, la silhouette finale adoucira les angles vifs du concept ELO. La proue a été légèrement allongée pour pouvoir loger des blocs thermiques et hybrides sous le capot, tandis que les versions électriques cacheront leurs batteries sous le plancher. Le regard de ce futur monospace adoptera des feux de jour à LED ultrafins séparés des blocs optiques principaux, encadrant un logo aux chevrons surdimensionné. Pour optimiser la visibilité en ville, l’immense surface vitrée du concept est conservée, avec des montants de pare-brise dédoublés derrière lesquels s’ancrent les rétroviseurs. En revanche, pas de portes coulissantes au programme : le futur modèle restera fidèle aux ouvrants classiques de ses ancêtres.

Un positionnement tarifaire affûté

Pour maintenir un prix d’attaque estimé autour des 35 000 €, Citroën a dû faire l’impasse sur certaines excentricités du concept-car, comme les vitres de pavillon panoramiques, jugées trop coûteuses à industrialiser. Néanmoins, les clins d’œil esthétiques à l’ELO resteront nombreux, à l’image des protections de bas de caisse, des arches de roues marquées et des enjoliveurs aux motifs hexagonaux.

Ce tarif stratégique positionnera ce nouveau venu comme une alternative résolument familiale et plus logeable au C5 Aircross. Côté patronyme, l’appellation « Picasso » ayant été définitivement remisée au placard en 2018 à l’expiration des accords de licence, le véhicule devrait logiquement endosser le nom de baptême de « SpaceTourer ». Si le succès est au rendez-vous, Citroën pourrait d’ailleurs capitaliser sur ce blason pour déployer toute une famille de monospaces de gabarits différents.

Fidèle à sa stratégie multi-énergies, la marque proposera une large palette de motorisations, allant de l’hybride léger aux déclinaisons électriques et hybrides rechargeables de nouvelle génération, promettant des autonomies en hausse et des vitesses de charge accélérées. Si le constructeur refuse pour l’instant de cocher une date sur le calendrier, le plan produit officiel prévoit le lancement de trois nouveautés majeures d’ici la fin de la décennie. Outre la future et très attendue « 2 CV E-Car », les deux autres silhouettes basées sur la plateforme Smart Car de Stellantis pourraient bien abriter ce SpaceTourer du futur.

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