Hyundai veut une gamme plus unie sans perdre son audace
Hyundai pense à unifier sa gamme dans le design de ses futurs crossovers, SUV mais également les berlines moyenne, sans perdre de son audace.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Hyundai
Hyundai vise une cohérence dans sa gamme
Le constructeur coréen souhaite harmoniser sa gamme électrique. Si les SUV adopteront une carrure plus robuste inspirée du Santa Fe, les berlines profilées garderont leur mot à dire. Hyundai s’apprête à resserrer les rangs. Pour gagner en cohérence, la marque veut offrir à ses modèles un air de parenté plus marqué, sans pour autant sacrifier sa stratégie du « pion d’échecs » — cette approche singulière où chaque véhicule cultive son propre tempérament.
Le nouveau patron de Hyundai Europe, Xavier Martinet, a souligné que l’audacieux Concept Three (prélude à la future Ioniq 3) n’était pas qu’une étude de style, mais une véritable profession de foi. L’objectif ? Continuer de fendre la mer de la monotonie automobile avec des designs percutants pour séduire une clientèle toujours plus exigeante. « Lors de la présentation du Concept Three à Munich l’an dernier, le public a eu un choc : « Enfin ! Enfin quelque chose de différent, enfin autre chose qu’un SUV. Un design qui a du souffle » », rapporte Xavier Martinet. Pour lui, l’étoile polaire de la marque reste inchangée : « Créer ce que personne d’autre n’ose proposer sur le marché. »

L’équilibre entre l’unité et l’identité
Pourtant, le dirigeant concède un manque d’homogénéité. Jusqu’ici, le lien de parenté entre les modèles tenait davantage du murmure que du cri, se limitant à quelques signatures lumineuses pixélisées. Demain, Hyundai veut instaurer un langage visuel plus explicite, un fil d’Ariane plus solide entre ses créations.
« Par le passé, ce sentiment d’appartenance systématique à une famille nous a peut-être manqué », admet-il. « Nous y travaillons, mais nous ne serons jamais les esclaves de la photocopieuse. Nous avons vu d’autres marques s’égarer dans cette voie de l’uniformité totale. » Martinet reste fidèle à la vision de SangYup Lee, le designer en chef : chaque voiture doit être un électron libre, tout en s’inscrivant dans un ensemble qui fait sens. « Un sentiment d’appartenance, mais avec la saveur du particulier. »
Une silhouette pour chaque usage
Les premières images des nouveaux Bayon et Tucson confirment cette mue : les crossovers et SUV arboreront une musculature plus saillante, un look de baroudeur hérité du Santa Fe et du Nexo. À l’opposé, les modèles bas de plafond adopteront des lignes plus fuyantes et racées, dans le sillage de l’Ioniq 3.
Selon Xavier Martinet, le choix d’un client repose toujours sur un duel entre le design et le prix, bien que l’arbitre change selon le segment :
- Segments A et B (citadines) : Le prix est le maître du jeu, dicté par la rigueur budgétaire.
- Segments supérieurs : Le design reprend sa couronne, car l’achat devient un acte de choix et non plus de contrainte.
Le cœur et la raison
« L’acheteur est un être de dualité », conclut Martinet. « Il y a la part rationnelle — le prix, la motorisation — et la part émotionnelle — le design. C’est sur cette ligne de crête que nous avançons. » Pour Hyundai, l’enjeu est de transformer le métal en émotion. Que ce soit l’Ioniq 5, l’Inster ou la majestueuse Ioniq 9, chaque modèle doit être un ovni visuel. Réussir le mariage de la passion esthétique et de la raison économique : voilà, selon lui, le secret du succès.


