Le futur Land Rover Defender avec l’ADN Jeep ?

Le groupe Jaguar Land Rover (JLR) pourrait s’allier au géant Stellantis pour conquérir l’Amérique, ouvrant grand la porte à un futur Defender produit aux États-Unis sur une plateforme partagée avec Jeep.

Texte : Gaël Angleviel / Images : JLR

Le plan d’invasion de JLR pour conquérir l’Amérique

En bref :

  • Cap sur l’Oncle Sam : JLR veut des volumes de ventes aux États-Unis, son premier marché mondial.
  • Le Defender émancipé : JLR miserait tout sur sa nouvelle marque autonome Defender, taillée pour les grands espaces.
  • Le pacte secret avec Stellantis : Un protocole d’accord a été signé entre les deux groupes pour des modèles exclusifs.
  • Un Defender sur base Jeep ? Un scénario évoque un tout nouveau modèle reprenant des dessous Stellantis.
  • Esquiver les taxes : Produire directement sur le sol américain permettrait à JLR de contourner la lourde taxe d’importation.

Jaguar Land Rover a les yeux rivés sur l’Amérique du Nord, et le constructeur britannique est prêt à casser les codes pour y parvenir. Lors de la dernière présentation de l’entreprise face aux investisseurs, le directeur financier PB Balaji a vendu la mèche : bien que les États-Unis représentent déjà leur plus gros gâteau commercial, le potentiel de croissance y est encore « phénoménal ». L’ambition suprême de JLR ? Faire grimper son business américain pour qu’il pèse, à lui seul, autant que l’ensemble de ses activités mondiales actuelles.

Pour réussir ce pari fou, JLR ne va pas rouler en solitaire. Le groupe va s’appuyer sur un partenariat stratégique d’envergure noué en mai dernier avec Stellantis via un protocole d’accord non contraignant. Cette alliance contre-nature aura un objectif prioritaire : déployer la marque Defender en explorant de nouveaux segments taillés sur mesure pour les acheteurs américains.

Un pick-up et un SUV nés sous le signe du compromis

Si JLR s’est bien gardé de dévoiler les détails de ce qui se trame en coulisses, les experts du secteur ont déjà fait les calculs. Adapter le Defender actuel aux usines américaines coûterait une fortune absolue. La piste la plus réaliste mène donc à la naissance d’un modèle inédit badgé Defender, mais conçu sur une architecture Stellantis existante. Les bruits de couloir évoquent avec insistance deux silhouettes très prisées aux USA : un gros SUV et, surtout, un pick-up.

« Pour exprimer la vraie puissance de nos marques, nous devons mettre le paquet sur l’Amérique du Nord », martèle PB Balaji. « La folie pour les produits de luxe et l’amour des clients pour nos blasons nous poussent à explorer de nouveaux segments à fort potentiel pour Defender. Cela nous permettra d’offrir des produits exclusifs à notre clientèle américaine. »

Du pragmatisme industriel

En s’acoquinant avec l’empire Stellantis, JLR s’offre un raccourci industriel magistral. Le consortium franco-italo-américain possède déjà un immense outil productif aux États-Unis, notamment via les usines Jeep. Greffer un badge Defender sur une ligne de montage existante, en partageant les composants structurels d’un Wrangler ou d’un Grand Wagoneer, serait un jeu d’enfant (et d’économies).

Au-delà de la logistique, l’intérêt est purement fiscal. Aujourd’hui, les Defender qui débarquent en Virginie ou en Californie proviennent de l’usine slovaque de Nitra. En relocalisant la production aux États-Unis, JLR s’offrirait le luxe d’esquiver la fameuse taxe d’importation de 15 % qui plombe ses marges. Reste à savoir si les puristes accepteront de voir le roi des franchisseurs britanniques partager ses dessous avec l’icône de l’Arkansas. Le débat promet d’être animé dans les clubs de tout-terrain.

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