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Les radars embarqués privés ne flashent pas assez

radars embarqués privés

Les (controversés) radars embarqués privés sont en phase d’essais dans la Manche. L’heure est au premier bilan, et il semble que la manne financière tant attendue ne soit pas au rendez-vous.

Le préfet de la Manche vient de communiquer les premiers chiffres des infractions enregistrées par ces véhicules banalisés conduits par des agents privés. 433 infractions ont été enregistrées en janvier, 382 en février, et 258 en mars sur des sections de route comprises entre 160 et 190 en fonction des mois de référence.

On obtient alors moins de 10 flashs journaliers sur la Normandie : c’est peu, en comparaison à la préconisation de 260 flashs par jour nécessaires pour rentabiliser l’investissement de 3 millions d’euros, ainsi que les 120.000 euros à verser, par an et par voiture, au gestionnaire privé Mobicom.

Les conducteurs Normands seraient-ils exemplaires ? Pas tout à fait : si l’on en croit les infractions enregistrés par les dispositifs fixes ou mobiles, le nombre d’excès de vitesse ont augmenté de 54%, alors que près d’un quart des radars fixes ont été rendus hors-service par le mouvement des Gilets Jaunes.

Un déploiement retardé pour des raisons techniques

Censés être présents sur une plus forte amplitude horaire pour laisser du temps aux forces de l’ordre sur d’autres missions, les radars mobiles privés se heurtent à des problèmes technologiques qui ont empêché leur déploiement total. C’est le cas de la lecture automatique des panneaux dont la mise au point a nécessité de décaler les sorties des véhicules sur les routes.

Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière a déclaré aux journalistes de France Inter que ces problèmes de mise en place sont désormais résolus. De ce fait, les 24 voitures avec leur radar embarqué sillonneront le département à partir de cet été, et couvriront 200.000 kilomètres par mois !

Ce bilan en demi-teinte, justifié par un déploiement plus lent que prévu et un taux d’infractions relevées en dessous de la réalité routière, pourrait faire pencher la balance en défaveur de la généralisation de ces radars privatisés. Mais il faudra attendre le bilan annuel pour savoir si ce contrôle massif par des radars embarqués privés aura finalement porté ses fruits.

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Saito BARDEN

Illustrations : Ministère de l’Intérieur / Préfecture de l’Eure

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