Les secrets pour gagner à Petit Le Mans
Ce samedi la 28ème édition du Petit Le Mans, sur le Michelin Raceway Road Atlanta, clôture la saison 2025 de l’IMSA SportsCar Championship. Mais qu’est-ce qui rend donc cette épreuve si difficile à gagner ?
Didier LAURENT/Auto Press Club
Comme le veut la tradition depuis 2014 et la renaissance de l’IMSA, la finale de la saison a pour théâtre le Michelin Raceway Road Atlanta, qui sert par ailleurs de terre d’accueil à la course de Petit Le Mans depuis 1998. Cette épreuve, au nom évocateur et qui partage son règlement avec nos 24 Heures, a vite intégré le contingent des classiques d’Endurance nord-américaines aux côtés des 24 Heures de Daytona et des 12 Heures de Sebring. Mais pourquoi donc ?
Son nom, né de l’imagination de ce génie qu’était Don Panoz, a forcément joué. Mais la nature de son circuit aussi, vallonné, bosselé, un pur tracé à la sauce Yankee comme tous les fans de compétition automobiles en raffolent. Un circuit qui porte le nom de Michelin Raceway Road Atlanta depuis 2019, et qui a vu un an plus tard sortir de terre la Michelin Tower, implantée au début de la ligne droite des stands.
Un circuit qui fait peur
Tous les pilotes vous le diront : vous imposer à Petit Le Mans n’a rien d’une mince affaire. Aller au bout des dix heures de course sans avoir rencontré le moindre problème relève de l’exploit. « Dernière manche de la saison IMSA, Petit Le Mans est sans aucun doute l’une des épreuves les plus difficiles« , indique Jonathan Diuguid, directeur général de Porsche Penske Motorsport. « Nous abordons cette course en tête de tous les championnats, mais l’étroitesse du Michelin Raceway Road Atlanta et le nombre élevé de voitures font que rien n’est acquis. Nos deux voitures ont réalisé huit courses solides jusqu’à présent, mais tout se jouera à ici. Nous devons rester concentrés et espérer être récompensés lorsque le drapeau à damier sera agité. »
En effert, ce samedi 53 voitures sont attendues au départ, ce qui fait en moyenne une voiture tous les 77 mètres. Inutile de vous dire que les pilotes doivent avoir l’oeil partout !

« C’est une course très difficile », assure Ricky Taylor, inscrit sur la Cadillac V-Series.R n°10. « Nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises en lice pour la victoire par le passé, mais nous devons encore trouver la clé pour remporter la course. La gestion du trafic et le terminer la course est plus facile à dire qu’à faire. C’est la course où le trafic est le plus dense du calendrier.»
Par ailleurs, la piste ne faisant que 4,088 km et se parcourant en 1’11, un concurrent a vite fait de perdre un tour. Même si le règlement sportif de l’IMSA offre la possibilité aux retardataires de le combler lors des interventions de la voiture de sécurité, cela peut être fort préjudiciable.
« Toutes ces raisons font qu’il est impossible d’aborder cette épreuve confiant, reconnaît le leader du championnat Mathieu Jaminet, qui partage la Porsche 963 n°6 avec Matt Campbell et Julien Andlauer. Je l’ai appris à mes dépends il y a deux ans, quand mon équipier s’était fait sortir par une GT alors que nous étions en lutte pour le titre. Il faut survivre jusqu’à la dernière relance car c’est là que tout se joue. L’arrivée étant donnée à 22h, nous réglons toujours la voiture pour qu’elle soit performante de nuit. Avant cela, il faut faire en sorte d’être dans le peloton de tête à la dernière relance. »



Il faut alors avoir une voiture en bon état. Mais aussi une voiture capable de tirer la quintessence de ses gommes Michelin, manufacturier pneumatique unique de la série depuis 2018 et qui vient de prolonger son partenariat avec l’IMSA SportsCar Championship jusqu’à 2035.
« Le facteur pneumatique sera sans nul doute prépondérant dans le money time, avance Mathieu Jaminet. Et en fonction des températures, cela peut jouer en faveur de tel ou tel concurrent. Nous concernant (Porsche Penske Motorsport. Ndlr), notre voiture – par rapport à ses rivales – a tendance à être plus fringante quand les températures vont en diminuant. Nous allons donc croiser les doigts pour que cela se confirme cette semaine. »
A Petit Le Mans plus encore sur les autres épreuves d’Endurance, prudence est mère de sûreté…


