Le marché 2025 en France s’achève en net recul !
L’année 2025 s’achève sur un recul de 5 % des immatriculations de voitures neuves, avec un total de 1 632 151 unités vendues.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Stellantis
Une année 2025 qui se termine en net recul en décembre pour la France
Le mois de décembre n’échappe pas à cette tendance, affichant une baisse de 6 % par rapport à 2024, malgré un jour ouvré supplémentaire. Les particuliers (-2 %) et les flottes (-9 %) peinent à relancer la dynamique, tandis que les loueurs courte durée (+15 %) tirent leur épingle du jeu, confirmant leur progression constante tout au long de l’année.
Le prix moyen des voitures neuves, bien qu’en légère baisse (-1,4 %), reste un frein majeur pour les ménages. Avec des tarifs oscillant entre 25 657 € pour un modèle essence (-4,6 %) et 42 992 € pour une électrique (-0,1 %), l’accessibilité se dégrade, poussant les particuliers vers des solutions alternatives. La location longue durée (LLD) séduit ainsi 36 % des acheteurs en décembre (+38 %), un bond significatif depuis l’été, porté par l’essor du leasing social.
L’électrique en tête, mais à quel prix ?
Avec 24 % de part de marché en décembre (+43 %) et 20 % sur l’année (+12 %), les véhicules électriques franchissent pour la première fois la barre des 300 000 immatriculations annuelles. La Renault 5, éligible au leasing social, domine largement le classement avec 6 426 unités vendues en décembre, devançant largement la Peugeot 208 et la Peugeot 2008.
Cependant, cette croissance masquerait une réalité plus contrastée :
- Les motorisations thermiques s’effondrent : essence (-31 %), diesel (-34 %).
- Les hybrides (plus de 50 % du marché) reculent de 6 %, avec des disparités marquées :
- Hybrides classiques (HEV) : -9 % (Toyota Yaris et Yaris Cross en tête).
- Mild-hybrides (MHEV) : +13 % (Citroën C3, Peugeot 208).
- Hybrides rechargeables (PHEV) : -31 % (BYD Seal U, MG EHS).
- Électriques à prolongateur (EREV) : en forte hausse (Nissan Qashqai, Leapmotor C10).
« Les immatriculations de décembre restent fortement influencées par les aides gouvernementales, notamment le leasing social, dont l’enveloppe de 350 millions d’euros était presque épuisée en fin d’année », explique Marie-Laure Nivot, experte chez AAA Data. « Grâce à des tarifs plus accessibles, les volumes ont même dépassé l’objectif de 50 000 véhicules, et cette dynamique devrait se poursuivre au premier trimestre 2026. »
Le marché de l’occasion comme valeur refuge
Après une année volatile, le marché de l’occasion termine sur une note positive : +6 % en décembre (452 149 transactions) et +0,8 % sur l’année (5 396 432 ventes), proche de ses records historiques.
Quelques tendances clés :
- Les modèles récents (<5 ans) reculent (-1,6 %), victimes de la baisse des ventes neuves.
- Les véhicules anciens (>10 ans) progressent (+13 %), portés par les tensions sur le pouvoir d’achat.
- Les transactions entre particuliers explosent (+14 %), contre un repli des ventes professionnelles (B2C, -2 %).
L’électrification du parc d’occasion se poursuit, avec 4 % de part de marché en décembre (+29 %) et 3 % sur l’année (+30 %). Les hybrides représentent quant à eux 14 % des ventes en décembre et 12 % sur l’année, avec une hausse des prix en B2C estimée à +4 %.
Qu’attendre de l’année 2026 ?
Selon les projections d’AAA Data, le marché des voitures neuves devrait stagner en 2026, avec 1,62 million d’immatriculations. Ce scénario repose sur :
- Une croissance économique modérée (Banque de France).
- Le report de l’interdiction des thermiques (2035), qui pourrait relancer la demande sur les segments populaires.
- Une part de marché de l’électrique à 25 %, grâce à une offre élargie et une réduction des écarts de prix.
« Le marché devrait rester atone en 2026 avant de retrouver un peu de dynamisme en 2027 », conclut Marie-Laure Nivot. « La transition énergétique et les aides publiques continueront de jouer un rôle clé, mais les constructeurs devront aussi convaincre sur le terrain des prix. »


