Dans le secret des futures McLaren

Sous la houlette de Nick Collins et de nouveaux actionnaires, McLaren se réinvente : moins de voitures, plus d’ambition, et un rythme de sorties qui promet de surprendre.

Texte : Gaël Angleviel / Images : McLaren

McLaren : l’ère nouvelle, promesse d’accélération

Nick Collins n’a pas l’air d’un PDG qui laisse le temps filer : après des années à façonner des projets automobiles, il annonce une mue profonde chez McLaren. L’arrivée d’un actionnariat d’Abu Dhabi et la levée des dettes ont offert à la marque un souffle nouveau, et Collins confie qu’il est enthousiaste par ce qui s’annonce. Les décisions prises ces derniers mois visent à poser des bases solides et une planification, ressources et choix stratégiques pour écrire un chapitre inédit de l’histoire du constructeur.

« Je sais ce qui arrive et la fréquence des voitures, et je suis ultra-motivé et enthousiaste », a déclaré Nick Collins, PDG de McLaren Group Holdings, à Auto Express lors du Festival of Speed de Goodwood. « Je travaille dans ce secteur depuis 33 ans, et je n’ai jamais été impliqué dans une histoire aussi passionnante que celle qui va se dérouler. Nous avons passé une année à planifier en profondeur, à prendre des décisions importantes, à poser les bonnes bases que cette entreprise n’avait pas eu les moyens de faire auparavant », a expliqué Collins.

Le mot d’ordre est clair : qualité plutôt que quantité. McLaren va réduire sa production annuelle pour mieux équilibrer l’offre et la demande, protéger la valeur des occasions et recentrer l’attention sur l’excellence. Cette stratégie s’accompagne d’investissements massifs dans le design et la technologie, et d’un recrutement clé pour piloter la renaissance esthétique de la gamme. Collins évoque une feuille de route ambitieuse, où chaque lancement sera pensé comme un événement. Il promet des sorties régulières, rapides et capables de surprendre une cadence qui, selon lui, redonnera à McLaren son aura d’antan tout en la projetant vers l’avenir.

Design, moteurs et philosophie produit

Le renfort majeur vient du design : des millions à deux chiffres ont été injectés pour moderniser les ateliers créatifs, et Kemal Curic, nouveau directeur du design, a été recruté pour dessiner les contours de cette ère. Curic arrive avec une expérience solide et une influence sur plusieurs projets à différents stades, ce qui doit permettre une cohérence stylistique sur le long terme.

Sur la question de l’électrification, Collins tranche net : McLaren n’ira vers l’électrique que si la demande client l’impose. Pour l’instant, la marque privilégie les moteurs essence et les architectures hybrides, la seconde servant surtout à augmenter la puissance plutôt qu’à remplacer le cœur thermique. L’idée est de garder l’ADN McLaren : des sensations, sonorité, performances tout en intégrant l’électrification comme un outil technique. « Je l’ai déjà dit : nous ferons tout ce que nous avons toujours fait, mais mieux, et quelques choses en plus autour de cela. Nous toucherons un public plus large, mais à la manière McLaren. Nous ne ferons une voiture électrique que lorsque nos clients la demanderont. Et pour l’instant, ce n’est pas le cas », affirme Collins. « Mais quand ils seront prêts, nous pourrons le faire. »

Parmi les premières pierres de cette nouvelle ère figurent des modèles emblématiques : la W1, héritière spirituelle de la F1 et de la P1, la 788 HS qui clôt la Super Series, et la M6GT en continuation. Ces voitures servent de prologue : elles montrent la direction, le savoir-faire et la volonté de marquer les esprits.

Produits iconiques et récit personnel

La 788 HS, ultime expression de la Super Series, pousse le V8 biturbo 4,0l à des sommets de puissance et de caractère, tandis que la M6GT, reconstruite à partir des moules originaux, célèbre l’histoire de Bruce McLaren avec une mécanique d’époque remise en route. Ces projets mêlent hommage et modernité, démontrant que McLaren sait jouer sur plusieurs registres à la fois. « C’est l’expression ultime de cette lignée de voitures », s’est enthousiasmé Collins. « Nous avons recentré l’aérodynamique, la dynamique du véhicule, les systèmes de contrôle, le son du moteur et la tonalité de l’échappement : nous avons vraiment poussé le caractère à fond, en tournant tous les boutons et même plus ! »

Collins raconte son parcours avec une pointe d’émotion : des débuts chez Ford à la rencontre fortuite avec des figures du sport auto, jusqu’à la place qu’il occupe aujourd’hui. Pour lui, la F1 originelle a été une leçon de rupture des conventions : oser, prendre des risques, être créatif et c’est ce même esprit qu’il veut insuffler à la maison McLaren. La promesse finale est limpide : McLaren va « bouger vite et surprendre ». Attendez-vous à une succession de chapitres qui s’enchaînent, chacun conçu pour étonner, raviver la flamme des passionnés et élargir l’audience sans trahir l’âme de la marque.

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