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WRC : Ogier affole les statistiques du Monte-Carlo

Le septuple champion du monde, en compagnie de son copilote de toujours, Julien Ingrassia, a remporté bien plus qu’une victoire le week-end dernier en WRC au Monte-Carlo.

C’est la signature des grands. D’une maturité à toute épreuve, le génial Ogier, qui a poussé dans ses derniers retranchements son adversaire Elfyn Evans lors de la course au titre mondial 2020, en décembre à Monza (Italie), a donné à ses adversaires une impressionnante leçon de maitrise (psychologique et sur la piste) au volant de sa Toyota Yaris WRC. 

Cadeau d’anniversaire au Monte Carlo

A l’arrivée, du côté d’Entrevaux (04), et avant de revenir sur le port de Monaco pour la cérémonie officielle, Ogier semblait plus ému que d’habitude. Lui qui est d’habitude assez réservé, qui a signé pour une dernière saison alors qu’il avait dit qu’il s’arrêterait en 2020, semble vouloir profiter de cet ultime championnat à temps complet. Il faut dire que ce rallye, dont il est désormais le recordman de victoires avec 8 succès, lui a beaucoup apporté.

Le parc d’assistance situé depuis plusieurs années à Gap, sa ville natale, lui a certainement permis de se sentir chez lui, proche de sa famille et de ses amis. Tout comme il dit se sentir proche de l’Automobile-Club de Monaco, où il a été, plus jeune, commissaire bénévole lors des Grand Prix de Formule 1. Si on ajoute à cela que le Monte-Carlo se déroule en grande partie sur les routes de son enfance, on peut que toutes les conditions étaient réunies. On se retrouve alors un peu dans la même configuration que lorsque Loeb participait au rallye de France-Alsace. 

En remportant son 50ème rallye en WRC, qui plus est le jour de l’anniversaire de son père, Ogier devient aussi le premier pilote victorieux au Monte-Carlo avec 5 marques différentes. Il bat ainsi le record de Walter Röhrl, qui avait jusqu’à présent passé la ligne d’arrivée en vainqueur avec Fiat en 1980, Opel en 1982, Lancia en 1983, et Audi en 1984. Ogier a quant à lui gagné en 2009 avec Peugeot en IRC, un championnat certes moins relevé que le WRC, mais sur le même parcours et avec les mêmes difficultés offertes par le Monte-Carlo.

2021 FIA World Rally Championship / Round 01 / Monte Carlo Rally / 21-24 January, 2021 // Worldwide Copyright: Toyota Gazoo Racing WRT

Cette victoire compte alors de la même manière que celle de cette année, avec sa Toyota Yaris WRC. Entre Temps, il s’est imposé trois fois consécutives à bord d’une Volkswagen Polo WRC (2014, 2015 et 2016), deux fois avec M-Sport sur une Ford Fiesta WRC, en 2017 et 2018, puis a offert à Citroën une première victoire au Monte-Carlo en dehors des exploits de Sébastien Loeb et Daniel Elena, quant à eux victorieux à 7 reprises à bord de plusieurs modèles différents, mais toujours frappés du double chevron. 

Une domination inquiétante ?

Une fois l’émotion passée, il convient de reconnaître qu’Ogier a largement dominé son sujet le week-end dernier. Il s’est montré au-dessus de ses adversaires, voire très au-dessus, dans tous les compartiments du jeu : pilotage pur, analyse des sols, mental, stratégie. Certes, il y toujours un facteur chance. Mais on se demande bien qui pourra le battre, et plus généralement qui pourra inquiéter les Toyota cette saison.

Dans la même écurie, derrière le pilote français, le gallois Elfyn Evans et l’estonien Ott Tänak sont très rapides et disposent eux aussi d’une très performante Yaris WRC. Mais ils manquent encore d’expérience, comme on a pu le voir avec Tänak, à qui la 3ème place semblait promise, et qui est parti avec une seule roue de secours (au lieu de deux) le dimanche matin alors que les nouveaux pneus Pirelli avaient déjà montré leur fragilité à de nombreuses reprises.

Hyundai Motorsport, tenant du titre Constructeurs, constitue également un vrai concurrent dispose et toutefois de Thierry Neuville, 3ème à l’arrivée, et Dani Sordo, qui a assuré la 5ème position. Mais sans l’erreur de Tänak, Toyota aurait certainement signé un triplé, loin devant les Hyundai i20 WRC du constructeur coréen.

Il y aura donc deux batailles cette saison en WRC : celle entre Toyota et Hyundai, et celle entre Toyota et… Toyota, la concurrence interne semblant encore plus forte. Jari-Matti Latvala, qui a parfois été pénalisé par des consignes d’équipes, va peut-être lui aussi être amené à en prendre dans son nouveau rôle de team principal. Ce ne sera pas la partie la plus agréable du job. 

Le prochain rallye, qui se déroulera fin février dans le grand nord finlandais, devrait se dérouler intégralement sur la neige et la glace. Il n’y a plus tellement de pilotes nordiques en mondial de rallye, hormis Rovanperä, pilote finlandais chez Toyota et 4ème du Monte-Carlo.  Le norvégien Mikkelsen, qui a développé l’ensemble de la gamme Pirelli apparue cette saison, sera quant à lui au départ mais en WRC2, au volant d’une Skoda Fabia R5. 

Didier Laurent

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