La future Renault Mégane veut battre des records d’autonomie
Préparez-vous à une révolution : la prochaine génération de la Renault Mégane abandonne son format atypique pour adopter une silhouette audacieuse, une propulsion électrique et viser une autonomie record de 750 kilomètres.
Texte : Gaël Angleviel / Images : générée par IA à partir du concept-car Emblème
En bref :
- Autonomie record : Renault vise 750 km d’autonomie pour ses futurs modèles électriques et jusqu’à 1 400 km en version prolongée.
- Transition technique : Passage à la propulsion arrière et adoption d’une architecture logicielle de pointe pour dynamiser le comportement routier.
- Nouveau design : Un style plus épuré et intemporel s’affranchissant des codes rétro des Renault 4 et 5 pour séduire le segment C.
La nouvelle Renault Megane s’attaque frontalement à la Tesla Model Y
Le constructeur français s’apprête à transformer radicalement des modèles phares comme la Mégane, le Scénic et le Rafale grâce à une architecture de pointe inédite, combinant dynamisme sportif, grandes autonomies et tarifs accessibles. Ce sera aussi l’occasion d’introduire un nouveau langage stylistique, plus premium, moins exotique et s’affranchissant des codes néo-rétro dédiés aux icones que sont les R4, R5 et Twingo.
Renault a confirmé que la plateforme RG EV Medium 2.0 servira de base aux futurs Scénic et Rafale et l’entreprise réfléchit mûrement à la façon de remplacer la célèbre Mégane. Cette nouvelle plateforme est conçue pour accueillir des véhicules mesurant de 4,30 à 4,80 mètres de long. Avec un empattement généreux de 2,85 mètres, cette base s’installe au cœur du segment C familial tout en permettant de remplacer de plus grands fleurons. Côté motorisations, la firme promet du 100 % électrique pur et des versions à prolongateur d’autonomie (REx), visant respectivement des rayons d’action impressionnants de 750 et 1 400 kilomètres pour rassurer les anciens gros rouleurs diesel.
L’autre séisme technique réside dans l’adoption de la propulsion arrière. En gérant un bond de puissance important culminant à 275 ch et 350 Nm de couple, les roues arrière motrices libèrent le train avant des contraintes de motricité. « La traction avant pose des problèmes de comportement et de maniabilité ; c’était très difficile à régler sur les actuels Scénic et Mégane », confie Philippe Brunet, responsable technique chez Renault. Cette disposition facilite également l’intégration en logeant l’électronique de puissance sous les sièges arrière.
La nouvelle plateforme, capable de supporter aussi bien des SUV surélevés que des berlines basses, permettra de proposer une Mégane au design très différent. Laurens van den Acker, directeur du design du groupe Renault, déclare : « Les futures plateformes électriques offriront des silhouettes différentes dès le départ. Des empattements plus longs, de plus grandes roues, des porte-à-faux plus courts ; des voitures qui ne sont pas aussi hautes qu’un SUV mais pas aussi basses qu’une berline. »



Une esthétique beaucoup plus épurée
Si la silhouette actuelle de la Mégane E-Tech s’est révélée trop compacte et atypique, la prochaine mouture profitera de la flexibilité de cette plateforme pour proposer des silhouettes novatrices. Laurens van den Acker, directeur du design du groupe, l’affirme : les futurs véhicules électriques afficheront des empattements allongés et des porte-à-faux réduits, s’intercalant entre la stature d’un SUV et la ligne basse d’une berline traditionnelle.
Inspiré par le concept E-Space, le langage stylistique se veut plus sage, mature et intemporel, fuyant la surcharge visuelle pour monter en gamme. À bord, l’ergonomie fera la part belle à un affichage panoramique étiré sous le pare-brise, pensé pour réduire la fatigue oculaire, secondé par une commande centrale tactile et des interactions vocales enrichies par l’intelligence artificielle. En conjuguant cette audace technologique à un raffinement typiquement français, Renault ambitionne de séduire une nouvelle clientèle connectée comme des concurrents premium à l’image de la Tesla Model Y.
Une technologie plus poussée… obligatoire
Philippe Brunet, directeur de la technologie du Groupe Renault, apporte ensuite plus de détails techniques sur le projet : « Lorsque nous avons commencé l’étude de cette nouvelle plateforme, l’idée était d’apporter quelque chose que les Chinois n’ont pas. Une voiture du segment C capable d’atteindre 750 km WLTP avec une batterie LFP, sous la barre des deux tonnes; vous n’en trouverez pas sur le marché. »
Alors que les batteries des véhicules électriques de BMW dépassent facilement les 100 kWh, Brunet indique que c’est beaucoup plus difficile sur les voitures du segment C ayant des empattements plus courts, et à des prix abordables. « C’est pourquoi nous pensons devoir maintenir un niveau d’énergie de batterie raisonnable, sous les 90 kilowattheures. » La batterie sera installée selon la structure cell-to-body en tant que composant structural, faisant office de plancher pour la voiture. En reposant sur cette nouvelle plateforme de pointe, Renault pérennisera ses modèles pour y intégrer la conduite autonome et la direction par câble (steer-by-wire).
Brunet ajoute : « Nous ne sommes pas un constructeur premium, nous devons donc prendre soin de nos clients en matière de prix. Si vous me demandez si je vois un vrai avantage avec des technologies comme la direction par câble, je vous réponds oui, pour différentes raisons. Mais si vous me demandez si, un jour, il faudra mettre sur le marché le niveau L4, qui est le niveau supérieur en termes de conduite autonome, je vous dirai que la technologie par câble est obligatoire. » Avec de nombreuses firmes chinoises sur le point de proposer la conduite sans les mains de Niveau 2++ dans les segments généralistes européens dès 2028, Renault sait qu’il doit maintenir le rythme.
En assemblant toutes les pièces du puzzle, il apparaît clairement que Renault ne cherche pas seulement à conserver ses clients actuels, mais aussi à séduire de nouveaux acheteurs férus de technologie vers un modèle qui ressemble davantage à une Tesla Model Y qu’à une Renault Mégane. La clé réside toutefois dans le fait qu’elle sera conçue avec une touche de style français authentique et fidèle aux valeurs de la marque.


