E-Space Concept, Renault renoue avec la « voiture à vivre »

Le groupe Renault s’apprête à dynamiter le Mondial de l’Auto avec une pluie de nouveautés électrisantes, du retour nostalgique du monospace E-Space à l’inédite Alpine PS1.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Groupe Renault

Renault relance la « voiture à vivre »

En bref :

  • Le concept E-Space ressuscite l’esprit visionnaire du monospace de 1984 sous les traits d’un écrin futuriste et spacieux.
  • La bouille espiègle de la nouvelle Twingo s’offre un audacieux toit panoramique baptisé « Twingobay ».
  • Alpine sort les griffes avec le « Projet Spécial 1 », un concept-car radical prêt à bousculer la hiérarchie des sportives.

Le Renault Espace s’apprête à boire à la même fontaine de jouvence néo-rétro que les R5, R4 et Twingo. Avec le nouveau concept E-Space, la firme tricolore offre une cure de modernité à son mythique transporteur de troupes des années 80. Conçu pour rendre hommage au modèle originel de 1984, ce concept-car illustre l’ambition de la marque de perpétuer sa philosophie des « voitures à vivre ». Cet ADN, ancré dans l’héritage du losange depuis la R16, coule manifestement toujours dans ses veines.

Le concept E-Space : la réincarnation d’un pionnier

Fidèle à la révolution qu’incarnait la première génération, le concept E-Space adopte une silhouette monocorps. Ce cocon familial marie un museau tronqué en biseau à une immense verrière lumineuse. Si cette physionomie privilégie la rationalité spatiale, elle fend l’air avec un profil d’une fluidité désarmante. L’affiliation saute aux yeux, mais le coup de crayon a mué : l’allure se fait plus expressive, les mensurations plus opulentes. Les passages de roues musclent le jeu, tandis que la proue est dévorée par un bandeau lumineux en « U » abritant un losange étincelant qui émerge d’un lit de pixels. En contrebas, les feux de jour carrés semblent avoir été dérobés à la facétieuse R5 électrique.

L’aérodynamisme dicte sa loi à travers une myriade d’astuces invisibles : un becquet de toit fuyant, des poignées de portes effacées et des caméras greffées en guise de rétroviseurs. Si l’habitacle garde encore sa part de mystère, l’E-Space semble abriter six places et un volant d’avion type « yoke ». L’espace à bord promet d’être cathédralesque : avec des roues repoussées aux quatre coins de la carrosserie et une longueur étirée à 4,70 mètres, le concept toise de haut son illustre aïeul.

Lors de l’annonce, Renault a souligné : « Avec son design iconique et ses technologies utiles, le concept E-Space incarne la stratégie futuREady de la marque : réinventer l’expérience automobile en plaçant les besoins des utilisateurs et la vie à bord au cœur du processus créatif. » Tous les secrets de ce concept seront mis en lumière le 12 octobre au Mondial de l’Auto de Paris, où il paradera aux côtés de l’époustouflante Renault 8 Gordini, ressuscitant un tout autre chapitre de la mythologie française.

Côté mécanique, cet Espace de nouvelle ère devrait reposer sur l’inédite plate-forme RGEV Medium 2.0. Conçue nativement pour l’électrique, elle pourra également engloutir des motorisations hybrides à prolongateur d’autonomie (REx). La gigantesque batterie logée dans l’empattement pourrait offrir une autonomie magique frôlant les 800 kilomètres, tandis qu’un moteur électrique inédit animera les roues arrière, une révolution historique pour l’Espace, éternelle traction avant.

Twingobay : une bulle de lumière pour la citadine espiègle

Charismatique, diablement amusante à mener et farouchement accessible, la nouvelle Twingo s’apprête à accroître encore son pouvoir de séduction. Renault lève le voile sur le « Twingobay », un toit panoramique inédit étalant ses 0,7 m² sous une forme ovoïde singulière. Loin de dénaturer les lignes inspirées des années 90, cette excentricité vitrée vient sublimer sa silhouette.

Il ne s’agit pas d’un simple bout de verre posé sur le pavillon. Ses contours dissimulent « l’alphabet graphique Twingo », intégrant un « N » mimant l’optique de phare et un « G » déguisé en icône de géolocalisation. « Ce détail exclusif rappelle l’univers ludique et décalé de la Twingo, tout en créant une signature visuelle distinctive », précise la marque. Ce puits de lumière multicouche filtrera 99,9 % des rayons UV en plein cagnard tout en séquestrant la chaleur en hiver, reléguant le traditionnel store occultant aux oubliettes.

Sous cette bulle de verre, la recette technique reste inchangée par rapport aux versions tôlées : une batterie de 27,5 kWh alimentant un bloc électrique de 80 ch sur le train avant. Si ce couvre-chef transparent ajoute quelques kilos sur la balance, il n’écornera pas l’autonomie WLTP de 262 kilomètres ni l’accélération de 0 à 100 km/h avalée en 12,1 secondes. Prévue pour l’été 2027, cette déclinaison Twingobay gardera son tarif secret encore quelque temps. À titre de comparaison, la Renault 4 Plein Sud et son toit en toile rétractable exigent aujourd’hui une rallonge d’environ 1 800 € face au modèle de base.

Alpine PS1 : l’arme fatale pour faire trembler Porsche

Après s’être invitée dans l’arène des citadines survoltées avec l’A290 et dans celle des SUV dynamiques avec l’A390, Alpine renoue avec ses amours de toujours : la sportive pure souche. Voici le « Projet Spécial 1 », ou PS1. Loin d’être une console de jeux vintage, il s’agit du tout premier concept-car issu du pôle « Projets Spéciaux » d’Alpine, une entité distincte des modèles de grande série.

Si le mystère plane encore, le premier teaser dévoile un regard effilé comme une lame de rasoir, sublimé par une signature lumineuse intégrant le pavillon tricolore. Le museau, collé au bitume, laisse deviner une carrosserie d’une fluidité diabolique. Ce concept devrait partager la plate-forme APP (Alpine Performance Platform) avec la future A110 électrique, une architecture caméléon capable d’accueillir aussi bien des cœurs électriques que des mécaniques thermiques hybridées.

Si la PS1 préfigure une bête de route produite en série ultra-limitée, elle confirmera le changement de dimension du constructeur. Récemment, l’exclusive A110 R Ultime, facturée environ 320 000 €, a prouvé qu’Alpine n’avait pas peur des sommets. Philippe Krief, patron de la marque, ne cache d’ailleurs pas son ambition de chasser sur les terres de Porsche, opposant l’A110 au Cayman et la future A310 à la mythique 911.

À propos de l’avenir de ces projets spéciaux, le dirigeant s’est montré limpide : « Comme nous l’avons fait pour l’Ultime, nous avons ajouté de la puissance, modifié la boîte de vitesses, métamorphosé le châssis et repensé l’aérodynamisme. Il pourrait s’agir de voitures électriques, thermiques ou hybrides. Une fois que vous disposez d’une nouvelle plate-forme et d’une panoplie de motorisations, un océan d’opportunités s’ouvre à vous. » Affublés du sceau « Exclusive », ces modèles permettront à Alpine de s’inviter, à pas de loup, dans la cour très convoitée des supercars d’exception.

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