Porsche dévisse et perd 99 % de ses bénéfices !
Porsche est dans une très mauvaise période où la firme de Stuttgart négocie sa transition électrique mais perd 99 % de ses bénéfices.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Porsche AG
En chute libre, Porsche perd 99 % de ses bénéfices
Que se passe-t-il au royaume de Porsche ? Malgré des ventes record aux États-Unis, Porsche a vu ses bénéfices s’effondrer de 99 % au cours des neuf premiers mois de l’année. L’entreprise évoque une conjonction de facteurs : la restructuration de sa gamme, des conditions de marché difficiles en Chine, ainsi que des effets exceptionnels liés à ses activités dans les batteries. À cela s’ajoutent les droits de douane, qui devraient lui coûter environ 700 millions d’euros cette année.
Dans le détail, le résultat opérationnel est passé de plus de 4 milliards d’euros en 2024 à seulement 40 millions aujourd’hui. Une chute vertigineuse que la marque tente d’amortir par une hausse de ses tarifs et un repositionnement plus sélectif sur le plan commercial, censé préserver des marges « à un niveau convenable ». Malgré ces turbulences, Porsche se félicite d’un flux de trésorerie net automobile en hausse, passé de 1,24 à 1,34 milliard d’euros, preuve selon elle de la solidité de ses opérations dans un environnement instable.
Mais cette transition financière n’est pas la seule secousse que connaît le constructeur. Lors de la présentation de ses résultats trimestriels, Porsche a confirmé que le temps est compté pour trois modèles majeurs, dont le Macan à moteur thermique. Un symbole, puisque le SUV compact demeure le modèle le plus vendu de la marque avec 64 783 exemplaires livrés sur les neuf premiers mois de l’année.
Comment inverser la tendance ?
Selon Jochen Breckner, membre du directoire en charge des finances et de l’informatique, la production du Macan essence se poursuivra « jusqu’à la mi-2026 », avec des livraisons possibles jusqu’en 2027 dans certains marchés. Porsche prévoit d’ailleurs de constituer des stocks stratégiques pour combler le vide avant l’arrivée du nouveau Macan, qui sera décliné en versions hybride rechargeable et thermique, en complément du Macan électrique déjà commercialisé.
Le futur modèle, baptisé en interne « B-SUV », partagera sa plateforme avec la prochaine Audi Q5, signe d’une mutualisation accrue entre les marques du groupe Volkswagen. Ce repositionnement s’inscrit dans une réorientation stratégique : après avoir misé massivement sur l’électrique, Porsche choisit désormais un équilibre entre moteurs thermiques, hybrides et électriques. « À partir de 2028, une offre de motorisations plus équilibrée renforcera notre position sur le marché et soutiendra une croissance durable », promet Breckner.
Cette stratégie s’appliquera aussi aux futurs 718, dont les Boxster et Cayman actuels vivent leurs dernières heures. La production s’arrête d’ici la fin du mois, les « toutes dernières unités » sortant actuellement des lignes. Ainsi, dans un contexte économique chahuté, Porsche réinvente son avenir : moins d’électrique à court terme, un retour assumé des moteurs thermiques et hybrides, et la promesse d’un équilibre entre plaisir, rentabilité et adaptation réglementaire. La fin d’une époque, sans doute, mais surtout le début d’un nouveau virage stratégique pour la firme de Zuffenhausen.
Deuxième revers après l’exclusion du DAX
Le résultat en très net recul est un autre revers après l’exclusion de Porsche de DAX, indice de référence regroupant les 40 plus grandes entreprises allemandes. La marque, pilier du luxe automobile et fleuron industriel, avait dû céder sa place à Scout24 SE, la société à l’origine de la plateforme immobilière ImmoScout24, numéro un en Allemagne pour la location et la vente de biens résidentiels et commerciaux.
En effet, l’action Porsche a chuté de plus de 33 % en un an, pour s’établir à 44,35 € à la clôture, soit environ 51,67 dollars. Sur l’année 2025, le titre affiche encore une baisse de près de 25 %, malgré un léger redressement au cours des derniers mois. En toile de fond, plusieurs vents contraires : la flambée des droits de douane, le ralentissement du marché chinois et une réorientation stratégique coûteuse, alors que la marque cherche à équilibrer son offre entre moteurs thermiques, hybrides et électriques.
Cette rétrogradation vers le MDAX, indice regroupant les entreprises de taille intermédiaire, fait tache pour une marque aussi prestigieuse. Interrogé par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Oliver Blume, le PDG de Porsche, a tenté de dédramatiser la situation, déclarant vouloir « revenir dans le DAX dès que possible ». Non sans ironie, il a ajouté que l’indice allemand serait désormais “appauvri d’une des entreprises les plus précieuses du pays”.


