Renault 8 Gordini Concept, pièce unique pour le futur musée de Flins
Destiné au futur Musée de Flins, cette étude Renault 8 Gordini Concept est la réinterprétation moderne de la mythique R8. Il sera l’une des attractions du stand Renault au Mondial de l’Auto de Paris du 12 au 18 octobre 2026.
Texte : Gaël Angleviel / Images : DPPI – Renault
Renault 8 Gordini, l’âme d’un mythe destinée à un musée
En bref :
- Coupé électrique deux places, 270 ch, propulsion électrique, dévoilé le 24 septembre au défilé Renault
- Design « café racer » 100 % maison, issu d’un concours interne parmi plus de 300 esquisses
- Exposé au Mondial de l’Auto de Paris, du 12 au 18 octobre 2026
Soixante-deux ans après le lancement de la Renault 8 Gordini, Renault en propose une lecture contemporaine : un coupé électrique de deux places, bas sur pattes, à l’architecture toujours confiée aux roues arrière, mais désormais mues par un moteur de 270 ch. La silhouette, large et radicale, revendique des proportions de compétition plus que la carrosserie quatre portes de son aïeule.
Lancée en 1964 avec 95 ch, la R8 Gordini avait la réputation d’une voiture exigeante : moteur à l’arrière, roues arrière motrices, et un comportement qui ne pardonnait rien aux distraits. C’est sur cette mécanique délicate que s’est formée toute une génération de pilotes, Jean Ragnotti en tête. Avec sa double bande blanche restée dans les mémoires, la « Gorde » avait démocratisé la performance sportive une décennie avant l’arrivée des GTI.






Star du Mondial, pour quelques déçus ?
Avec une telle audace dans ce dessin d’un coupé réinventé face à la marée de SUV qui encombrent nos concessions, la Renault 8 Gordini Concept fera très certainement tourner les têtes. Certains y verront même un modèle presque abouti, prêt à sauter le pas de la production, mais il y aura forcément des déçus… Ce manifeste qui puisse ses racines dans le glorieux passé du losange, est une pièce unique destinée au futur musée de Flins qui ouvrira en 2027. Très peu de chances que l’état-major de Renault change ses plans et décide de le produire, même en petite série. Dans une économie mondiale de l’automobile sclérosée par d’innombrables problèmes économiques et géopolitiques, aucun constructeur à l’heure actuelle ne se peut se permettre de proposer un modèle exotique tel que le coupé-concept R8 Gordini. A ce titre, il connaîtra le même engouement (et la même issue) que le Peugeot e-LEGEND présenté au Mondial de l’Auto de Paris en 2018, également sous forme de coupé électrique de 462 ch. L’héritière spirituelle de la 504 Coupé ne verra jamais le jour.



À la différence du show-car R17, façonné avec le designer Ora Ito, ce concept est signé intégralement par les équipes Renault. Le projet est né d’un concours interne : plus de 300 esquisses proposées, du plus classique rétro au plus futuriste, avant qu’une sélection de deux pistes, développées en maquettes à l’échelle 2/5e, ne fusionne en une seule synthèse. Avec 4,12 m de long, 1,88 m de large pour seulement 1,27 m de haut, la voiture s’écrase littéralement sur ses roues (19 pouces à l’avant, 20 à l’arrière), un déséquilibre visuel qui accentue l’effet propulsif. La carrosserie coupé, à la proue en V soulignée de six projecteurs, laisse deviner à l’arrière une poupe élargie, musclée, où loge cette fois un moteur électrique et non plus un bloc thermique.
« La silhouette caractéristique de la Renault 8 quasi symétrique entre l’avant et l’arrière a été réinterprétée et dynamisée en plaquant la voiture au sol avec une cabine plus fluide, des voies larges, des ailes proéminentes et des tailles de roues qui atteignent 19 » à l’avant et 20 » à l’arrière. » confie Alexandre Malval, directeur du design Renault.



Les clins d’œil, disséminés plutôt qu’affichés
Renault reprend ici la grammaire du café racer, empruntée au monde de la moto personnalisée et déjà appliquée à la Renault 5 Turbo 3E : des lignes débarrassées de tout artifice. L’ancienne baguette chromée du flanc s’efface au profit d’une ligne de carre creusée à même la tôle. Le capot avant, désormais sans joint d’ouverture, se retire d’une seule pièce, comme sur une voiture de course.
Le lettrage Gordini retrouve les stries de son badge d’origine, complété d’un emblème « 8 » inédit à huit segments. Sur le flanc, l’embossage qui courait sur la R8 originelle reprend du service mais sert désormais à guider l’air vers une ouïe d’aération. La double bande blanche, purement décorative sur le modèle de 1964, devient ici un axe structurant : elle aligne les grilles du capot, le graphisme des feux arrière, et se prolonge jusque dans l’habitacle, passant du blanc au bleu sur la casquette de bord. « Il ne s’agit pas de bandes posées sur un volume, mais d’éléments structurant qui orchestrent le design de la voiture. » confirme Kévin Goncalves, designer extérieur.



Un habitacle qui bannit le superflu
À bord, l’aluminium brossé remplace le plastique et dialogue avec l’Alcantara. Les cadrans ronds, en réalité des écrans numériques, flottent sur une planche redevenue horizontale, un écho à la plaque percée de l’originale. Seul le point rouge du déclencheur de chronomètre vient perturber cette sobriété. Les sièges baquets noirs, tendus d’un velours côtelé bleu, rejouent sans appui-tête la silhouette plate des sièges d’époque. « Dans l’habitacle, le nombre de pièces est limité et chacune d’entre elles est particulièrement soignée et épurée. Elles font à la fois partie de la structure et du décor. » précise Robin Biondi, designer intérieur.
Après sa révélation au défilé Renault de ce 24 septembre, le concept-car prendra la direction du Mondial de l’Auto de Paris, du 12 au 18 octobre, avant de rejoindre à terme les collections du futur musée Renault de Flins.


























