Rétromobile 2026 : les coups de cœur de la rédaction !
Pour sa 50ᵉ édition, Rétromobile 2026 voit les choses en grand et transforme une nouvelle fois Paris en capitale mondiale de l’automobile de collection. A cette occasion, la rédaction de l’Agenda Automobile dévoile ses coups de cœur.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Philippe Hortail
Rétromobile 2026, une édition haute en couleurs
Du 28 janvier au 1ᵉʳ février 2026, le Parc des Expositions de la Porte de Versailles accueillera l’événement d’une ampleur exceptionnelle : 600 exposants, plus de 2 000 véhicules présentés et une surface d’exposition portée à 80 000 m², faisant de cette édition anniversaire l’une des plus vastes jamais organisées. Entre trésors historiques, constructeurs prestigieux, ventes aux enchères et expositions inédites, Rétromobile promet un voyage à travers un siècle d’ingéniosité mécanique, célébré avec une scénographie spectaculaire et un public attendu de près de 150 000 passionnés. Et à cette occasion, et comme presque toutes les années, nous avons fait le déplacement pour choisir nos coups de cœur.
Bugatti Pursang Rail, pour sauver Bugatti !
Le Bugatti “Pursang” Rail, lancé en 1933, est né d’une nécessité vitale : sauver l’entreprise Bugatti frappée de plein fouet par la crise de 1929. Ettore Bugatti, en manque de débouchés pour le colossal moteur de la Type 41 Royale, décide de se tourner vers le rail, un secteur en pleine modernisation. Le résultat est un autorail révolutionnaire, léger, rapide et luxueux, propulsé par deux à quatre moteurs essence dérivés de la Royale, capables d’offrir une puissance cumulée allant jusqu’à 800 ch. Mis en service dès 1933, ces “pur‑sang du rail” rencontrent un succès immédiat : 88 unités sont produites et exploitées sur plusieurs réseaux français, assurant un redressement spectaculaire de la marque. Leur carrière s’étend jusqu’à la fin des années 1950, lorsque l’arrivée du diesel, plus économique et plus simple à entretenir, rend obsolètes ces autorails sophistiqués et coûteux. Le programme est alors abandonné, mais il reste l’un des chapitres les plus audacieux et inattendus de l’histoire Bugatti : celui où l’automobile de prestige a sauvé sa peau… grâce au chemin de fer.








Ferrari Testarossa, une maquette inédite
La Ferrari Testarossa, icône absolue des années 80, trouve ses racines dans une maquette conceptuelle présentée en 1980, alors que Maranello prépare l’héritière de la 512 BB. Cette étude de style, encore confidentielle à l’époque, explore déjà les lignes anguleuses, les volumes élargis et les prises d’air latérales surdimensionnées qui deviendront la signature du modèle définitif lancé en 1984. Ferrari cherche alors à répondre à plusieurs enjeux : améliorer le refroidissement du flat‑12, satisfaire les normes américaines de sécurité et offrir une GT plus habitable, tout en conservant l’aura sportive de la marque. Le projet évolue rapidement, mais certaines pistes de la maquette — notamment des proportions extrêmes et des solutions aérodynamiques trop radicales — sont abandonnées pour des raisons de coût, de faisabilité industrielle et d’homologation. La Testarossa de série, plus civilisée mais tout aussi spectaculaire, devient un phénomène mondial, éclipsant totalement l’étude de 1980, restée dans l’ombre comme un jalon essentiel du processus créatif. Cette maquette demeure aujourd’hui un témoignage rare de la transition stylistique de Ferrari à l’aube de la décennie la plus flamboyante de son histoire.










