L'AGENDA DE L'AUTOMOBILE

Roue Libre : la bonne idée de l’ACR

Renault Labourdette 1915 du Maréchal Joffre

L’Automobile-Club du Roussillon a souhaité redonner vie au Circuit des Platanes, en plein de centre-ville de Perpignan. Pour cela, il a imaginé plusieurs animations sous le label Roue Libre. Une manifestation de trois jours qui s’est déroulée du 3 au 5 juin, et qui a été une grande fête de l’automobile et de la mobilité.

Un tour de force. A l’heure où la voiture est chassée du centre-ville Jean-Pierre Joffre, le président de l’Automobile-Club du Roussillon, a imaginé Roue Libre, un événement automobile de trois jours en plein coeur de Perpignan. Au programme, la mise en lumière de nos voitures d’antan, mais aussi la promotion des véhicules contemporains et de la mobilité douce.

La voiture ancienne d’abord

Roue Libre voulant célébrer le centenaire de l’ACR (né en 1920), les organisateurs ont décidé de rassembler 100 voitures, une par année, entre 1922 et 2022. Un sacré challenge, qui s’est traduit par des mois de recherche afin de trouver les véhicules et convaincre leurs propriétaires. Mais pour cela l’Automobile-Club disposait d’un formidable levier : la reconstitution du Circuit des Platanes selon son tracé d’origine, pour y faire rouler les voitures le temps d’une parade. Ce tracé date des années 40, et a accueilli quatre Grands Prix entre 1946 et 1949, dont le dernier a été remporté par Juan Manuel Fangio. Un Grand Prix Historique y a ensuite été organisé, en 1994, mais aucune manifestation automobile ne s’y était déroulée depuis. C’est donc peut-être cette attractivité, qui a permis aux participants d’entrer dans l’histoire du circuit , qui a pesé dans la balance.

Roue Libre a su convaincre la mairie de Perpignan

Jean-Pierre Joffre, le petit-fils du Maréchal, est un combattant. C’est à force de négociations qu’il a réussi à convaincre la mairie de fermer les rues à la circulation (uniquement le dimanche) afin de reformer les 2,250 km du tracé d’origine. Il n’y avait pas pas de difficulté sur la physionomie du tracé. Les rues n’ont pas changé depuis 1949. En revanche, priver les citoyens de leur liberté et entraver la circulation dans ce quartier populaire était un autre challenge. Et pourtant, tout s’est formidablement déroulé. Comme quoi, en matière d’automobile comme ailleurs, quand on est de bonne volonté…

100 ans d’automobile sous nos yeux

Autant le dire tout de suite : la scène était assez émouvante. Rassembler autant de voitures, une par année, en même temps et au même endroit, est à la fois exceptionnel et symbolique. Stationnées avenue Wilson, les voitures classées par période offrent un sacré spectacle. Le cortège en impose. Puis, quand elles se sont élancées, nous nous sommes rendus compte que nous étions en train d’assister à quelque chose de particulier. Il est rare, pour ne pas dire unique, de voir rouler ensemble autant de générations d’automobiles. En les regardant défiler, on peut alors prendre conscience des évolutions stylistiques, des différentes technologies qui ont jalonné notre mobilité et l’histoire de l’automobile. De la Citroën C2 Trèfle de 1921 à la Mini électrique actuelle, qui fermait le cortège, les spectateurs ont pu admirer bon nombre de véhicules d’avant-guerre, mais aussi des sportives iconiques, des modèles familiaux, populaires ou de prestige. Un véritable musée à ciel ouvert, où le mélange des genres était particulièrement réussi et où le temps qui passe ici rendu palpable par le défilé des carrosseries.

Les clubs et les particuliers ont pu rouler

Il suffisait de s’inscrire avec sa voiture pour profiter des plateaux ouverts par ailleurs au public. Une activité qui a reçu un grand succès, même si la règle était davantage de « parader » que de combattre un chrono qui n’existait pas. On a alors pu voir en piste des Porsche de toutes les époques, des Mini de plusieurs générations, ou encore des Alpine, une Rolls-Royce, des Mustang et autres muscle-cars américaines. Dans l’après-midi, trois des clubs présents (Mini, Alpine et Porsche) ont également été rejoints par un groupe d’une quinzaine d’Harley-Davidson qui ont paradé avec deux Sprint-Car (apportés par la FFSA) qui ont, pour une fois, pu emprunter une route d’ordinaire ouverte à la circulation.

Les concessionnaires présents

Roue Libre a été organisé avec le soutien de la mairie de Perpignan, mais aussi de Mobilians, l’ancien CNPA, qui tenu à être partenaire de l’événement. Regroupant les professions de l’automobile sous une même entité, Mobilians devait fédérer les concessionnaires automobiles autour du projet. Le contexte politique à l’approche des législatives ne rendant pas les choses faciles, toutes les marques n’ont pas été représentées. Mais on notera tout de même la présence de la concession BMW Alart, enseigne importante dans l’histoire automobile perpignanaise, mais aussi celle des groupes Tressol Chabrier ou Scala Automobiles. Des marques comme Alpine, Renault, Mercedes, Jaguar, Jeep, Range Rover, BMW ou les quatre principaux labels du groupe Volkswagen étaient présents. En marge des manifestations en véhicules anciens, les spectateurs ont ainsi pu prendre connaissance de l’actualité automobile, très souvent électrifiée, qui s’offre aujourd’hui à eux. Afin de pousser le curseur des transports décarbonatés, Roue Libre avait également prévu un espace dédié à la mobilité douce.

Le Fardier de Cugnot en vedette

Autre grosse attraction du week-end, cet engin de plus de 7 mètres de long, construit à l’origine à la fin du 18ème siècle pour assister les fantassins au combat. Fonctionnant avec une chaudière qui distribue de la vapeur, l’impressionnant véhicule est capable d’atteindre 6 km/h en pointe, et pendant 1h30. Ludique et chargée d’histoire, cette réplique construite en 2010 est la seule au monde à être en activité. Petits et grands ont particulièrement apprécié les démonstrations faites par les membres de l’association, des passionnés en costume d’époque !

Des aspérités satellites…

Tout d’abord au pied du Castillet, à moins d’un kilomètre du Palais des Congrès devant lequel beaucoup de choses se sont déroulées, les passants pouvaient admirer quelques voitures d’exception. La Renault Labourdette 1915 du Maréchal Joffre, qui appartient aujourd’hui à la maison de Champagne Taittinger, avait de quoi impressionner. A ses côtés, la Bugatti Veyron et son moteur 16 cylindres avait l’air bien petite. Il y avait aussi deux Ferrari : d’abord une 250 GT châssis court de 1960, et une barquette Monza SP2 de 2019. Deux modèles que les connaisseurs ont bien identifié. On notera aussi la présence d’un prototype préparé par les frères Almeras, qui présentait la particularité d’être homologué à la fois pour la route et pour la course, et plus particulièrement les 24 Heures du Mans. Alors que les spécialistes détaillaient la Citroën DS carrossée par Chapron, la fameuse « Le Dandy », seuls les personnes averties ont pu reconnaitre une Alart de 1958, cette petite berlinette à moteur Simca développée à Perpignan par Marcel Alart, d’abord concessionnaire Porsche puis BMW.

Renault Labourdette 1915 du Maréchal Joffre
La Renault Labourdette 1915 du Maréchal Joffre, avec son petit-fils Jean-Pierre au volant

… Et une expo photos

Cathy Dubuisson, Xavier de Nombel, Bernard Asset, Laurent Villaron ou encore Christian Martin, les plus grandes signatures de la photo automobile tricolore exposaient à Perpignan. Pour encore rendre leur travail -mais aussi celui d’autres photographes- plus accessible, le journaliste Robert Puyal avait concocté un diaporama de 35 minutes regroupant les plus belles photos de presse automobile. Toutes ces oeuvres côtoyaient un grand nombre de clichés dédiés aux Grand Prix de Perpignan, avec des légendes riches permettant de se plonger dans l’ambiance de l’époque. Enfin, une centaine de miniatures, classées par année et là aussi pour célébrer le centenaire de l’ACR, a été rassemblée pour le plaisir des yeux uniquement. En effet, si les photos étaient à vendre, ce n’était pas le cas de ces raretés.

La 2 CV de Séguéla et de Baudot était là

En 1958, le futur publicitaire Jacques Séguéla et son ami Jean-Claude Baudot prennent la route au volant d’une Citroën 2CV. Ils s’élancent depuis leur Perpignan natal et vont parcourir 80 000 km en 13 mois. Une longue aventure dont ils tireront un livre, La Terre en rond, mais aussi un film, lequel a été projeté ce samedi 4 juin au Palais des Congrès de Perpignan, en présence de Jean-Claude Baudot. L’homme s’est ensuite prêté au jeu des questions/réponses, à quelques mètres de la 2 CV à bord de laquelle il a effectué ce périple il y a 64 ans. Signe que Roue Libre voulait parler de mobilité à travers le temps, se trouvait à côté de la Citroën 2 CV de 1958 un autre exemplaire, cette fois neuf d’apparence, mais qui avait été retrofité. Autrement dit, que son moteur thermique a été remplacé par un bloc électrique, alimenté par des batteries logées dans le coffre.

Plus d’infos sur cette manifestation, les voitures présentes, les conditions, le club… :

Homepage