L'AGENDA DE L'AUTOMOBILE

Sécurité routière – Essai de la 4L

A l’attention des membres du Comité Interministériel de la sécurité routière.

On nous explique (on, c’est le gouvernement, la sécurité routière et les associations intégristes qui gravitent autour) que la vitesse tue, que c’est pas bien, non, qu’il ne faut plus rouler au-delà de 130 km/h (sur autoroute !), que les conducteurs qui dépassent 180 km/h sur  ces voies sont des délinquants et patati et patata… Certes, il est vrai que la vitesse INAPPROPRIÉE peut conduire à l’accident. Ou aggraver celui-ci.

essai 4L 4

Résultat, on a droit à un discours simpliste à grand renfort de « Les radars ont fait baisser le nombre de mort… pour poursuivre, mettons en plus ! » Passons rapidement sur des mesures comme le renforcement des contrôles anti-alcool, drogue et médicaments qu’on oublie allègrement. Ou encore le check-up médical des séniors sur leur capacité de conduire dont on se moque royalement. Ou encore de l’endormissement, du non respect des feux, du manque de formation, des conducteurs qui sont de plus en plus distraits dans nos voitures modernes, du réseau routier rempli de nids de poule etc. Et plein d’autres mesures qui permettraient, elles, de continuer à lutter contre les accidents.

Nicolas Sarkozy a déclaré il y a peu «  »Je ne laisserai pas repartir le nombre de morts sur les routes à la hausse. Je ne céderai pas sur cet objectif. » On est bien d’accord M. Sarkozy. Totalement d’accord.

C’est juste sur la méthode que nous avons un gros différent. Les dernières mesures du comité interministériel de la sécurité routière, j’en ai parlé ici et dit tout le mal que j’en pense. Entre temps, j’ai eu la possibilité de faire une petite vérification. En effet, j’ai repris le volant d’une « 4L » qui fête ses 50 ans. Et ce fut le choc.

Marre des théories fumeuses.

La sécurité routière fait preuve quand même d’une superbe méconnaissance de l’automobile quand elle occulte volontairement dans son discours les progrès réalisés par TOUS les constructeurs. Car il suffit de prendre place à bord d’une 4L pour mesurer les pas de géant qui ont été accomplis par Renault (et tous les autres) pour notre bien être.

essai 4L 1Notre modèle d’essai est une version de 1968 équipée de nouveaux sièges plus moelleux, d’une nouvelle calandre, de nouveaux pare-chocs et d’une boîte à quatre vitesses toutes synchronisées ! 43 années de progrès la contemple…

Si la ligne a conservé son charme, la simple ouverture de la portière ferait presque peur. C’est ultra léger… et sa fermeture peu rassurante nous amène à nous demander si on a bien fait ce qu’il fallait. On s’installe face à un pare-brise droit, sur un siège plat qui n’offre aucun maintien.

Contact. Le moteur démarre avec ce bruit si caractéristique. De bons souvenirs remontent à la surface… Ceux, par exemple, où j’allais à l’école dans une Rodéo (rouge !), sans ceinture… des souvenirs d’enfance certes, mais qui font prendre conscience du danger. Tiens, en parlant de ceinture : pas de prétensionneur ici dans la 4L, encore moins de témoin qui émet un son désagréable pour vous la faire boucler.

Une fois en place, on se saisit du volant. Enfin, du truc rond, large et fin, qui glisse des mains et ne permet pas une bonne préhension, contrairement à nos cerceaux modernes à jantes épaisse, ergonomiques et disposant de moult interrupteurs. La position de conduire n’est pas si mauvaise que cela. Une fois la climatisation réglée… je veux dire, les trappes d’aération ouvertes, on dispose de la même température que dehors.

La boite de vitesse nous rappelle que son maniement doit-être réalisé avec douceur malgréessai 4L 3 les synchros. La précision est un concept flou avec la 4L ! On se lance pour quelques kilomètres et on arrive à un stop. Il faut freiner dit votre accompagnateur… « Qu’est-ce qu’il raconte, on a encore le temps !  » pensais-je dans un coin de mon (petit) cerveau. « Vous avez des freins à tambour » ajoute-t-il… Oups… On appuie alors  sur la pédale du milieu et … on patiente… on décélère gentiment… Quand on voit de quoi son capable les voitures modernes, on se dit que le progrès a du bon !

Aux vitesses légales, la 4L se fait (et c’est normal, ce n’est pas un reproche à son encontre) déposer par n’importe quelle voiture, aussi low-cost soit-elle. La tenue de route inexistante et la direction lourde ne contribuent pas à sécuriser les passagers. Et on se dit qu’il vaut mieux ne pas avoir à éviter un obstacle ! Car si c’est le cas, on risque fort de quitter la route. Et là, pas de contrôle de stabilité, d’amplificateur de freinage, d’ABS, d’antipatinage ou autre technologie embarquée par nos voitures modernes. Et en cas de choc, point d’Airbag ! Mais bon, de tout ça on s’en fout, on a les radars.

Enfin, pour finir sur cet essai de cette vénérable grand-mère, précision que le confort est à des années lumières de la plus petite des Clio et que le conducteur sera vite fatigué sur un trajet.Et pour ce qui est de l’ergonomie…

Conclusion :

La sécurité routière a un discours qui est faux. Elle occulte le progrès de nos voitures. Volontairement ? on pourrait le penser car ces progrès plaident en faveur d’une vitesse sur autoroute qui pourrait être de 150 km/h. Sans parler de nos voisins allemands qui ont des portions sans limite. Le non sens du discours du gouvernement à la tête duquel se trouve pourtant un premier ministre amoureux des quatre roues fait que l’on ne peut pas s’empêcher de penser que la facilité et la rentabilité sont la base de la politique de sécurité routière en France. Si ces préceptes sont acceptables pour une entreprise du CAC 40, ils n’ont pas leur place quand il s’agit de sauver des vies. Vivement le 18 juin. Allez manifester. Et n’oubliez pas les prochaines élections présidentielles…

 

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Chronologie sélective de la Renault 4

Troisième modèle le plus vendu dans l’histoire de l’automobile et première voiture française la plus vendue dans le monde avec plus de huit millions d’exemplaires, commercialisée dans plus de cent pays, la Renault 4 est une icône. En 2011, Renault fêtera ses 50 ans.

1956 Pierre Dreyfus, Président de la Régie Nationale des Usines Renault, lance le projet de la voiture blue-jean.

1959 Les prototypes de la future Renault 4 sillonnent les routes du monde. Des USA à la Suède en passant par la Sardaigne ou la Guinée, ils connaissent les conditions de roulage les plus extrêmes.

1961 6 juillet : La dernière 4CV sort des usines de Billancourt. L’ensemble de son outillage est démonté pour faire place aux lignes de montages destinées à assembler la nouvelle Renault 4.

août : Présentation à la presse de la Renault 4 et de la Renault 3 sur les chemins de Camargue.

octobre : Première apparition au public de la nouvelle gamme des Renault 4 lors du salon de l’auto au Grand Palais à Paris.

1965 La R4 devient officiellement la Renault 4.

1966 Lancement de la dotation Renault « Les Routes du Monde » qui prendra fin en 1984.

1967 Avec près de 370 000 unités par an, la Renault 4 devient la voiture française la plus vendue sur le territoire français. En septembre, apparition de la grande calandre aluminium.

1974 Septembre : Apparition de la calandre plastique.

1977 La barre des cinq millions de Renault 4, toutes versions et carrosseries confondues, est franchie. Renault devient le premier constructeur automobile européen.

1980 À bord de leur Renault 4, les frères Marreau terminent à la 3ème place du rallye Paris-Dakar.

1985 Le cap des sept millions de Renault 4 vendues est atteint.

1988 La Renault 4 fait ses adieux au marché allemand avec la série limitée « Salü » (500 exemplaires) après 27 ans de succès et plus de 900 000 exemplaires importés. La version fourgonnette disparaît du catalogue français.

1992 Les mille dernières Renault 4 quittent l’usine de Billancourt. Ce sont des modèles GTL Clan qui auront la particularité d’arborer une plaque commémorative sur la planche de bord avec l’inscription « Bye-bye ».

Le 3 décembre, Renault annonce par communiqué de presse la fin de vie officielle de la Renault 4. Seuls deux sites continueront à la produire au-delà de cette date et jusqu’en 1994 : le Maroc et la Slovénie.

La production des Renault 4 aura dépassé les 8 130 000 exemplaires.

Les séries limitées et les dérivés

1963 Versions 4 roues motrices Sinpar (jusqu’à la fin de la production).

1963 Parisienne.

1968 Plein Air.

1970 Rodéo, dérivé de la R4 fabriqué par ACL.

1975 Série limitée Safari.

1981 JP4, dérivé de la R4 fabriqué par CAR Système.

Série limitée Jogging (5000 exemplaires).

1982 Série limitée Shopping, produite en Belgique à 300 exemplaires.

1985 Série limitée Sixties (2200 exemplaires).

1988 Série imitée Salü pour la fin de vie en Allemagne (500 exemplaires).

1991 Série limitée Carte Jeunes.

1992 Série limitée Bye-Bye pour la fin de vie en France (1000 exemplaires).