Stellantis relance le diesel en Europe face au recul de l’électrique
Stellantis fait volte-face et doit réintroduire du diesel dans sa gamme de moteurs en Europe face à une croissance affaiblie des véhicules électriques.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Alfa Romeo
Le diesel au cœur de la stratégie Stellantis en Europe
Depuis fin 2025, le groupe réintroduit des versions diesel sur plusieurs modèles (des ludospaces aux Peugeot 308 et DS 4) une décision confirmée par des déclarations officielles et des listings de concessionnaires. Un virage qui s’explique par un marché électrique en perte de vitesse, des prévisions en deçà et des régulateurs qui ont assoupli leurs ambitions, repoussant l’ombre d’une interdiction totale du thermique en 2035.
Aux États‑Unis, principal marché du groupe, la dynamique est la même : l’administration Trump a enterré les normes d’émissions, offrant un boulevard au retour des moteurs traditionnels. Stellantis assume ce repositionnement, affirmant vouloir répondre à la demande réelle plutôt qu’aux projections idéales. Le diesel, autrefois roi en Europe, s’est effondré après le Dieselgate, passant de plus de 50 % des ventes en 2015 à seulement 7,7 % en 2025. Mais il conserve un avantage décisif : les constructeurs chinois, champions de l’électrique, n’en proposent pas.
Les Chinois absents de l’offre diesel
Mais surtout, il s’agit d’un segment où les nouveaux rivaux chinois, spécialisés dans les véhicules électriques, ne sont tout simplement pas présents. Les diesels affichent également des prix bien plus bas que les modèles 100 % électriques, ce qui leur donne un avantage compétitif à un moment où les constructeurs peinent à maintenir leurs marges.
Le 6 février, Stellantis a annoncé 22 milliards d’euros de charges liées à la réduction de ses ambitions électriques, faisant chuter son action à son plus bas niveau depuis la création du groupe en 2021, né de la fusion entre Fiat Chrysler et PSA. Le constructeur avait pourtant déclaré que les véhicules 100 % électriques devaient représenter 100 % de ses ventes en Europe et 50 % aux États‑Unis d’ici 2030, mais la demande est restée en deçà des attentes dans les deux régions.
Stellantis a déjà relancé plusieurs modèles thermiques populaires, comme le Jeep Cherokee et son puissant V8 Hemi, dans le cadre de sa stratégie de reconquête du marché américain. L’an dernier, le groupe a également ajouté une Fiat 500 hybride essence aux côtés de la version électrique. En Europe, Stellantis remet en vente des versions diesel des Opel Combo, Peugeot Rifter, Citroën Berlingo et d’autres modèles, selon les informations recueillies par Reuters.
DS et Alfa Romeo maintiendront leurs diesels
Stellantis continuera aussi de produire des modèles diesel comme le DS 7, ainsi que les Tonale, Stelvio et Giulia d’Alfa Romeo, « en réponse à une demande client soutenue », précise le groupe. Les données de la plateforme CarGurus montrent que le nombre total de modèles diesel neufs au Royaume‑Uni est passé de 167 en 2020 à seulement 57 en 2025. Les marques de Stellantis n’en proposent plus que quatre, contre 26 en 2020.
Chris Knapman, directeur éditorial de CarGurus UK, rappelle que le diesel reste pertinent pour les conducteurs parcourant de longues distances ou tractant des remorques. « Si vous êtes une marque européenne cherchant à vous différencier, le diesel est un domaine où vous pouvez avoir un avantage face aux nouveaux venus », explique‑t‑il. « Les marques chinoises arrivent avec une avalanche de modèles électriques et hybrides rechargeables. Pour une marque européenne, le diesel peut encore constituer un terrain stratégique pour se démarquer », ajoute‑t‑il.


