Tesla Roadster : Elon Musk dévoile sa voiture « volante »
Près de dix ans après avoir annoncé la nouvelle Tesla Roadster, la firme américaine a fait un grand show et une démonstration de force avec ce nouveau modèle… qui vole !
Texte : Gaël Angleviel / Images : Tesla
Tesla Roadster : 0 à 100 km/h en 0,8 s, et elle vole !
En bref :
- 0 à 100 km/h en 0,81 s
- Propulseurs SpaceX
- Production en 2028
C’est dans une démonstration de force et de spectacle qu’Elon Musk s’est offert un show personnel, afin de prouver la puissance de Tesla… et de proposer un véhicule dont personne n’a absolument besoin. Après avoir envoyé sa première Tesla Roadster en orbite, voilà le nouveau délire mégalomaniaque de l’homme le plus riche au monde : des propulseurs de fusée sur un coupé sportif électrique. Après les fusées Falcon, les satellites Starlink pour internet, les taxis autonomes Robotaxi ou prochainement les humanoïdes Optimus, la société d’Elon Musk repousse encore un peu les limites de l’ingénierie et l’imagination.
L’hypercar électrique défie la gravité grâce à une technologie de fusée empruntée à SpaceX, autre entreprise d’Elon Musk. « Vous allez voir des choses folles ce soir », a-t-il lancé à la foule lors de la présentation du nouveau Roadster. « Ce que vous allez voir de vos propres yeux, vous n’allez pas y croire ! » Ses propulseurs à gaz froid crachent de l’air fortement pressurisé à une vitesse supérieure à celle du son. Les versions « Thrust » en comptent quatre à l’arrière de la voiture, censés produire plus de 80 kilonewtons de poussée, soit à peu près autant que les moteurs de certains avions de chasse et avions de ligne.
La version reine, baptisée « Rocket », en ajoute plusieurs autres répartis autour du Roadster. De quoi décoller, sauter par-dessus des camions et même enchaîner des rotations, telle une fusée, en plein vol. Un numéro que Tesla a répété plusieurs fois pendant la présentation. Les actionneurs électriques des propulseurs assurent un contrôle précis de la poussée et des micro-ajustements en une fraction de seconde, pour stabiliser l’engin en vol.






Un record d’accélération
Aussi vertigineux que cela soit, ces systèmes de propulseurs ne seront presque certainement pas homologués pour la route. Musk lui-même a dû reconnaître que la voiture n’aurait probablement pas le droit de rouler dans certains marchés. Auto Express croit toutefois savoir qu’une version « Performance », plus terre à terre et privée de ce surplus de propulsion, verra aussi le jour.
Pour situer l’exploit, la Tesla boucle le 0 à 100 km/h en moins de la moitié du temps nécessaire à des hypercars classiques comme l’Aston Martin Valkyrie ou la Bugatti Chiron. Pour prouver que ce n’est pas du vent, Tesla a fait tourner la voiture sur une piste d’essai pendant la présentation en direct, et chronométré un stupéfiant 0 à 100 km/h en seulement 0,81 seconde.
Musk a laissé entendre que la voiture irait encore plus vite, expliquant à la foule que « nous allons rouler sur la limite du “ne pas décoller la rétine de l’humain au volant” ». Côté vitesse de pointe, elle dépassera les 370 km/h, mais là encore, le patron de Tesla a affiché une ambition plus folle : atteindre la moitié de la vitesse du son, soit environ 610 km/h, bien plus vite que n’importe quelle voiture routière à ce jour (faudra-t-il encore y développer des pneus capable d’encaisser une telle vitesse).



Une aspiration qui colle la voiture au bitume
Le nouveau Roadster serait une propulsion, ce qui surprend de la part d’une hypercar. Ses deux moteurs électriques ultra-denses produiraient un mégawatt de puissance, soit environ 1 345 ch, davantage que la supersportive Model S Plaid, pourtant dotée de trois moteurs. La taille de la batterie reste inconnue, mais Tesla a déjà annoncé une autonomie de plus de 480 km.
Chaque version du nouveau Roadster embarquera une série de turbines qui aspirent l’air sous la voiture, la plaquant au bitume et générant des quantités d’appui délirantes, même à l’arrêt. Ce dispositif de ventilateurs produirait près de cinq tonnes d’appui, au point que la voiture peut rouler la tête en bas. Tesla l’a démontré pendant l’événement, organisé sur le gigantesque site de développement et d’essais de fusées de SpaceX, à McGregor, au Texas.
L’avantage le plus concret de ce « Multi-Mode Suction System », comme Tesla le surnomme, tient aux quantités folles d’appui qu’il génère en virage, au point de donner « l’impression de violer les lois de la physique, tant la voiture colle au sol », a lancé Musk, tout excité. Les forces en virage dépasseraient 2 G, à peu près ce que ressent un pilote de Formule 1.



Un look plagié sur Lotus ou Lamborghini ?
Le Roadster de deuxième génération ne ressemble absolument plus au prototype dévoilé il y a près de dix ans, à l’annonce du projet. Ce n’est pas forcément un mal : la voiture finale est bien plus saisissante et singulière. Sa silhouette en coin lui donne des airs de Lamborghini ou de Lotus des années 70, davantage que de Tesla. Rien de fortuit : Tesla reconnaît que le design s’inspire en partie de l’iconique Lotus Esprit S1, la star de « L’Espion qui m’aimait », film de James Bond de 1977.
L’hypercar électrique se veut « minimaliste mais hautement technique », avec des phares escamotables qui se rétractent vers le bas, une barre lumineuse sur toute la largeur à l’arrière et une foule d’éléments d’aéro active, dont un gigantesque aileron arrière qui jaillit de la queue et ferait baver de jalousie la Ferrari F80.



L’habitacle, lui, est exactement ce que l’on attend de Tesla. Cet intérieur ultra-minimaliste ne compte presque rien, hormis un volant en forme de manche (« yoke ») à commande électrique, des sièges baquets profonds et très enveloppants, beaucoup de microsuède et un écran tactile central, censé être épaulé par deux écrans plus petits affichant les informations de conduite essentielles, même si leur emplacement se devine sur les images publiées jusqu’ici.
À l’origine, le nouveau Roadster devait être une quatre places. La version finale n’offre que deux sièges en finitions Performance et Thrust, tandis que l’invraisemblable modèle Rocket, réservé aux invités, n’en compte qu’un seul. Les sièges sont fixes, pour gagner du poids. La structure fait appel au magnésium, au titane et à la fibre de carbone.
Selon Musk, le nouveau Tesla Roadster entrera en production en 2028, soit neuf ans après la date de lancement initialement prévue. Le prix fait partie des nombreux détails qui n’étaient pas confirmés au moment de la rédaction. On sait en revanche qu’elle sera proposée exclusivement en conduite à gauche. Il est d’ailleurs déjà possible de réserver un Roadster, à condition de verser un acompte de 5 000 €. Avec toute l’ingénierie investie dans le nouveau Tesla Roadster au fil de son développement de près de dix ans, en particulier les propulseurs de fusée, la facture sera assurément bien plus salée que les 200 000 à 250 000 dollars promis à l’origine.















