Une start-up chinoise veut ses micro-citadines en Europe
Link Tour Automotive ambitionne de faire rouler ses « microcars » (micro-citadines) sur les routes européennes après avoir présenté deux modèles au dernier Salon de Munich.
Texte : Gaël Angleviel / Images : Link Tour Automotive
Le marché de la microcar intéresse Linktour en Europe
Link Tour Automobile Co., Ltd. est un constructeur automobile fondé le 22 mai 2009, situé dans la ville de Xingtai, province du Hebei (Chine). La société était auparavant connue sous le nom de Hebei Yujie Automobile Co., Ltd. et a conclu une coentreprise avec Great Wall Motor en octobre 2017 pour exploiter des voitures particulières entièrement électriques. Le 25 juin 2018, la société a changé son nom pour Link Tour Automobile Co. En 2023, Weiqiao a acquis une participation de 50 % dans Beijing Blue Bird Spirit Automotive Technology Co.
C’est donc au dernier Salon de Munich que Link Tour Automotive a présenté deux nouveaux modèles 100 % électriques baptisés « Alumi » — les L6e et L7e. Ces petites puces de la route ne mesurent qu’un peu plus de 2,60 mètres de long et offrent des vitesses de pointe respectives de 45 km/h et 90 km/h. Techniquement, ces véhicules deux portes sont classés comme quadricycles motorisés. Une subtilité qui leur permet d’échapper aux tarifs douaniers imposés l’an dernier par l’Union européenne sur les importations de voitures électriques. « Nous avons misé sur l’international dès le départ », explique William Tang, directeur général de Linktour, rencontré au salon IAA de Munich. « Nous n’avons pas les contraintes d’un marché domestique. »


Des rivales pour les Citroën AMI
Malgré ces barrières, les constructeurs chinois gagnent chaque mois davantage de terrain en Europe. Leur atout reste le même : des coûts de production plus faibles qui leur permettent d’afficher des prix de vente contenus. Pour beaucoup, la conquête de l’étranger devient une priorité, alors que la concurrence féroce et la fin des remises agressives pèsent désormais sur leurs ventes en Chine. Mais l’Europe ne sera pas une partie de plaisir. Le terrain des microcars y est déjà occupé par des acteurs bien connus comme Citroën et Renault, qui proposent eux aussi des modèles compacts deux places et électriques. Les L6e et L7e seront d’abord commercialisés en Italie dès novembre, avant de s’attaquer au reste du continent. Linktour espère en écouler 20 000 exemplaires en Europe l’an prochain.
William Tang reste discret sur les prix exacts, mais promet une offre « compétitive ». La Citroën Ami débute à 7 990 € et la Renault Mobilize Duo avoisine 9 090 €. Côté autonomie, le L6e peut parcourir jusqu’à 120 kilomètres et le L7e grimpe à 180 kilomètres. Leur petit gabarit permet une recharge directement sur une prise domestique. L’équipement n’est pas sacrifié pour autant : écran tactile de 10,25 pouces, panneau intelligent de 5 pouces avec CarPlay et commandes à distance sont de la partie.
L’originalité se niche aussi dans leur conception. Les cellules de batterie sont intégrées directement dans la structure, renforçant sécurité et tenue de route. Surtout, la série L inaugure un châssis tout en aluminium, pesant moins de 100 kilos. Résultat : un allègement de 45 % par rapport à une carrosserie en acier et, selon Linktour, un gain d’efficacité énergétique. Ces modèles servent aussi de vitrine au groupe Shandong Weiqiao Pioneering, maison mère de Linktour mais aussi du géant de l’aluminium China Hongqiao Group. Toute l’industrie automobile s’intéresse aujourd’hui aux alliages plus légers, plus résistants et moins sensibles à la corrosion pour optimiser les performances des véhicules électriques. Shandong Weiqiao, de son côté, fournit déjà BYD et Xiaomi.






Une vision plus large que les micro-citadines
Au-delà de cette gamme de microcars, Linktour compte élargir son offre. La société prévoit d’introduire progressivement des véhicules plus imposants, notamment au Royaume-Uni et au Moyen-Orient. Le prochain modèle reposera sur un empattement plus long et plus classique. « Les droits de douane ne sont pas notre plus grande inquiétude aujourd’hui », conclut William Tang. « Le vrai défi reste de convaincre les consommateurs. »


