Volvo modernise les XC40, EX40 et EC40 pour relancer ses ventes

Face à une érosion de ses ventes mondiales, le constructeur suédois Volvo offre une véritable cure de jouvence à sa gamme compacte XC40, EX40 et EC40 pour prolonger son cycle de vie à moindre coût.

Texte : Gaël Angleviel / Images : Volvo Cars

Une cure de jouvence pour les Volvo XC40, EX40 et EC40

En bref :

  • Stratégie d’économie : Renouveler une plateforme existante coûte jusqu’à dix fois moins cher que d’en développer une nouvelle.
  • Lifting technologique : L’habitacle hérite d’un écran élargi à 11,2 pouces et d’un arsenal sécuritaire de pointe pour protéger les cyclistes.
  • Redéploiement mondial : Si l’Europe conserve toute la gamme, les États-Unis font définitivement une croix sur la variante électrique EX40.

Volvo offre à sa gamme de modèles compacts, qui commence à accuser le poids des années, son premier rafraîchissement majeur en près d’une décennie. L’objectif est limpide : prolonger la carrière commerciale de véhicules pesant pour plus d’un quart des volumes mondiaux de la marque, alors même que les ventes globales accusent un repli de près de 10 %.

Sous l’impulsion de son PDG Hakan Samuelsson, revenu aux commandes en avril 2025, le constructeur a érigé la maîtrise de la trésorerie en priorité absolue. Après des années de dépenses pharaoniques pour lancer des architectures inédites et des modèles flambant neufs (EX90, EM90, EX60), l’heure est à la rigueur. L’an passé, l’entreprise a dégainé un plan d’économies drastique de 18 milliards de couronnes (1,9 milliard de dollars) et annonçait, le 17 juillet dernier, avoir déjà sécurisé 5 milliards de couronnes d’économies indirectes avec six mois d’avance sur son tableau de marche.

Le gros de ces investissements massifs étant désormais dans le rétroviseur, Volvo entend lever le pied sur la dépense. Prolonger la vie des modèles existants via de lourdes mises à jour s’impose donc comme une évidence. « Un modèle réutilisant une ancienne plateforme coûte en comparaison entre 150 et 300 millions de dollars, selon l’importance des modifications », précise Eric Jesse, directeur général et associé chez Boston Consulting Group. À titre de comparaison, forger une plateforme flambant neuve engloutit entre 900 millions et 1,2 milliard de dollars, auxquels s’ajoutent 100 à 150 millions pour rééquiper les chaînes d’assemblage.

Défendre son territoire face à la tempête

Le SUV compact XC40 (apparu en 2017), son jumeau électrique EX40 (lancé en 2019) et le crossover EC40 (né en 2021) passent sur le billard au moment même où Volvo injecte des sommes colossales dans une nouvelle vague de véhicules électriques de pointe. Pourtant, ces piliers demeurent le cœur battant de la marque : la Série 40 a représenté 26,3 % des 324 817 ventes mondiales de Volvo au premier semestre 2026 (contre 25,4 % sur la même période en 2025).

Ce coup de fouet est vital pour colmater les brèches, les ventes globales de Volvo ayant dévissé de 9,3 % à fin août, tombant à 409 135 unités. Le constructeur compte sur ce restylage pour au moins stabiliser l’hémorragie. « J’espère un petit rebond », a d’ailleurs glissé Erik Severinson, directeur commercial de la marque.

La production de ces modèles relookés débutera cet automne au sein de l’usine belge de Gand, tandis que le site malaisien de Shah Alam assemblera des véhicules exclusivement réservés aux marchés locaux et thaïlandais. La Chine, de son côté, fera totalement l’impasse sur cette Série 40.

Les premières livraisons européennes interviendront avant la fin de l’année. En Allemagne, le ticket d’entrée s’affichera à 43 990 € pour le XC40, tandis que l’EX40 réclamera 47 490 €. Outre-Atlantique, la donne est plus radicale : si le XC40 reste au catalogue américain, la variante EX40 tire sa révérence, emboîtant le pas à l’EC40 retiré depuis le millésime 2024. Il faut dire que le XC40 a perdu sa couronne outre-Atlantique, voyant ses ventes plonger de 34 % au premier semestre sur le segment très disputé des crossovers urbains premium.

Un nouveau regard couplé à une armada numérique

L’enjeu est colossal pour Volvo, dont la croissance insolente de la dernière décennie repose en grande partie sur cette famille compacte. Avant son arrivée, le constructeur écoulait environ 500 000 véhicules par an ; un chiffre propulsé à plus de 688 000 unités en moyenne entre 2018 et 2025. « Certains clients ont eu une ou deux versions de l’ancien modèle », souligne Erik Severinson, se réjouissant d’une « base de clients très fidèle ».

Pour ne pas se laisser dévorer par une meute de rivales aux dents longues (BMW X1, Mercedes GLA, ou encore la triplette Audi), Volvo a aiguisé la robe de ses poulains. Calandre repensée, phares en « Marteau de Thor » réinterprétés, boucliers et capots affûtés : « Ce que nous faisons avec le véhicule, c’est lui donner un nouveau visage, une nouvelle expression », résume M. Severinson.

À bord, l’évolution se vit sur grand écran. La dalle centrale passe de 9 à 11,2 pouces et s’accompagne d’un arsenal sécuritaire revisité (caméras, radars et capteurs affinés pour l’évitement des collisions et la direction d’urgence). Enfin, les compactes subtilisent à l’EX30 son alerte d’ouverture de porte, une vigie électronique conçue pour épargner les cyclistes de passage.

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